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Le Kosovo, qui a proclamé son indépendance en 2008, est reconnu par la FIFA et l'UEFA depuis 2016.
Le Kosovo, qui a proclamé son indépendance en 2008, est reconnu par la FIFA et l'UEFA depuis 2016. shutterstock

Espagne-Kosovo, un match d'abord politique

L'Espagne accueille le Kosovo mercredi soir en qualifs pour le Mondial de football dans un contexte diplomatique tendu entre les deux pays. Une polémique a mis de l'huile sur le feu au début du mois. Retour sur l'empoignade de communication entre les deux sélections.
30.03.2021, 16:5130.03.2021, 17:18
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L'Espagne reçoit le Kosovo mercredi soir à Séville, un match des qualifications pour le Mondial 2022 au Qatar. Ce premier duel de l'Histoire entre les deux équipes se jouera dans un contexte particulier: l'état balkanique – qui a déclaré son indépendance (de la Serbie) en 2008 – n'est par reconnu par le gouvernement espagnol. Seuls quatre autres pays de l'Union européenne adoptent la même position que l'Espagne: la Slovaquie, Chypre, la Roumanie et la Grèce (qui figure dans le même groupe que les Ibères et les Kosovars).

Le Kosovo est reconnu par l'UEFA et la FIFA depuis 2016, date depuis laquelle il participe aux matchs officiels.
Le Kosovo est reconnu par l'UEFA et la FIFA depuis 2016, date depuis laquelle il participe aux matchs officiels.Image: keystone

La Roja prise au mot

Au début du mois, une polémique est née de ces relations diplomatiques compliquées. Au moment d'annoncer les joueurs retenus pour les prochains matchs, la fédération espagnole de football a mentionné «le territoire du Kosovo» pour définir son futur adversaire. Des termes suggérant que le pays des Balkans n'est pas considéré comme tel par les instances espagnoles.

Menaces kosovares

Le communiqué a fait fortement réagir la fédération kosovare. Elle a demandé à la Roja de remplacer la dénomination problématique par la simple mention «Kosovo», mettant la sélection coachée par le Neuchâtelois Bernard Challandes sur un pied d'égalité avec les autres nations, reconnues par l'Espagne, elles.

Ne pas être reconnus officiellement signifie, pour les Kosovars, une impossibilité d'utiliser en Espagne leurs passeports, leur hymne et leur drapeau. Des obstacles problématiques, pour ne pas dire infranchissables, dans l'organisation d'un match de football officiel. La preuve: le Kosovo a menacé de ne pas disputer cette partie à Séville si son adversaire ne lui offrait pas un accueil dans les règles de l'art (ou en tout cas conforme aux règlements de la FIFA et de l'UEFA). En 2019, la fédération espagnole avait refusé d'accueillir sur son territoire des rencontres continentales U17 auxquelles participait la sélection kosovare, déjà pour la même raison.

Pour calmer les inquiétudes et éviter un remake de cet épisode fâcheux, la fédération espagnole a assuré qu'elle respecterait les protocoles mercredi soir. Elle a en tout cas envoyé un signal dans ce sens il y a deux semaines. Au moment d'annoncer la conférence de presse de son sélectionneur Luis Enrique, elle a utilisé le terme neutre de «rencontres internationales» pour parler de ses prochaines confrontations, y compris celle contre le Kosovo.

Mission rattrapage

Sportivement, ce duel Espagne-Kosovo est alléchant. Les Ibères voudront reprendre confiance après un début de campagne mitigé. Ils ont concédé un nul surprenant chez eux contre la Grèce (1-1) avant d'aller gagner chichement en Géorgie samedi (2-1). Côté kosovar, les joueurs de Bernard Challandes ont montré à plusieurs reprises leur potentiel élevé. Notamment lors des qualifications pour l'Euro 2021, dans lesquelles ils ont atteint les barrages. Ils auront, eux aussi, envie de corriger le tir mercredi à Séville, après une entrée dans ces éliminatoires ratée samedi à la maison (défaite 3-0 contre la Suède).

Benjamin Kololli (en bleu): chaussettes basses, tête haute.
Benjamin Kololli (en bleu): chaussettes basses, tête haute. Image: keystone

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