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Euro 2024: les Bleus méritent de jouer les quarts de finale

Euro 2024: cette équipe de France mérite plus que jamais sa qualification
Randal Kolo Muani a cru marquer lundi face aux Diables Rouges. Le but a finalement été accordé au défenseur belge Jan Vertonghen contre son camp. image: Keystone
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La qualification des Bleus ne souffre aucune contestation

On entend ici et là que la France, moquée pour son football, n'a pas sa place en quart de finale de l'Euro, car elle n'a toujours pas marqué par elle-même dans le jeu. Sa présence est pourtant plus que jamais méritée.
04.07.2024, 18:5207.07.2024, 18:26

L'équipe de France est en quart de finale du Championnat d'Europe des nations et elle n'a toujours pas réellement marqué. Deux autogoals ainsi qu'un pénalty suffisent au bonheur des Bleus dans ce tournoi. Une situation aberrante, voire même incompréhensible pour les suiveurs les moins avertis et différents observateurs.

Au risque d'en froisser certains, la France mérite amplement sa qualification. Elle en est même possiblement plus digne que la Nati de 2021. Malgré leurs difficultés à mettre des buts, les hommes de Didier Deschamps ont terminé 2es de leur groupe et ont directement atteint la phase à élimination directe. Ce n'était pas le cas de la Suisse il y a trois ans, 3e de sa poule.

Beaucoup jugent le nouveau format de l'Euro insignifiant, car il qualifie désormais plus ou moins toutes les nations. Or sans ce troublant «repêchage», loin de la tradition footballistique, Granit Xhaka et ses coéquipiers n'auraient vraisemblablement jamais écrit l'une des plus belles pages de l'histoire du football helvétique. On pourrait aussi préciser que la victoire de la Nati sur les Bleus en 8e de finale est uniquement due à une faute professionnelle des Tricolores, étant donné le scénario de la rencontre.

Mais le but ici n'est pas de polémiquer, ni même de glorifier ou dénigrer tel ou tel parcours. Il convient simplement de considérer le tournoi 2024 de l'équipe de France dans sa globalité.

A l'opposé de leur faible rendement offensif, les Bleus n'ont concédé qu'un but depuis le début de la compétition, c'était sur pénalty. Personne, hormis les Espagnols, ne parvient à rivaliser. Tout grand manager sait qu'on ne peut pas remporter un Euro ou un Mondial sans une défense de fer. Didier Deschamps est au moins aussi avisé qu'Otto Rehhagel, le sélectionneur allemand ayant conduit la Grèce au titre il y a 20 ans.

Mike Maignan est aujourd'hui plus solide qu'Hugo Lloris dans les cages. La charnière Upamecano-Saliba rayonne. Théo Hernandez est au rendez-vous. Jules Koundé a longtemps été critiqué. Sa qualité de centre laisse toujours à désirer. Il donne néanmoins entière satisfaction en défense en Allemagne. C'est lui qui a été élu homme du match contre la Belgique.

Les trois blanchissages de l'EDF sont également à mettre au crédit d'Aurélien Tchouaméni, N'Golo Kanté et Adrien Rabiot. Ces trois-là gagnent la bataille du milieu de terrain et grattent des ballons.

La France maîtrise ce qui pourrait s'apparenter à l'art du Catenaccio, sans être reconnue pour ce qu'elle réalise. On a pourtant longtemps vanté l'efficacité italienne dans ce domaine. Fabio Cannavaro a reçu le Ballon d'or en 2006. La doublette Chiellini-Bonucci a été glorifiée suite à la victoire de la Squadra Azzurra à l'Euro il y a trois ans.

Les hommes de Deschamps sont certes intraitables derrière, mais ils ne garent pas le bus pour autant. Ils se tournent volontiers vers l'attaque. Il est vrai que le jeu offensif des Bleus n'est pas parfaitement léché. Il manque à cette équipe un meneur de jeu. Antoine Griezmann ne sublime pas le collectif français comme il l'a fait dans d'autres tournois. On est loin de la campagne 2006 avec un Zidane au sommet de son art. Mais la bande à Mbappé se procure de multiples occasions, ce que martèle sans cesse Deschamps, rassuré.

A la mi-temps de leur troisième match, celui contre la Pologne, les Tricolores avaient déjà cumulé 37 tirs depuis le début de la compétition. Ils ont touché durant cette même partie 55 ballons dans la surface de réparation adverse, c'est plus que toute autre équipe dans une rencontre de l'Euro 2024. L'équipe de France dispose aussi du quatrième plus grand nombre d'expected goals parmi les huit nations restantes, derrière l'Espagne, l'Allemagne et le Portugal. Elle fait ainsi bien mieux que l'Angleterre.

La France manque simplement d'efficacité devant le but et de précision dans le dernier geste. Elle subit en même temps les stratégies adverses qui consistent à ne rien donner. Face aux Bleus depuis le début de la compétition, on préfère se replier plutôt que de jouer vers l'avant. On craint de libérer des espaces. La Belgique n'a ainsi frappé qu'une fois en première mi-temps en huitième de finale ce lundi. Les Pays-Bas, si étincelants contre la Roumanie, n'en ont pas montré davantage.

Dans ce contexte, il est logique de voir l'EDF amener ses adverses à la faute. Elle provoque la chance, les pénaltys et les autogoals. Les trois buts qu'elle a marqués sont largement mérités. Ils n'ont pas moins de valeur que les autres.

Les joueurs de l'équipe de France sont solides défensivement et tout n'est pas parfait offensivement. Ils ont dans ce secteur une immense marge de progression et ne sont pas loin de pouvoir en coller plusieurs à leurs adversaires. Les buts pourraient même tomber dès les prochains matchs, car les Tricolores affronteront à partir de maintenant des équipes plus joueuses. Ils seraient néanmoins inspirés de s'en remettre davantage aux frappes lointaines si les défenses continuent de reculer. Quoi qu'il en soit, il est fort logique de retrouver l'équipe de France en quart de finale du Championnat d'Europe des nations. Elle se trouve là où elle doit être, n'en déplaise à ceux qui fustigent le fait qu'elle n'a pas encore marqué dans le jeu par ses propres moyens, alors qu'il ne reste que huit nations en compétition. Elle avance à son rythme avec un groupe cohérent, uni et qui, grâce à l'âme de son sélectionneur, est convaincu qu'il est capable de gagner.

On peut seulement regretter avec cette EDF un manque d'efficacité et les choix de l'entraîneur, obnubilé par un mot: la stabilité. Il y aurait matière à proposer plus offensif et séduisant avec un tel collectif. Rageant. Mais Deschamps fait du Deschamps et on le changera pas, surtout qu'il semble tenir la recette du succès. Sa nation est la seule en Europe à avoir franchi la phase de groupes lors de chacun des sept derniers tournois majeurs. Elle reste sur trois finales en quatre compétitions.

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