Sport
Ski Alpin

«Les infrastructures de Swiss-Ski devront être déplacées»

«Les infrastructures de Swiss-Ski devront être déplacées»
Walter Reusser gère l'aspect sportif de la fédération suisse de ski depuis 2023.Image: KEYSTONE

«Les infrastructures de Swiss-Ski devront être déplacées»

CEO Sport chez Swiss-Ski, Walter Reusser explique pourquoi l'alpin suisse féminin a connu un creux et pourquoi il craint toujours les Autrichiens. Le dirigeant expose aussi les défis de l'association et son engagement pour le nordique. Interview.
02.02.2025, 07:0602.02.2025, 23:30
Rainer Sommerhalder

Walter Reusser, notre équipe masculine de ski alpin enchaîne les succès. La situation est-elle aussi idyllique que les performances le laissent penser?
Oui, si l'on se réfère aux résultats. Les performances des skieurs sont impressionnantes, sur une large base et dans toutes les disciplines. Et si l'on regarde du côté de la Coupe d'Europe et de la relève, on voit que nous sommes vraiment bien partout.

A l'inverse, il est presque regrettable que notre adversaire numéro 1, l'Autriche, soit en train de se morfondre.
Le ski autrichien est loin d'être aussi mauvais qu'on le dit. Haaser, Babinsky et Hemetsberger ont envoyé un signal fort lors des courses de vitesse de Kitzbühel. L'équipe de slalom, elle, était presque toujours exemplaire avant les bons résultats de Schladming. Ils skiaient bien, mais il manquait en fait les podiums. L'Autriche a de très bons athlètes.

«Seule la chance leur fait cruellement défaut»

Chez nos féminines, la densité n'est pas aussi élevée et les cheffes de file sont plutôt en fin de carrière. Pourquoi la situation est-elle si différente?
De nombreuses coureuses nées au tournant du millénaire ont dû faire face à des blessures souvent récurrentes. Je pense à Camille Rast, Mélanie Meillard, Aline Danioth ou Eliane Christen. Je crois que nous avons trop poussé ces skieuses durant leurs jeunes années, et que nous les avons engagées trop tôt en Coupe du monde. En conséquence, elles se sont blessées. Et nos études ont démontré que le risque de blessures augmente avec chaque blessure subie. De nombreuses coureuses étaient donc en permanence en rééducation. C'est la raison pour laquelle nous avons eu un trou avec ces classes d'âge.

Vous semblez malgré tout confiant.
Nous avons essayé d'inverser la tendance, avec une plus grande largesse et plus de patience. Même si nos jeunes athlètes skient très bien très tôt, cela ne veut pas dire qu'il faut les engager tout de suite en Coupe du monde. Ils ont besoin de temps pour se développer physiquement. Chez nos jeunes nés entre 2004 et 2008, nous avons déjà une grande densité de talents, en comparaison avec le niveau international.

«Cela me rend très positif!»

En tant que CEO Sport au sein de la fédération, vous êtes responsable de l'ensemble des disciplines gérées par Swiss-Ski. Or vous venez de l'univers du ski alpin. Devez-vous parfois prouver que vous ne négligez pas les autres sports?
Cela arrive. Certains peuvent se demander si j'ai réellement de bonnes intentions pour «leur» discipline. Mais les sceptiques réalisent peu à peu à quel point nous nous engageons pour toutes les activités. Nous abordons également des thèmes qui étaient restés en friche ces dernières années, et nous les développons de manière conséquente.

Walter Reusser, Swiss-Ski Alpine director reacts in the finish area during the second run of the men's slalom race at the Alpine Skiing FIS Ski World Cup in Adelboden, Switzerland, Sunday, Januar ...
Walter Reusser était encore directeur de l'alpin il n'y a pas si longtemps.Image: KEYSTONE

Vous avez été dernièrement très occupé sur le front «nordique». Pourquoi de telles heures supplémentaires?
Nous avons perdu l'été dernier Guri Knotten, qui était notre directeur du nordique. Comme il n'y avait à court terme aucun successeur convaincant, capable de s'engager sur le long terme, nous avons décidé de gérer le pôle avec les ressources déjà en place. Malgré un surcroît de travail, j'ai apprécié le fait d'avoir un aperçu approfondi des disciplines nordiques, et de pouvoir accompagner les gens de très près.

