«C'est de la merde»: les Français outrés aux Européens
Le départ sera commun aux quatre courses de la marche: semi et marathon, hommes et femmes. «Moi, j'interprète ça comme un manque de respect», a lancé en conférence de presse la Française Clémence Beretta, qui vise le podium sur le semi-marathon. «Déjà, ça veut dire qu'on ne peut pas doubler les deux épreuves», alors que c'est habituellement le cas pour de nombreux athlètes parmi les meilleurs du monde, avance-t-elle.
Les quelques 160 marcheurs alignés dans les quatre épreuves vont effectivement concourir sur une boucle d'un kilomètre quasiment dans le centre de la deuxième ville du Royaume-Uni, avec un peu de dénivelé et des portions sur pavés. «Cette boucle répétée va assurer une expérience excitante pour les athlètes et les fans avec un chaudron bruyant qui va pousser les marcheurs vers des temps rapides», espèrent les organisateurs sur le site de l'évènement.
Mais Aurélien Quinion, favori français pour le titre sur marathon, n'est pas de cet avis. «C'est de la merde quand même, estime crûment le double finaliste (4e et 5e) des Mondiaux 2025. Il va y avoir des équipes super denses aux ravitaillements, ça veut dire qu'on va sûrement rater des ravitaillements (...)», étapes pourtant essentielles sur des efforts aussi longs. «On ne va pas avoir forcément de bons chronos», prévient-il.
«Je pense que ça peut être un peu le capharnaüm, abonde la Française Pauline Stey, elle aussi prétendante au podium sur le semi. Pour la logistique comme pour les personnes qui seront là ou devant la télé, ça n'a aucun sens de faire ça.»
Pour les athlètes, cette organisation est d'autant plus dommageable qu'elle gâche un peu les efforts mis en place pour donner plus de visibilité à la marche, discipline souvent moins médiatisée que les épreuves sur piste. L'année dernière, la Fédération internationale d'athlétisme avait ainsi décidé de changer les distances des épreuves de marche, 20 km et 35 km, pour les aligner avec les distance running: semi-marathon et marathon.
L'initiative a été saluée par les athlètes, ravis que le grand public puisse ainsi plus facilement s'identifier et comprendre l'ampleur des performances. «Ca contribue à dépoussiérer la marche, les gens se rendent compte à quel point on va vite», souligne Beretta. Mais là, «à la télé, essayer de comprendre quelque chose quand il y a 160 personnes en même temps qui ne font pas les mêmes distances, c'est ingérable, regrette Aurélien Quinion. Pour nous, pour l'encadrement et pour les spectateurs!»
Pour essayer d'éviter les confusions, les athlètes porteront des dossards de couleurs différentes en fonction de la course dans laquelle ils sont alignés. Mais pour Clémence Beretta, les organisateurs n'ont pas du tout cherché à mettre en lumière la discipline.
