Gottéron avantagé? La preuve que les Romands se trompent
Samedi soir, peu avant la fin du deuxième tiers entre Gottéron et les ZSC Lions, une scène marquante s’est produite. Elle a peut-être décidé du dénouement de la rencontre.
Après une sortie malheureuse de Reto Berra, l'attaquant zurichois Rudolfs Balcers envoie le puck derrière la ligne de but, malgré la tentative de sauvetage désespérée du portier fribourgeois.
La séquence ⬇️
Les images sont sans équivoque: le palet est bel et bien rentré. Il n’y a aucun défaut technique de la caméra, ni la moindre illusion d’optique. Il s’agit d’une erreur flagrante des deux arbitres principaux. Aucune discussion possible à ce sujet.
Au lieu du 3-1, le score reste inchangé: après 40 minutes, les ZSC Lions ne mènent que 2-1. Puis Gottéron renverse la situation dans le dernier tiers et s’impose 4-2.
Peut-être que les Fribourgeois n’auraient pas rattrapé un score de trois buts à un. Ou peut-être que si. Après tout, ils ont survolé la troisième période, frappant onze fois au but contre six, malgré leur prolongation la veille à Ambri. Les hommes de Marco Bayer, eux, étaient reposés. Ils n'avaient plus joué depuis mercredi. Nous ne saurons jamais.
Discuter de la vidéo n’a pas de sens. Les équipements dans nos patinoires sont largement suffisants. D'ailleurs, les images montrent clairement que le puck est rentré. Faut-il dès lors décharger les arbitres de leurs responsabilités et créer un centre spécialisé, capable d'analyser à distance les actions litigieuses? Non. Même dans ce cas, des erreurs resteraient possibles. Les séquences sont interprétées par des humains, et le risque d’erreur existe, que ce soit sur place ou dans un bureau éloigné de l'agitation de la patinoire. La perfection n’existe pas.
Les ZSC Lions sont évidemment contrariés. Et pour un entraîneur, rien ne justifie mieux une défaite qu’un but volé. La sérénité d’un champion consiste toutefois à accepter ces fautes et à les encaisser sans se plaindre.
Autre question: de telles erreurs, évidentes pour les téléspectateurs, nuisent-elles au hockey sur glace? Non. Prenons l'exemple du football. Le but inscrit à Wembley lors de la finale de la Coupe du monde 1966 n’a pas porté préjudice à ce sport. A l’époque, ce 3-2 avait décidé de l’issue de la rencontre, finalement remportée 4-2 par l’Angleterre face à l’Allemagne. Jusqu’à aujourd’hui, aucun élément n’atteste que le ballon ait franchi la ligne. L’arbitre suisse Gottfried Dienst avait pourtant accordé le but après consultation de son assistant, un choix qui a fait de lui l’un des arbitres les plus célèbres de l’histoire du football.
Avec un peu de recul, le but volé à Fribourg restera une simple anecdote. Les Zurichois ne dévieront pas de leur trajectoire à cause de cette erreur d'arbitrage. Et à bien y regarder, cet épisode enrichit même la culture de notre hockey. Il démontre que la soi-disante «ligue mafieuse» tant évoquée en Romandie et au Tessin n’existe pas. L’erreur a impacté le club le plus puissant et le plus riche du pays, les ZSC Lions, et a profité à Gottéron, une équipe d’une ville bilingue. Que n’aurait-on pas entendu en Suisse romande si la situation avait été inverse, si Gottéron s’était vu voler un but alors qu’il menait 2-1 contre Zurich!
Cette réalisation injustement refusée prouve que tout va bien dans notre hockey et qu’il n’existe pas de «ligue mafieuse» dirigée par les clubs alémaniques.