Votre travail supplémentaire est néanmoins terminé.
Nous avons trouvé la solution parfaite avec Jürg Capol. Il connaît la Suisse et le domaine international, pour avoir travaillé à la Fédération internationale de ski (FIS). Il dispose d'un solide réseau et, en tant que patron des Mondiaux de biathlon, il a désormais de l'expérience dans un domaine aux exigences différentes. Je me réjouis de travailler avec lui et je suis convaincu qu'il saura faire évoluer le nordique avec dynamisme.

Les premiers Mondiaux de biathlon en Suisse constituent un événement majeur. Quel héritage sportif espérez-vous laisser à cette occasion?
On espère que le biathlon et le ski nordique en général recevront plus d'attention en Suisse. Les clubs et les associations régionales doivent avoir un déclic et en tirer la motivation et le courage nécessaires pour faire le grand saut. Il faut investir du temps et du personnel pour enthousiasmer les enfants pour ces sports.

«Le ski nordique doit prendre plus d'ampleur en Suisse»

Swiss-Ski envisage également d'organiser les Mondiaux de ski nordique. Y a-t-il un projet prêt à être lancé?
Il n'est pas encore prêt, car c'est un sujet très complexe, et différents paramètres ont une influence dessus. Il faut d'abord disposer des infrastructures nécessaires, notamment les tremplins. Nous avons également besoin de temps pour faire nos devoirs et construire une belle équipe suisse. Des Mondiaux n'ont un sens que si l'on dispose d'athlètes capables de performer. Ils seraient néanmoins intéressants dans le cadre du projet olympique, et pourraient être vus comme un test avant 2038.

Dernière question, Walter, quels sont, à l'heure actuelle, les plus grands défis de votre fédération?
La professionnalisation au niveau de l'encadrement des jeunes est un vaste sujet, en raison des évolutions sociales et sociétales. Les enfants aiment faire du sport et les parents aiment confier leurs enfants dans les clubs. Mais la pratique tend à devenir plus coûteuse et plus complexe, et l'on sent que les parents ont une certaine réticence par rapport au sport de compétition. Une transformation au niveau des clubs et des associations régionales est nécessaire, avec davantage de regroupements et de partenariats, afin d'unir les forces. Tout le monde ne peut pas tout proposer. Les infrastructures d'entraînement devront également être déplacée, là il y aura encore de la neige à l'avenir.

