DE | FR
Un supporter de Manchester lors d'une des nombreuses manifestations des fans contre la famille Glazer.
Un supporter de Manchester lors d'une des nombreuses manifestations des fans contre la famille Glazer.

Barça, PSG et Manchester United: pourquoi tant de haine?

Plusieurs grands clubs européens sont chahutés par leurs propres fans. Désertion des tribunes, grève des chants ou manifestation devant le stade viennent sanctionner une absence de résultats ou de stratégie.
19.04.2022, 06:2919.04.2022, 10:11
Suivez-moi

Barcelone, Paris et Manchester United cumulent des millions de supporters à travers le monde. Ce soutien populaire est un puissant moteur quand tout va bien, mais il peut aussi être très pénalisant lorsque la situation, sur le terrain ou dans les bureaux, se dégrade. C'est ce que les trois clubs ont expérimenté en l'espace de quelques jours.

À Barcelone, des socios qui restent chez eux

  • Que se passe-t-il?
    Lundi soir, la venue de Cadiz au Camp Nou n'a suscité qu'un intérêt poli (57 495 spectateurs). Les supporters les plus fervents ont même laissé leur secteur vide, en signe de protestation face à l'invasion des fans de l'Eintracht Francfort la semaine dernière (lire plus bas).
Le Camp Nou lundi soir.
Le Camp Nou lundi soir.Image: Mundo Deportivo

Jeudi dernier, en quart de finale de Ligue Europa, près de 26 000 supporters catalans avaient en effet gelé leur abonnement. Résultat: leurs places étaient disponibles à la vente sur Internet, donc aux supporters allemands venus encourager leur équipe en déplacement. Les gradins du stade étaient ainsi habillés de blanc, alors que le Barça évoluait dans ses couleurs traditionnelles (bleu et rouge).

Image: AP
«Tout le monde a le droit de vendre ses places, mais c'est très, très triste de voir un Camp Nou avec autant de supporters rivaux»
Enric Masip, conseiller du président Laporta
  • Pourquoi une telle défiance?
    C'est très simple: la crise sportive déborde du terrain pour gagner les tribunes. Le Barça n'est plus aussi compétitif que par le passé et ses supporters ont beaucoup de mal à l'accepter. Ça ne devrait pas s'arranger puisque les joueurs de Xavi ont perdu 1-0 lundi face à Cadiz, 18e de Liga avant le coup d'envoi. Notons encore que cette saison, le club a enregistré sa plus faible affluence depuis 20 ans. 37 278 socios s'étaient déplacés pour assister à un triste match nul (1-1) face à Alavés. C'était en octobre.

A cette date, le Barça était mal embarqué dans son championnat (9e) et en Ligue des champions (1 point en 3 matchs), et il venait de se séparer de Ronald Koeman. Même si Xavi a redonné un peu d'élan aux blaugranas, ceux-ci ont été éliminés de la Ligue des champions en phase de poules, de la Coupe du Roi en 8e de finale et n'ont jamais été en mesure de disputer le titre au Real Madrid.

  • Comment sortir de la crise?
    En recrutant des joueurs attractifs (le départ de Lionel Messi n'a jamais été compensé), en privilégiant la continuité sur le banc et en étant compétitif en Liga comme en Ligue des champions. Les noms d'Erling Haaland (aussi approché par City) mais surtout de Robert Lewandowski circulent depuis plusieurs semaines en Catalogne.

Au PSG, une extinction de voix

  • Que se passe-t-il?
    Dimanche face à Marseille (victoire 2-1), dans ce qui est d'ordinaire l'un des derby les plus bouillants de Ligue 1, les supporters parisiens n'ont pas encouragé leur équipe. Les ultras du Virage Auteuil ont même déroulé leur bâche à l'envers, symbole notoire de contestation.

Un silence pesant auquel n'a pas goûté le capitaine du PSG Marquinhos. «Je ne m'y attendais pas. C'était un Clasico, il fallait tout mettre de côté, a réagi le défenseur brésilien au micro de Prime Video. Ce n'était pas le moment de faire ça. On le comprend. Ils ont leurs arguments. S'ils n'ont pas encore eu de réponse, il fallait laisser la fierté et l'orgueil de côté. Ils ont fait un choix. Comme joueur, je ne suis pas d'accord.»

