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National League: Berne est la risée du hockey suisse

Les Ours sont en vacances.
Les Ours sont en vacances.image: keystone
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Berne est la risée du hockey suisse

Battu 4-0 par les Lakers, le CP Berne, désormais en vacances, a connu mercredi soir sa pire défaite depuis son retour dans l’élite. De mauvaises décisions prises par une direction sportive moquée sont à l'origine de cet échec.
19.03.2026, 11:5819.03.2026, 12:07
Klaus Zaugg
Klaus Zaugg

Avant d’évoquer l’échec des Bernois, un mot sur Rapperswil: saluons les Lakers et la sagesse de leur direction, qui tire le maximum du minimum, et qui est désormais récompensée par une saison remarquable, avec une qualification pour les quarts de finale des play-offs.

Il y aurait une belle histoire à écrire sur l’entraîneur Johan Lundskog, licencié à Berne, et qui a infligé mercredi soir une défaite à son ancien club. Parfois, la justice existe encore. Bravo également à Melvin Nyffeler, qui évolue aux Lakers depuis dix ans. Considéré comme le «Genoni des pauvres», il est l’un des gardiens les plus constants et les plus sous-estimés de notre hockey.

Mais malgré la performance des Lakers, c’est bien l’échec des Bernois qui reste au centre de l’attention. Cette élimination dès les play-ins suscite plus d’intérêt que la qualification de Rapperswil.

Après tout, même les journalistes les plus malveillants n’auraient pas pu inventer une fin plus catastrophique pour Marc Lüthi. Une élimination honteuse contre les Lakers, jamais réellement pris au sérieux à Berne, était inimaginable.

Ce 4-0 à Rapperswil-Jona restera donc le dernier match du directeur général emblématique du SCB. Il prend désormais sa retraite, laissant son club dans une situation encore pire qu’à son arrivée en 1998.

Ce 4-0 figure également parmi les pires matchs depuis la remontée de l'équipe en 1986. Une évaluation confirmée par Marc Lüthi autour de 23h00: «Oui, cette performance s’en rapproche. C’était tout simplement embarrassant».

Marc Luethi, CEO SCB, gibt seinen Ruecktritt waehrend einer Medienkonferenz des SC Bern bekannt, am Montag, 19. Januar 2026 in der PostFinance Arena in Bern. Der Unternehmer Juerg Fuhrer wird sein Nac ...
C'est la fin de l'ère Marc Lüthi à Berne.image: Keystone

Ses propos, il les livre sur le chemin du retour, sur l’A1 en direction de Berne, aux environs de Wangen an der Aare, après avoir quitté la patinoire avant la fin du match. Avec lui dans la voiture se trouvent son successeur, Jürg Fuhrer, et le président, Carlo Bommes. Marc Lüthi est au volant: il tient les commandes du CP Berne pour la toute dernière fois. Dans son rétroviseur, le passé glorieux du SCB. A côté de lui dans le véhicule, les apprentis sorciers désormais chargés de gérer l’avenir du club.

Le véritable drame se situe cependant ailleurs: dans la perception des choses. A Berne, on se voile la face, et l’on continue de parler comme si l’on était encore à égalité avec les titans du championnat.

Le premier pas vers l’amélioration est une évaluation réaliste de soi. Mais ce pas est infiniment difficile à faire à Berne. Il est grotesque de voir comment les dirigeants continuent d’enjoliver la situation, du membre le plus haut de la hiérarchie, exception faite de Marc Lüthi, à l'employé le plus bas.

«Cette saison a été nulle!», clament les supporters du CP Berne.
«Cette saison a été nulle!», clament les supporters du CP Berne.image: watson

Non, le SCB n’est pas allé à Rapperswil après avoir obtenu un «bon résultat» au match aller. Cette défaite 1-2 à domicile était en réalité misérable. Non, le SCB n’a pas maîtrisé le premier tiers du match retour. Le 9-17 aux tirs est totalement trompeur. Aucun de ces lancers n’a réellement mis Melvin Nyffeler en difficulté. Et à la fin, le ratio est bien de 40 à 27 en faveur des Lakers. Berne s’est laissé humilier dès le deuxième tiers.

La méthode scandinave a mené dans l’impasse. Le SCB pratique désormais le hockey le plus curieux de la ligue: tourner en rond dans la zone adverse, se replier sur les côtés au moindre doute, contourner le but comme s’il s’agissait d’un rempart, et éviter soigneusement toute charge. Bref, tourner sans but précis. A Berne, personne ne cherche le chemin le plus direct vers la cage.

Le SCB n’a jamais eu la moindre chance mercredi soir, dans un match qui était pourtant le plus important de la saison, un match qui aurait pu réconcilier le club avec ses supporters, lesquels ont fini par déployer des banderoles moqueuses. Avec leurs messages préparés avant la rencontre, ils ont manifestement évalué la situation plus justement que les dirigeants du CP Berne.

Les supporters ont critiqué le directeur sportif Martin Plüss.
Les supporters ont critiqué le directeur sportif Martin Plüss.image: watson

Le club pourrait pourtant renaître facilement. Le département sportif du SCB doit simplement réappliquer deux principes fondamentaux.

  1. Avoir un gardien numéro 1 clairement établi, capable de voler des victoires quand il le faut.
  2. Posséder quatre excellents joueurs étrangers et deux autres capables de réaliser de bonnes choses.

Passer à un hockey réaliste, restaurer la culture de la performance: tout cela prendra beaucoup de temps. Pour commencer, le SCB a besoin d’au moins trois nouveaux étrangers de premier plan. Il doit aussi veiller à ne plus recruter de gardien étranger ni de défenseurs à licence étrangère incapables d’apporter le nécessaire sur le plan offensif. Ces choix expliquent pourquoi Berne affiche la troisième pire attaque de la ligue et le deuxième power-play le plus faible.

Ils renvoient, qui plus est, directement au département sportif du club qui, avec ses doublons et ses changements incessants, est devenu la risée de la ligue. Et comme si cela ne suffisait pas, aucune amélioration n’est réellement recherchée.

Il faut dire que les doublons au sein de la direction sportive permettent de s’assurer que d’autres portent la responsabilité des échecs. Les sous-directeurs sportifs ont été licenciés les uns après les autres. Mais en haut, Martin Plüss, responsable de leur embauche et détenteur du dernier mot sur tous les transferts, reste en poste.

Il y a l’histoire de l’empereur nu, qui ne se rend pas compte qu’il est nu parce que personne n’ose le lui dire. A Berne, cette histoire a été poussée encore plus loin: les empereurs de la direction sportive sont nus. On ne cesse de le leur répéter, et pourtant, ils ne le croient pas. Trop de gens au club ont encore la gloire des anciens titres en tête et ne réalisent pas qu’ils n’auront bientôt plus que la Swiss League à disputer.

C’est le plus grand problème du CP Berne: le manque d’humilité. L’incapacité à évaluer la situation de manière réaliste. Le refus de prendre des décisions difficiles, qui pourraient coûter à des amis leur place, mais qui s'avèrent terriblement nécessaires.

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