Tadej Pogacar a une bonne raison de venir en Romandie
Tadej Pogacar a souvent dit et répété qu'il se moquait pas mal de marquer l'histoire, mais on n'est pas obligé de le croire, surtout quand l'agenda des épreuves sur lesquelles il s'aligne témoigne du contraire. Et puis, il a gagné tant de courses qu'il ne lui en manque plus beaucoup pour devenir le plus grand de son sport, et il serait étonnant qu'il ne se mette pas en tête de les remporter. Le coureur le mieux payé du peloton (8 millions d'euros par an hors bonus et sponsors personnels) vient d'ailleurs d'en cocher deux nouvelles pour la saison 2026: les Tours de Romandie et de Suisse.
Si l'on en croit Thomas Voeckler, le coureur slovène n'aura aucun mal à s'imposer sur nos routes. «J’adore Pogacar, mais quand il prend le départ, le suspense est souvent limité», a récemment relevé le sélectionneur de l'équipe de France, ajoutant à nos confrères de Cyclism'Actu que cela poussait «certains coureurs à éviter les courses où il est présent, sauf le Tour de France où tout le monde doit aller». Bonjour l'ambiance.
La Vuelta le drague
S'il s'impose sur la boucle romande et sur le Tour de Suisse, il ne lui manquera plus que six épreuves par étapes pour réaliser le Grand Chelem ultime en World Tour. Les courses en question les voici: le Tour Down Under, le Tour du Pays basque, le Tour de Pologne, le Renewi Tour, le Tour du Guangxi et, bien sûr, la Vuelta.
Toutes n'ont pas le même prestige, et il n'est pas certain que «Pogi» s'y colle sur chacune d'elles, mais il songera forcément au Tour d'Espagne un jour. La Vuelta fait d'ailleurs tout pour attirer la superstar du cyclisme mondial. La 81e édition, qui se disputera du 22 août au 13 septembre, promet un dénivelé total démentiel (58 156 m), le genre de tracé maous dont le Slovène raffole.
Tadej Pogacar n'a toutefois pas évoqué le Tour d'Espagne en dévoilant son calendrier pour 2026, et c'est un peu normal: l'épreuve entre en concurrence avec la préparation des Mondiaux. Or ceux-ci se disputeront à Montréal, sur un circuit là encore favorable au coureur d'UAE (273,2 km et 3720 m de D+).
S'il y triomphe pour la troisième saison consécutive, le cycliste de 27 ans partagerait le record de titres avec cinq autres coureurs, à tout le moins jusqu'à la prochaine édition, qu'il inscrirait alors en lettres majuscules dans son agenda.
Un défi ultime
Mais avant de voyager au Canade en septembre prochain, Tadej Pogacar tentera de remporter les deux Monuments qui lui résistent encore (Milan-San Remo le 21 mars et Paris-Roubaix le 12 avril) et un cinquième Tour de France, ce qui en ferait l'égal d'Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain. L'homme aux 25 victoires en 2025 pourra ensuite réfléchir au défi ultime: triompher sur les trois Grands Tours (d'Italie, de France et d'Espagne) sur une seule saison.
«Bien sûr, il y pense, nous aussi, mais rien n'est encore prévu. On verra bien», a récemment admis Jeroen Swart, directeur de la performance d'UAE Emirates XRG, cité par L'Equipe. Cela fait plusieurs années que le Cannibale Eddy Merckx répète que s'il y en a un qui peut réussir ça, c'est cet imbattable slovène qui a hérité de son surnom.