Plus d'articles sur le sport
Ce Romand a créé le site qui va aider tous les randonneurs à ski
Ce Romand a créé le site qui va aider tous les randonneurs à ski
de Yoann Graber
Deux clubs romands ont tenté de recruter DiDomenico
Deux clubs romands ont tenté de recruter DiDomenico
de Klaus Zaugg
Un scénario catastrophe guette le foot suisse
Un scénario catastrophe guette le foot suisse
de Romuald Cachod
«J'ai eu un seul privilège grâce à mon nom»: Massimo Lorenzi se confie
1
«J'ai eu un seul privilège grâce à mon nom»: Massimo Lorenzi se confie
de Yoann Graber
Federer doit reprendre sa carrière pour tenir sa promesse
Federer doit reprendre sa carrière pour tenir sa promesse
de Ralf Meile
«Les joueuses peuvent exprimer en toute intimité leur frustration» dans cette pièce
«Les joueuses peuvent exprimer en toute intimité leur frustration» dans cette pièce
de Yoann Graber
Un duel entre deux géants affole la planète sport
Un duel entre deux géants affole la planète sport
de Julien Caloz
Voici une astuce méconnue pour être meilleur sur marathon
Voici une astuce méconnue pour être meilleur sur marathon
de Julien Caloz
Les cubes vidéo dans les patinoires suisses ont une fonction secrète
Les cubes vidéo dans les patinoires suisses ont une fonction secrète
de Klaus Zaugg
Il y a un gros problème avec le nouveau logo de ce club suisse
Il y a un gros problème avec le nouveau logo de ce club suisse
de Klaus Zaugg
«L'arrêt de l'année»: le gardien de l'Angleterre réalise une prouesse
«L'arrêt de l'année»: le gardien de l'Angleterre réalise une prouesse
de Yoann Graber
Infantino: «Je n'ai plus besoin de mon passeport suisse»
6
Infantino: «Je n'ai plus besoin de mon passeport suisse»
de François Schmid-Bechtel
Les tickets VIP offerts par la SSR interrogent
1
Les tickets VIP offerts par la SSR interrogent
de françois schmid-bechtel et rainer sommerhalder
Ce choix de la fédération suisse de curling va faire jaser
Ce choix de la fédération suisse de curling va faire jaser
Ces sports veulent révolutionner les JO d'hiver: grosses tensions
Ces sports veulent révolutionner les JO d'hiver: grosses tensions
de Katia DOLMADJIAN
Donald Trump joue un mauvais tour à la Nati
1
Donald Trump joue un mauvais tour à la Nati
de François Schmid-Bechtel
Horrible chute en saut à ski
Horrible chute en saut à ski
Ce stade s'apprête à entrer dans l'histoire du football
Ce stade s'apprête à entrer dans l'histoire du football
Le ski suisse dévoile un plan surprenant
Le ski suisse dévoile un plan surprenant
Le LS est éliminé à cause d’une pratique controversée
Le LS est éliminé à cause d’une pratique controversée
de Yoann Graber
Il gâche tout l'hommage du Real Madrid
Il gâche tout l'hommage du Real Madrid
Cette décision énerve le basket suisse: «On est les dindons de la farce»
Cette décision énerve le basket suisse: «On est les dindons de la farce»
de Julien Caloz
Voici les gros enjeux de la fin de saison en ski alpin
Voici les gros enjeux de la fin de saison en ski alpin
Vague de boycotts aux Jeux paralympiques
Vague de boycotts aux Jeux paralympiques
de Romuald Cachod
Ce championnat adopte un format complètement déroutant
Ce championnat adopte un format complètement déroutant
Le prochain match de la Nati fait grincer des dents
Le prochain match de la Nati fait grincer des dents
Un pilote de chasse permet à ce petit club de cartonner en Champions League
Un pilote de chasse permet à ce petit club de cartonner en Champions League
de Yoann Graber
Les zizis truqués en saut à ski refont parler d’eux
1
Les zizis truqués en saut à ski refont parler d’eux
Le maillot du Top Scorer va radicalement changer
Le maillot du Top Scorer va radicalement changer
Les arbitres de NHL ont une qualité que les Suisses n’ont pas
Les arbitres de NHL ont une qualité que les Suisses n’ont pas
de Klaus Zaugg
L'attitude de Lichtsteiner au FC Bâle peut lui coûter cher
2
L'attitude de Lichtsteiner au FC Bâle peut lui coûter cher
de Christoph Kieslich
Voici à quel point Airbnb s'est implanté dans les villes
1 / 11
Voici à quel point Airbnb s'est implanté dans les villes
Voici à quel point Airbnb s'est implanté dans les villes
source: watson
partager sur Facebookpartager sur X
On a compilé nos arrêts préférés de Yann Sommer
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Le ski suisse dévoile un plan surprenant
La domination suisse en descente et Super-G limite les opportunités pour les jeunes talents. Pour y remédier, Swiss-Ski lance des cours particuliers.
Les stars suisses de la vitesse, comme Marco Odermatt et Franjo von Allmen, brillent en Coupe du monde. Pas moins de neuf Helvètes figurent dans le Top 30 de la descente. Le problème, c'est que l'entraîneur en chef Tom Stauffer ne dispose que de huit places fixes, et un skieur ne peut obtenir un spot supplémentaire en Coupe du monde que s'il termine parmi les trois premiers du classement de la discipline en Coupe d'Europe.
L’article