Voici pourquoi les pilotes de F1 craignent pour leur vie
L’accident d’Oliver Bearman, dimanche lors du Grand Prix du Japon, a relancé le débat sur la sécurité en F1.
Depuis le début de la saison, d’importantes différences de vitesse sont visibles en course entre les monoplaces, une situation dangereuse imputable au nouveau règlement introduit cette année, et plus particulièrement à la gestion de la puissance électrique, qui représente 50% de l’énergie motrice.
Déjà lors du premier Grand Prix de la saison, début mars en Australie, des voix s’étaient élevées. «Il y aura un gros accident si rien ne change», avait ainsi averti Carlos Sainz Jr. Et cela n’a pas manqué ce week-end.
A l’approche du virage 13 du mythique circuit de Suzuka, le pilote Haas Oliver Bearman, lancé à pleine vitesse avec son boost, a soudain foncé sur Franco Colapinto, qui le devançait au volant de son Alpine, à vitesse réduite pour recharger sa batterie.
L’accident de Bearman en vidéo ⬇️
Si le pilote anglais est parvenu à éviter l'Argentin malgré l’important différentiel de vitesse, sa manœuvre l’a contraint à tirer tout droit dans l’herbe, avant de percuter violemment les barrières de sécurité à plus de 300 km/h.
Bearman n’a pas été grièvement blessé, mais il boitait fortement lorsque les commissaires l’ont évacué de la piste. Il s’en est tiré sans fracture, mais avec de fortes contusions, a indiqué son équipe.
Plusieurs pilotes se sont exprimés au sujet de cet accident, à commencer par Carlos Sainz Jr, qui l’avait presque prédit. «Nous avions prévenu depuis longtemps qu’une telle chose pouvait arriver», a-t-il déclaré après la course. Selon lui, Bearman a eu de la chance à Suzuka de pouvoir éviter Colapinto, qui roulait nettement plus lentement.
L’Espagnol a exhorté la direction de course à agir avant le prochain Grand Prix, programmé le 3 mai prochain à Miami, en raison des annulations à Bahreïn et en Arabie saoudite: «J’espère vraiment que nous trouverons une solution». Le risque est, selon lui, encore plus élevé sur les circuits urbains. «Imaginez que vous rouliez à Bakou, Singapour ou Las Vegas, où de tels accidents pourraient se produire juste à côté des murs.»
Le pilote Ferrari, Charles Leclerc, a également réagi à cet incident: «Il ne fait aucun doute que nous devons piloter différemment avec ces voitures. Si tu changes de trajectoire pendant que tu recharges la batterie, cela crée des situations dangereuses.»
Après le Grand Prix du Japon, la Fédération Internationale de l'Automobile (FIA) a annoncé qu’un examen approfondi sera mené à l’issue de la première partie de saison. Elle a ajouté que les éventuels ajustements, notamment en matière de gestion de l’énergie, nécessitent des analyses détaillées. Affaire à suivre.