  • Pourquoi une telle défiance?
    Les habituels soutiens parisiens ont choisi le mépris «car les joueurs ne méritent pas mieux», avaient exprimé les membres du Collectif Ultras Paris (CUP) au début du mois. L'élimination en 8es de finale de la Ligue des champions face au Real Madrid est l'élément qui a «mis le feu aux poudres», estime Le Figaro. Le CUP réclame pour sa part «un nouvel organigramme» et que «le sportif soit placé au cœur du projet et non plus le marketing».
  • Comment sortir de la crise?
    Les victoires ne vont rien changer. Le PSG est éliminé de toutes les Coupes et quasi assuré de remporter la Ligue 1 (il possède 15 points d'avance sur Marseille à 6 journées de la fin). Seuls un mercato ciblé et réussi cet été, un retour au mythique maillot Hechter et une meilleure communication entre les dirigeants et les supporters permettront au Parc de retrouver de la voix et des couleurs.
«Le club n'a fait aucune communication. Pas de pas vers nous, pas d'annonces, pas de remise en question. Au niveau des joueurs, aucun d'entre eux n'est venu vers nous pour discuter ou encore s'excuser (...) On ne sent pas une volonté du club de faire avancer les choses.»
Romain Mabille, président du CUP, au micro de France Bleu.
Le maillot Hechter est la tunique historique portée par les joueurs du PSG (ici Pauleta aka «l'aigle des Açores»).
Le maillot Hechter est la tunique historique portée par les joueurs du PSG (ici Pauleta aka «l'aigle des Açores»). Image: EPA

À Manchester, des propriétaires contestés

  • Que se passe-t-il?
    En marge de la venue de Norwich City à Old Trafford (3-2, triplé du GOAT) samedi, les fans des Red Devils ont une nouvelle fois manifesté aux abords du stade contre la famille Glazer, les richissimes propriétaires américains de leur club. Le groupe «The 1958» a même attendu la 17e minute avant de pénétrer dans l'enceinte. Chaque minute après le coup d’envoi symbolisait une année de gouvernance des Glazer.
  • Pourquoi une telle défiance?
    Club sans dette à l’arrivée des Américains en 2015, Manchester s’est retrouvé au fil des saisons avec d’énormes intérêts à payer, ce qui a provoqué le mécontentement des fans. Ceux-ci n'ont jamais pardonné aux Glazer de s'être impliqué dans le projet de Super Ligue européenne l'an dernier. Cet engagement avait été «le point culminant de toutes ces années au cours desquelles, sous la direction de votre famille, le club s’est enfoncé dans les dettes et le déclin», avait réagi le Manchester United Supporters Trust (MUST), qui représente une partie des inconditionnels du club.
La saison dernière, 2h30 avant le début du match contre Liverpool, des milliers de supporters de United avaient manifesté devant Old Trafford avant d’envahir la pelouse.
La saison dernière, 2h30 avant le début du match contre Liverpool, des milliers de supporters de United avaient manifesté devant Old Trafford avant d’envahir la pelouse.
  • Comment sortir de la crise?
    ESPN a tout dit ce week-end dans un article consacré aux manifestations précédant la rencontre face à Norwich: «La reconstruction de Manchester United ne sera pas facile. Les protestations des fans contre les propriétaires suggèrent qu'elle ne se fera pas avant le départ des Glazer.»

Plus d'articles sur le sport

Montrer tous les articles
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Wawrinka-Djokovic, une des plus belles rivalités en cinq matchs fous
Stan Wawrinka et Novak Djokovic en découdront en 8e de finale à Rome ce jeudi après-midi. Ce match sera leur 26e affrontement (le Serbe mène 19 à 6). L'occasion de revenir sur les cinq duels les plus fous entre le Vaudois et le Serbe.

Stan Wawrinka-Novak Djokovic, c'est tout simplement l'une des plus belles rivalités dans l'histoire du tennis. Les deux hommes s'affronteront ce jeudi après-midi à Rome pour un ticket en quart de finale, plus de deux ans et demi après leur dernier match (victoire de Wawrinka par abandon au 3e tour de l'US Open 2019). Avec un Vaudois de retour aux affaires après une pause de plus d'une année et un «Djoker» orgueilleux, à la recherche de son meilleur niveau et d'un nouveau titre, ce duel promet beaucoup.

L’article