Un arbitre ne devrait jamais oublier ça
Il semblerait que même les arbitres ont perdu tout sens des réalités. Ce mercredi soir, le PSG accueillait Chelsea pour un duel d'anciens nouveaux riches qui a fait des étincelles. Mais au milieu de ce feu d'artifice de buts (et d'erreurs tactiques), un mauvais geste est venu symboliser les dérives du foot business.
92e minute, Paris mène 4-2 et le Londonien Pedro Neto veut jouer vite. Le jeune ramasseur de balle parisien, qui avait rendu le ballon très rapidement sur l'action précédente, tarde à s'exécuter cette fois-ci. Une consigne du staff français? On ne le saura sans doute jamais. Toujours est-il que le joueur de Chelsea décide de se faire justice lui-même.
Il pousse l'adolescent qui s'effondre contre le panneau publicitaire puis se roule au sol tel un attaquant espérant obtenir un penalty. Les joueurs parisiens foncent protéger leur ramasseur de balle et une mêlée s'organise rapidement avec ses habituels bousculades et autres torses bombés.
La scène en vidéo 👀
Jusque-là, rien de bien surprenant. Un tel spectacle arrive malheureusement trop souvent sur les pelouses professionnelles. Ce n'est pas la première fois qu'un ramasseur de balle tente de favoriser son équipe et qu'un adversaire s'énerve. La Premier League a même décidé de mettre un terme au phénomène en déposant désormais les ballons sur des cônes en plastique afin que les joueurs puissent se servir eux-mêmes.
Mais le problème est ailleurs. Une fois la tension redescendue, l'arbitre de la rencontre, Alejandro Hernandez, a échangé quelques mots avec les deux capitaines, sans doute pour leur demander de calmer leurs coéquipiers. Et puis le jeu a repris.
On ne demande certes pas qu'on lui coupe la tête ou qu'on le suspende 10 matchs. Il est évident que le ramasseur de balle en a beaucoup rajouté et qu'il a sans doute eu plus de peur que de mal. Mais comment l'arbitre de la rencontre a-t-il pu oublier de donner au joueur de Chelsea un carton jaune? Au minimum.
Le même qu'on vous donne quand vous enlevez votre maillot pour célébrer un but ou que vous êtes accusé de faire perdre du temps.
Et ça n'aurait pas été cher payé. Un joueur qui s'en prend physiquement à un acteur extérieur au jeu (arbitres, entraîneurs, supporters, ramasseurs de balle ou encore journalistes) devrait être systématiquement expulsé. Un tel geste n'a rien à faire sur un terrain de foot amateur et encore moins dans une affiche de Ligue des champions regardée par des millions de personnes.
Même Pedro Neto, après le match, avait conscience d'avoir dérapé:
Il a peut-être fallu que son entourage le lui explique pour qu'il en prenne conscience, mais il a au moins le mérite de reconnaître ses torts. Non, ce ramasseur de balle n'est pas un serviteur que les rois du stade peuvent bousculer quand ils estiment qu'il ne fait pas suffisamment vite son travail. Ni sa jeunesse ni son statut ne justifie qu'il soit ainsi pris à partie sans qu'il y ait de sanction en retour.
On avait depuis longtemps compris que la plupart des joueurs de très haut-niveau, noyés dans l'argent et les sollicitations dès leur plus jeune âge, étaient désormais déconnectés de la réalité. Des gladiateurs des temps modernes adulés comme des demi-dieux.
Mais, face à eux, les arbitres représentaient jusqu'à maintenant l'autorité et la normalité. Des tenues sobres, des coupes de cheveux discrètes, des hommes (et des femmes) qui appartiennent à la plèbe et qui devraient avoir à cœur de la défendre.
Pendant quelques minutes mercredi soir, Monsieur Hernandez l'a malheureusement oublié.
