Voici nos pronostics pour Genève-Lausanne et les autres séries
Genève-Servette-Lausanne HC
La culture romande rime avec actions spectaculaires et hockey champagne. Pourtant, il ne serait pas surprenant que cette série soit âpre et disputée: Genève-Servette et le Lausanne HC figurent en effet parmi les quatre équipes de la ligue à avoir accumulé plus de 500 minutes de pénalité lors de la phase de qualification.
Les attentes sont élevées des deux côtés, la rivalité est intense et une élimination dès le premier tour serait honteuse pour les deux équipes. Lausanne n’a encore jamais été champion. Après deux défaites honorables en finale contre les ZSC Lions, un nouvel échec pourrait déboucher sur une phase de résignation. L’autorité de l’entraîneur Geoff Ward serait alors remise en question.
Au bout du lac, Genève-Servette a étonnamment bien digéré la gloire de son premier titre en 2023 et de son succès en Ligue des champions l’année suivante, réalisant une formidable remontée: 12e après le creux de l'an dernier, le club occupe désormais la 3e place, grâce au travail du directeur sportif Marc Gautschi, qui a changé d’entraîneur au bon moment, investi judicieusement dans les joueurs étrangers et déjà présenté le nouveau coach pour la saison prochaine.
Ce Genève-Servette-LHC est certainement le quart de finale le plus équilibré, et le pronostic le plus sérieux tient à un simple lancer de dés. Quand l’écart est aussi mince, ce sont finalement les vérités éternelles qui font la différence: les meilleurs joueurs étrangers et le meilleur gardien. Stéphane Charlin remportera pour la première fois de sa carrière une série de play-offs en National League.
Notre pronostic: Genève-Servette élimine le Lausanne HC (4-2).
Davos-Zoug
Les cygnes de Zoug chanteront-ils encore? L'expression «chant du cygne» désigne un récital d'adieu. Elle vient de l’ancienne croyance selon laquelle un cygne chante particulièrement bien à la fin de sa vie. Bien sûr, l'EV Zoug continuera d'exister, mais les statistiques montrent que les Zougois sont au crépuscule de leur gloire. Il y a un an, ils avaient manqué les demi-finales pour la première fois depuis leur dernier titre de champion en 2022, après quatre défaites consécutives contre Davos.
Cette saison, malgré d’importants investissements dans de nouveaux joueurs étrangers et un changement d’entraîneur, Zoug n’a terminé qu’à la 8e place de la phase de qualification, son plus mauvais classement depuis 2014. Les rôles sont donc clairement distribués.
Surtout qu'au HC Davos, la renaissance prend de l’ampleur. Pour la première fois depuis 2011, les Grisons ont remporté la saison régulière, un résultat qui, à l’époque, avait immédiatement été suivi d’un titre. Et pour la première fois depuis leur dernier sacre en 2015, ils sont à nouveau favoris.
Reste à savoir si, comme l’an passé, le HCD parviendra à enchaîner quatre victoires contre Zoug. Cela dépendra uniquement de la beauté du chant des cygnes. Les Zougois disposent en tout cas de suffisamment d’expérience et de talent pour défier les Davosiens. Lors du tournoi olympique, c’est bien Leonardo Genoni qui gardait les buts de la Suisse, et non le portier du HCD, Sandro Aeschlimann.
Clairement favoris, les Grisons n’ont qu’une faiblesse: leur propre force. Tout s’imbrique comme un mécanisme d’horlogerie de précision. Entre septembre et mars, cet engrenage ne s’est jamais enrayé, et aucun signe de perturbation n’est apparu. Le HCD est-il capable de traverser une crise? Il arrive parfois qu’un grand favori trébuche lorsque le puck refuse de suivre sa trajectoire.
Notre pronostic: Davos élimine Zoug (4-1).
ZSC Lions-Lugano
Depuis sa défaite en finale contre les ZSC Lions en 2018, Lugano n’a plus jamais atteint les demi-finales. Il y a un an, les Tessinois ont même dû disputer le play-out contre Ajoie. Autant dire qu'il s'agit de l’adversaire idéal pour les ZSC Lions, qui espèrent relancer leur dynamique après une phase de qualification en demi-teinte.
Du moins, c’est ce que voudrait la théorie. En pratique, la situation est plus délicate. Un nouveau directeur sportif, Janick Steinmann, et un nouveau duo d’entraîneurs, Thomas Mitell et Stefan Hedlund, ont mis fin aux flâneries sous les palmiers. En phase de qualification, Lugano a connu une évolution spectaculaire, passant de la 13e place l'an passé au Top 5. L’écart statistique avec les ZSC Lions après les 52 journées de la saison régulière est désormais minime: deux points en moins et cinq buts concédés en plus. Favoris et tenants du titre, les Zurichois ont quasiment tout à perdre, tandis que Lugano peut seulement y gagner, même en cas d’échec.
Avec cette configuration explosive, ce quart de finale présente un fort potentiel de surprise, surtout qu'il existe un précédent: en 2017, les Zurichois, deuxièmes de la phase de qualification et largement favoris contre Lugano, avaient échoué en six matchs à l'occasion des quarts de finale. Ils avaient pourtant été supérieurs (189 tirs contre 134), mais ils s’étaient heurtés au gardien Elvis Merzlikins, qui a depuis rejoint la NHL. Niklas Schlegel et Joren van Pottelberghe sont-ils aussi performants qu’Elvis Merzlikins à l’époque? Non.
Notre pronostic: les ZSC Lions éliminent Lugano (4-2).
Fribourg-Gottéron- Rapperswil-Jona Lakers
Pour Gottéron, l’enjeu dépasse largement une simple qualification pour les demi-finales. Derrière se profile la mission de remporter un premier titre de champion et d’instaurer une véritable culture de la gagne. Le nouvel entraîneur, Roger Rönnberg, est un communiquant charismatique qui évoque un certain Larry Huras. Mais en interne, il poursuit avec une rigueur implacable la transformation de cette bande de copains en titans capables de jouer les premiers rôles.
Il est tout à fait naturel que l’enthousiasme pour un entraîneur aussi sévère soit parfois mitigé, surtout à Fribourg, temple du divertissement. Un échec en quarts de finale ne coûterait certes pas son poste à Rönnberg (il est sous contrat jusqu’en 2028 et un licenciement serait bien trop coûteux), mais ébranlerait son autorité. Pour que cette évolution, destinée à conduire à un premier titre de champion, se poursuive au-delà de cette saison, Gottéron ne doit pas échouer face aux Lakers.
Une telle configuration avantage bien sûr l’outsider, c’est-à-dire les Lakers, qui ont atteint les quarts de finale après des détours par Zoug et Berne, dépensant beaucoup d’énergie au passage. Ils sont certes sous-estimés, mais leur triomphe historique contre le CP Berne en play-ins reste un avertissement à ne pas négliger. Cela dit, même si Gottéron est privé de son meilleur marqueur, Sandro Schmid, blessé, aucune autre confrontation n’offre une situation aussi nette.
Notre pronostic: Gottéron élimine les Lakers (4-0).
