Les hockeyeurs fribourgeois, Sandro Schmid (à gauche) et Samuel Walser, résignés, après une défaite lors de la saison régulière. image: keystone
Gottéron n'est pas bon en play-offs et on vous explique pourquoi
Les Fribourgeois ont été éliminés en 1/4 de finale, mercredi, par Genève-Servette (1-4). Depuis 2014, les Dragons n'ont jamais passé ce premier tour. Trois experts du hockey nous expliquent ce qui cloche sur les bords de la Sarine.
Certains suiveurs du hockey sur glace helvétique voyaient Fribourg-Gottéron capable de créer une grosse surprise cette saison. Mais celle-ci a pris fin abruptement, mercredi soir, avec une quatrième et dernière lourde défaite (0-5) contre Genève-Servette, en quarts de finale des play-offs.
𝗩𝗜𝗖𝗧𝗢𝗜𝗥𝗘 5⃣-0⃣ ! 🔥
— Genève-Servette HC (@officialGSHC) April 21, 2021
En route pour les demies bébé ! ✅#HeyOnYVa pic.twitter.com/bYckU6XM1C
Les Dragons n'ont pas été à la hauteur de leur prometteuse troisième place en saison régulière. Les experts Klaus Zaugg, Pierre Schouwey et Joris Repond, qui suivent de près Gottéron, sont unanimes: les Fribourgeois n'ont pas eu suffisamment de niaque. Et ce n'est pas la première fois que ça leur arrive dans les séries pour le titre.
Klaus Zaugg, journaliste à watson News
« Je n’ai jamais vu Fribourg-Gottéron avec un état d’esprit aussi désastreux, depuis leur remontée en LNA, il y a 40 ans. C'est leur sortie du championnat la plus tragique. D’habitude, c’est un club connu pour jouer avec les émotions, la rage de gagner. Dans cette série contre Genève, c’était une version light. Comme on dit en Suisse alémanique, Fribourg a joué comme les Welches (rires), c'est-à-dire sans émotion ni réaction. Par le passé, les Fribourgeois ont toujours dû se battre, notamment contre la relégation. Actuellement, ils vivent dans une zone de confort: le talent et les moyens financiers sont là. Mais le succès ne s'achète pas. L'entraîneur Christian Dubé n’a pas été capable de sortir ses joueurs de leur zone de confort en play-offs. Mais tout le mérite revient à Genève, que j'ai trouvé très fort: rapide, physique et bien organisé.»
Le Fribourgeois Nathan Marchon (en noir) aux prises avec le Genevois Daniel Winnik. Image: KEYSTONE
Pierre Schouwey, journaliste au quotidien fribourgeois La Liberté
«Après la victoire initiale des Dragons, on s'est dit qu'ils étaient bien dans cette série. Malgré la défaite, lors du deuxième acte à Genève, Fribourg a livré une bonne partie. Dans le troisième match, Gottéron a sombré avec cette claque: 8-3 à domicile. Elle a fait beaucoup de mal au moral des hommes de Christian Dubé. C'est le tournant de la série. Les Dragons n'ont jamais réussi à se relever. Il leur a manqué la niaque, dont ils ont fait preuve durant la saison régulière. Les étrangers n'ont pas été à la hauteur, et derrière, aucun joueur n'a réussi à compenser cette baisse de régime, pas même les tauliers comme Julien Sprunger, Andreï Bykov et Kilian Mottet. Les Aigles, eux, sont montés en puissance avec notamment les retours au jeu du capitaine Noah Rod et de Tanner Richard. Genève a été plus physique et ses étrangers se sont, eux, mis en mode play-offs. Et peut-être que Fribourg nourrit un complexe face aux Genevois: c'était sa quatrième élimination contre cet adversaire, en treize ans.»
Les Fribourgeois abattus, après leur élimination mercredi soir. Image: KEYSTONE
Joris Repond, journaliste à Radio Fribourg
Ce n'est pas nouveau que Gottéron n'y arrive pas en play-offs. Depuis 2014 et une demi-finale contre Kloten, les Dragons ont échoué trois fois en quarts, en perdant la série 4-1. Ils n'ont pas réussi à faire mieux depuis cette date. Je crois qu'il y a un problème de culture de la gagne dans ce club. Il manque un esprit d'équipe, de la grinta, dans ces moments cruciaux. L'exemple inverse, c'est Liverpool en football qui renverse l'AC Milan, en finale de Champions League 2005, après avoir été mené 3-0 à la mi-temps. Les joueurs n'étaient pas prêts à mouiller le maillot, ils étaient résignés dès le deuxième match de cette série. En play-offs, c'est totalement différent de la saison régulière, c'est une autre dimension: chaque match compte et il faut des gratteurs, des guerriers. Actuellement, Gottéron ne possède pas ces joueurs. Les leaders n'ont pas répondu présents face à Genève. C'est dommage, parce que les Fribourgeois ont réalisé une très bonne saison régulière. Ils ont aussi manqué de chance, avec, par exemple, ces tirs sur le poteau. C'est comme si l’équipe avait été maraboutée. Et le manque de réussite entraîne la résignation.
Les Dragons disent au revoir à Marc Abplanalp (36 ans), au club depuis vingt ans et qui a disputé son dernier match professionnel mercredi. Image: KEYSTONE
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