A cause de son pénis, il a renoncé au football
Enfant, Sikou Niakaté consacre une grande partie de son temps au football. A Paris, il joue quotidiennement pendant plusieurs heures. Il est grand pour son âge, il mesure déjà 1,92 m à l’adolescence. Milieu de terrain, parfois meneur de jeu, la perspective d’intégrer un club se pose rapidement.
Mais cette possibilité se heurte à une angoisse profonde: celle des vestiaires et des douches collectives. Une peur qui trouve son origine dans l’enfance, comme il l’explique dans les colonnes de L’Equipe. Une remarque moqueuse de sa sœur sur la taille de son sexe «l’assassine» et marque durablement son rapport à son corps.
Plus tard, un épisode humiliant après un match de football avec un camarade au vestiaire, qui l’oblige à comparer la taille de leurs pénis, renforce ce sentiment de honte. A partir de là, l’idée de se montrer nu devant d’autres devient insupportable.
Adieu les vestiaires, adieu le foot
Sikou Niakaté prend alors une décision radicale: il ne jouera jamais au football en club.
S’il ne prétend pas avoir eu le niveau pour une grande carrière, il estime néanmoins qu’il aurait pu évoluer en club sans cette contrainte psychologique.
Cette peur du regard des autres l’accompagne tout au long de sa scolarité. En cours de sport, il obtient d’excellentes notes, sauf lorsque la piscine est au programme: il n’y va pas. S’il parvient ensuite à jouer au basket en club, c’est en mettant en place des stratégies d’évitement pour ne jamais se déshabiller devant les autres.
Cette insécurité aura durablement marqué sa construction. Il reconnaît le caractère irrationnel de cette obsession, tout en soulignant qu’elle a constitué une véritable «guerre intérieure» chez lui: le jeune homme s'est même renseigné sur les possibilités en matière d'opérations.
Aujourd’hui, grâce à des relations intimes apaisées, la situation s’est améliorée. Mais son rapport au corps reste fragile: si «le moi habillé, est très à l'aise, le moi nu l'est beaucoup moins».
