Kirsty Coventry a fondu en larmes devant les caméras aux JO, ce jeudi, en expliquant l'exclusion de l'Ukrainien Vladyslav Heraskevych au casque polémique. Une scène aussi rare que surprenante.
C’est l’affaire politico-sportive qui a fait couler le plus d’encre aux JO de Milan-Cortina: le casque du spécialiste ukrainien de skeleton, Vladyslav Heraskevych.
Elle a vécu son dénouement ce jeudi matin. Enfin, son dénouement en Italie. Car il pourrait bien y avoir des suites, Heraskevych ayant saisi ce jeudi soir le Tribunal arbitral du sport (TAS). L’Ukrainien (27 ans) a tout simplement été exclu des compétitions et s’est vu retirer son accréditation par le CIO. Alors même qu’il avait de réelles chances de médaille (il a terminé 4e des derniers Mondiaux).
En cause? Son refus de changer son casque personnalisé et ô combien symbolique. Celui-ci affiche les visages d’athlètes ukrainiens morts au combat contre les troupes russes. Problème: il contrevient à la charte olympique, qui interdit la «propagande politique» sur les lieux de compétition.
Vladyslav Heraskevych et son fameux casque. image: Keystone
Le CIO avait proposé un compromis à Vladyslav Heraskevych: porter un brassard noir pour commémorer ses compatriotes décédés, à la place de son casque. Compromis qu’il a refusé.
La présidente du CIO, Kirsty Coventry, a tout tenté pour faire changer d’avis l’athlète. Y compris des discussions en tête-à-tête avec lui et son père juste avant le début de la compétition, jeudi matin. En vain. «Ce que je lui ai proposé ce matin (jeudi matin), c’est de trouver une solution où on pourrait transmettre son message avant la course, puis, dès qu’il a fini, qu’il aille en zone mixte où on peut voir les images», a détaillé Coventry.
La Zimbabwéenne de 42 ans – présidente du CIO depuis juin 2025 et qui vit ses premiers JO à ce poste – a ensuite livré une séquence très rare pour une dirigeante de son rang. Qui tranche totalement avec la solennité qu’impose sa fonction.
Elle a tout simplement fondu en larmes devant les caméras au moment d’expliquer la décision du CIO d’exclure Vladyslav Heraskevych et de raconter les discussions qu'elle avait eues avec l'athlète. Très émue, elle a notamment déclaré, dans des propos repris par Eurosport:
«Je veux dire merci à Vladyslav et à son père, ils ont pris le temps de venir et de parler avec moi ce matin, je ne devais pas être ici mais j’ai pensé qu’il était important de venir ici et de lui parler face à face.»
La scène en vidéo
Vidéo: twitter
Kirsty Coventry a également exprimé son empathie envers l'Ukrainien en déclarant que «personne, et surtout pas moi, n’est en désaccord avec son message». Elle a ajouté:
«Je voulais vraiment le voir concourir aujourd’hui, ça a été une matinée très émouvante. Quand je lui ai parlé, c’était en tant qu’athlète, pas en tant que présidente du CIO»
Avant de rejoindre le CIO en 2012, Kirsty Coventry a été une nageuse de très haut niveau. Elle a notamment gagné sept médailles olympiques, dont deux en or.
On ne verra plus Vladyslav Heraskevych et son casque aux JO.image: Keystone
La réaction étonnante de la cheffe de l'instance mondiale du sport divise les internautes sur les réseaux sociaux. «Les larmes de Kirsty Coventry montrent à quel point cette situation affecte profondément même ceux qui font respecter les règles, soulignant le côté humain de ces décisions difficiles», écrit l'un d'entre eux sur X.
D'autres, au contraire, écoeurés de voir Vladyslav Heraskevych exclu de ces JO, dénoncent «les larmes de crocodile» de la dirigeante et «son hypocrisie».