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La célèbre course à obstacles «Spartan» est organisée pour la première fois ce week-end à Sainte-Croix (VD).
La célèbre course à obstacles «Spartan» est organisée pour la première fois ce week-end à Sainte-Croix (VD).

«Etre un Spartan, c'est intégrer une armée de guerriers forts et rusés»

La célèbre course à obstacles «Spartan» est organisée pour la première fois ce week-end à Sainte-Croix (VD). Ceux qui participent à ce genre d'épreuve racontent ce qui les distingue des simples mortels.
10.06.2022, 06:4710.06.2022, 08:56
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Quand il a terminé son service militaire en tant que grenadier de char, Den a ressenti une sorte de manque. «Je ne voulais pas rester inactif. Il fallait que je trouve quelque chose d'au moins aussi dur. Je me suis donc inscrit à une Spartan.» Le Vaudois (32 ans aujourd'hui) a choisi la course de Milan pour débuter dans la discipline. Mais il a failli ne jamais prendre le départ.

«Quand je suis arrivé sur le parking, j'ai vu un gars en sang évacué sur une civière. Je me suis demandé dans quoi je m'embarquais»

Des années plus tard, Den compte de nombreuses participations aux Spartan. Il a voyagé un peu partout en Europe pour y prendre part et sera au départ de l'édition de Verbier (10 et 11 septembre) mais pas de Sainte-Croix (VD), qui se tient pour la première fois ce week-end et se décline en deux formats (10 km/25 obstacles et 5 km/20 obstacles).

«La course à obstacles est un sport extrême qui, contrairement au premier aperçu que j'en ai eu à Milan, ne présente pas, voire peu de risques», vante Den, devenu un vrai Spartan au fil des épreuves.

Mais ça veut dire quoi, être un Spartan?

C'est d'abord une attitude. «C'est avoir un esprit de guerrier, aller dans l'arène et affronter les obstacles les uns après les autres», décrit Manuel Dufaux, un coach sportif qui prépare les corps et les esprits de nombreux participants.

Manuel Dufaux sait aussi montrer l'exemple.
Manuel Dufaux sait aussi montrer l'exemple.

Les compétitions ressemblent à un gigantesque jeu de rôle. Les athlètes sont renvoyés au cœur de la glorieuse armée spartiate (8e siècle avant Jésus-Christ) grâce à une mise en scène savamment orchestrée par les organisateurs.

«Avant la course, quand on est tous rassemblés et que l'on hurle des "Ahou", on se sent comme des guerriers de la Grèce antique», raconte Den.

«Spartiates, quel est votre métier?»

La musique (style Sirius de The Alan Parsons Project ou Tube d'Iron Maiden) diffusée au départ finit de transcender les inscrits. Ils s'élancent ensuite en surgissant d'un épais brouillard de fumigènes, le front ceint par un bandeau façon Rambo et les joues grimées.

Genre

«Certains organisateurs fournissent même le maquillage»
Den, adepte de courses Spartan (c'est pas lui sur la photo 😜)

Ces guerriers d'un jour sont au service d'une quête non pas collective mais personnelle. «L'idée, c'est de dépasser ses limites en allant puiser au fond de soi», souligne Eve, 40 ans. «Notre objectif, en tant qu'organisateurs, c'est que tous ceux qui ont besoin de relever un défi se tournent vers nous», encourage Alexis Carrara, responsable communication Spartan Suisse.

Des sportifs ultra-complets

Etre un Spartan, c'est donc être valeureux et ambitieux. Mais aussi ultra-complet. Eve résume: «C'est une épreuve assez contradictoire, car il faut être léger et rapide pour briller en course à pied, tout en étant costaud pour franchir certains obstacles».

«Il faut se jeter dans la boue, ramper sous des barbelés, porter des poids, franchir des murs ou encore lancer un javelot», dresse Manuel Dufaux.

Eve en compétition.
Eve en compétition.

La liste des épreuves a de quoi étourdir. Le risque est grand de perdre en lucidité. «Or, pour pouvoir être performant, il faut être intelligent tactiquement», recommande Den. «Chaque obstacle manqué entraîne une série de 30 burpees (réd: enchaînement pompe-saut-extension). C'est très éprouvant. Mais parfois, plutôt que de perdre du temps sur un obstacle, il est préférable de bâcler la difficulté pour se lancer très vite dans l'enchaînement de burpees.»

La course à pied, c'est has-been

Courir, sauter, ramper, ils adorent ça. Et si être Spartan, c'était aussi trouver la course à pied has-been? «C'est un peu ça», acquiesce Alexis Carrara. «La course, le trail ou le triathlon, c'est devenu trop calme, trop tranquille», abonde Den, avant d'élargir son propos au sens de notre existence:

«Notre vie d'Européens occidentaux est devenue trop confortable. Si on choisit de se lancer dans une Spartan, c'est aussi parce qu'on ne connaît plus vraiment la peur. On a suffisamment à manger, un toit pour dormir. L'adrénaline est à chercher ailleurs. C'est aberrant, mais on est obligé de payer pour revenir à des sensations primaires, bestiales; pour hurler comme un fou torse nu avec 300 personnes»

Sur une autre planète

Chaque course s'apparente à un long voyage, d'où l'on revient courbaturé mais grandi. «Pendant un jour, tu n'es plus sur la planète Terre mais sur la planète Spartan», résume Den. Ceux qui ont fait le déplacement se reconnaissent des années plus tard. «Quand je prends l'avion pour partir en vacances, je croise toujours une personne avec un tee-shirt Spartan», relate Manuel Dufaux. «Beaucoup de participants portent fièrement les couleurs de la marque.»

La médaille a valeur de trophée.
La médaille a valeur de trophée.

Quand ils ne partent pas en vacances, les spécialistes de courses à obstacles s'entraînent dans des clubs dédiés à la discipline. «Beaucoup ont vu le jour», rapporte Eve, elle-même inscrite près de chez elle. «On y fait des rencontres, puis on se retrouve sur les courses. Ça crée des liens. Un respect mutuel s'installe entre nous.»

Pour beaucoup, le défi ultime consiste à s'inscrire à la course de Sparte. Une épreuve mythique qui est aux origines du phénomène et qui s'apparente à un pèlerinage en quête de soi. Ahou!

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