Cette pilote suisse de 5 ans a conquis le paddock de F1
Pendant que les autres enfants de cinq ans jouent avec des poupées, des petites voitures et des peluches, Emily est assise dans un kart. Du pied droit, elle appuie à fond sur l'accélérateur et file à toute allure sur l'asphalte. Cette Lucernoise ne se contente pas de conduire sans peur: son sens de la vitesse surprend même les plus grands.
A trois ans, Emily était déjà au volant, et elle a rapidement apprivoisé le karting. Pour elle, drifter était plus facile que de se brosser les dents. Au début, elle faisait quelques tours sur un terrain de sport en contournant des cônes avec un petit modèle électrique, puis elle a troqué son terrain de jeu contre une piste et a reçu un véritable bolide. «J’en ai eu les larmes aux yeux quand, à trois ans, elle a réalisé ses premiers dérapages contrôlés», raconte son père, Mark.
A l’époque, il ne pensait pas qu’une fille puisse devenir pilote de course. «Je me disais que si un jour j’avais un fils, il deviendrait pilote.» Il a tout de même acheté une voiture en jouet à sa fille. «Elle était beaucoup trop lente», commente Emily, vêtue d’un jean rose, et affichant une assurance digne d'une grande.
Un siège spécial pour la protéger
Plus tard, il lui a donc trouvé un kart de course. «A l’origine, ce kart était réservé aux plus de 14 ans, mais il est déjà presque trop lent pour elle», indique Mark. Grâce à un siège en carbone fait maison, elle est calée en toute sécurité dans l'engin. «Je préfère la voir dans un kart plutôt que sur un cheval», déclare son père.
La santé de la jeune fille est une priorité. A ce titre, elle fait des exercices pour sa nuque en dehors du circuit. «Oh, on doit encore s’entraîner aujourd’hui», dit Emily en écoutant la conversation.
La petite a également commencé à s'entraîner sur simulateur à l'âge de quatre ans. Pour elle, passer les vitesses est un jeu d'enfant.
Emily a récemment été recrutée par l’équipe suisse de karting Kartbox.ch. Là-bas, elle n’apprend pas seulement les bases de la discipline, mais aussi des aspects plus généraux, comme la bonne préparation de son sac de course. Pour l’instant, elle s’entraîne uniquement en Suisse. A Roggwil (BE), elle a battu le record du tour à seulement quatre ans, et ce, avec des pneus usagés. Mais elle s'apprête bientôt à faire le grand saut vers les circuits à l'étranger.
Plus de 300 000 abonnés sur Instagram
Lorsqu’elle débarque sur la piste, rien ne peut l’arrêter. «Elle n’aime pas les virages lents», explique son père. Emily n’a encore participé à aucune course. «Elle est impatiente», ajoute Mark. Ses débuts devraient toutefois arriver rapidement et faire beaucoup de bruit. Et pour cause: cette fillette de cinq ans a environ trois ans de moins que ses premières concurrentes.
Sur Instagram, près de 300 000 personnes suivent le compte F1emy géré par ses parents. La plupart des abonnés viennent des Etats-Unis. Cela ne cesse d'étonner Mark. Grâce aux réseaux, Emily a déjà échangé des messages avec les pilotes de Formule 1 Esteban Ocon et Kimi Antonelli. Ces derniers ont aussi donné des conseils à son père.
Parfois, la petite se rang dans le paddock de F1, où tout le monde semble la connaître. Dès que les pilotes l'aperçoivent, ils ne manquent pas de s'arrêter vers elle et de lui consacrer un peu de temps. «Emy» attendrit et impressionne surtout tout le monde.
L'une de ses vidéos sur Instagram a déjà été visionnée plus de 40 millions de fois. Même des stars mondiales comme Usain Bolt, Patrick Dempsey ou Gordon Ramsay réagissent aux contenus. Outre les vues, les likes et les commentaires, il y a également les sponsors.
Son père ne travaille que pour sa fille
En février, la petite fille a été invitée à Zell am See, en Autriche. Là-bas, elle a pu rouler avec d’autres pilotes sur un lac gelé. «C’était super cool et pas du tout glissant», raconte-t-elle en gloussant, comme elle le fait presque toujours. Depuis plus d’un an, Mark se consacre entièrement à sa fille. «Malheureusement, c'est une période difficile sur le plan financier», explique-t-il. Il y a eu une proposition d’une grande entreprise chinoise, que la famille a refusée, préférant se focaliser sur le karting.
En dehors de cette passion, «Emy» est une enfant comme les autres et fait craquer tout le monde par sa spontanéité. Mais en karting, «elle passe en mode bête de course», plaisante son père. Ce sang-froid est essentiel dans cette discipline. Mark est convaincu qu’elle finira par percer dans le monde de la course automobile. L’accès à la Formule 1 dépend toutefois de «plusieurs facteurs», précise-t-il.
La jeune pilote voit les choses de la même manière. «Je veux devenir pilote de Formule 1», confie-t-elle, en grande fan de la catégorie reine. «J’aime bien Lando Norris.» La fillette de cinq ans est également admirative de Max Verstappen et de Kimi Antonelli. Conduire un jour en F1 n’est encore qu’un rêve d’enfant, mais un rêve qui semble déjà étonnamment concret.
