La polémique autour de GC-Aarau cache une règle méconnue
Les dates du barrage de promotion-relégation entre la Super League et la Challenge League étaient connues depuis le début de la saison. Pourtant, la Swiss Football League a soudainement modifié son calendrier parce que Grasshopper ne trouvait pas de stade pour jouer à domicile. Une recherche de CH Media (éditeur de watson) révèle que cette décision était conforme au règlement.
Un désavantage qui n'en est pas un
Avant le barrage, les acteurs du FC Aarau qualifiaient de «désavantage» et «d’injustice» le fait de ne disposer que de deux jours complets de récupération entre le dernier match de Challenge League vendredi contre Yverdon (2-2) et le barrage aller lundi contre Grasshopper (0-0).
Le «Rekordmeister» a de son côté préparé son barrage depuis mardi dernier en décidant d'aligner son équipe M21 lors du dernier match de Super League samedi à Lausanne (succès 3-1) afin d'offrir du repos supplémentaire à ses titulaires, qui auraient sinon enchaîné deux matchs en moins de 72 heures. Dans les faits, ce prétendu désavantage ne s’est pourtant pas ressenti. Au contraire: Aarau a semblé plus proche de la victoire lundi au Brügglifeld et donné une plus grande impression de fraîcheur.
La cause de l'irritation argovienne résidait dans le fait que GC ne pouvait pas jouer le match retour du barrage à domicile le 23 mai, une date connue et annoncée depuis le début de la saison. Le Letzigrund était en effet réservé pour un concert de Metallica et les Sauterelles n'ont pas trouvé de stade de remplacement pour contourner cette problématique. Selon le FC Aarau, les Zurichois n'avaient donc pas rempli leurs devoirs et profitaient néanmoins d'une préparation plus longue pour le barrage.
Le règlement était clair
Lorsque la Swiss Football League (SFL) a décidé d'avancer de deux jours le barrage s'est posée la question de la légalité de cette décision et de la possibilité pour les clubs concernés (à ce moment-là, Aarau et Vaduz), de la refuser. La réponse est simple: ils ne pouvaient pas s'y opposer.
La raison tient à un détail du plan des dates publié par la SFL avant chaque saison. Le document précise que des modifications de dates restent possibles à tout moment. Pour qu’une date de match obtienne un caractère contraignant, il faut que la SFL fixe officiellement la rencontre, ce qui n'a formellement été le cas que la semaine dernière.
«Techniquement pas un report»
Interrogée par CH Media, la SFL explique: «La programmation des matchs est régie par l’article 13 du règlement des compétitions de la SFL qui établit que «les journées de championnat et les horaires sont fixés par la direction de la SFL en tenant compte du contrat TV, des exigences des autorités et des compétitions internationales». L'instance poursuit:
Toutes les parties impliquées ont naturellement été consultées lors de la recherche de nouvelles dates, mais le pouvoir de décision appartenait à la ligue, comme celle-ci le précise:
Des mesures pour l'avenir
La SFL n’a accordé un droit de regard aux clubs de Challenge League que concernant le match aller, comme elle l’a confirmé à CH Media:
Afin d’éviter que cette situation chaotique ne se reproduise à l’avenir, la SFL a pris des mesures: le tirage au sort de l’avantage du terrain pour le match retour aura désormais lieu dès le début de la saison et non plus au printemps. De plus, les clubs devront désigner avant la fin de l’année civile un stade de remplacement au cas où leur enceinte ne serait pas disponible.
