Ce skieur japonais a volé la vedette aux Suisses
Le slalom d'Adelboden, remporté dimanche par le Français Paco Rassat, n’a guère souri aux Suisses.
Certes, Tanguy Nef a confirmé sa constance en signant un nouveau top 10, tandis que Ramon Zenhäusern, 15e, a décroché son meilleur résultat de l'hiver. En revanche, Loïc Meillard a enfourché, pendant que Marc Rochat et Daniel Yule se sont contentés des 24e et 26e places.
Entre les deux s'est glissé un inconnu: le Japonais Shiro Aihara, qui a obtenu dimanche ses premiers points en Coupe du monde, après 17 tentatives infructueuses. 25e, il ira aux Jeux olympiques de Milan-Cortina.
Parti en première manche avec le dossard 60, le skieur nippon a franchi la ligne au 29e rang, avant de reculer d’une place, ce qui lui a tout de même permis de tenir le cut et de se qualifier.
Une telle performance a logiquement été saluée dans l’aire d’arrivée. Mais si Aihara a conquis les cœurs et s’est attiré la sympathie du public bernois venu en nombre, c’est surtout par sa joie débordante et sa manière d’exulter, spontanée et sans la moindre retenue. Des images devenues trop rares au haut niveau.
Ouvreur en deuxième manche, Shiro Aihara, insensible à la pression, a livré une nouvelle prestation solide. Le Japonais s’est montré offensif, sans chercher à assurer ses premiers points. Il a ainsi conservé la place de leader jusqu’au passage de Samuel Kolega, troisième à Madonna l’hiver dernier et quatrième à s’élancer ce dimanche.
En bas de cette deuxième manche, Aihara était une fois de plus intenable. C’est même là que son véritable show a commencé. Le skieur nippon, qui vit six mois par an en Autriche, a longuement communié avec le public et savouré son passage sur le hot seat. Chaque fois qu’un coureur arrivait derrière lui, il jouait avec la caméra, dansait ou faisait encore le pitre, cela sous les hourras d’un public totalement conquis par sa fraîcheur.
Shiro Aihara a lui-même demandé à prendre le micro pour adresser quelques mots à la foule. L’expert de la chaîne Eurosport, Gauthier de Tessières, a précisé qu’en bon Japonais, il avait également demandé l’autorisation avant de pouvoir s'installer sur le siège de leader.
Bref, pas étonnant qu'à sa sortie du stade, Aihara, fidèle à sa bonne humeur, ait été pris d’assaut par les fans venus le féliciter et réclamer un autographe. Nul doute qu’il se souviendra longtemps d’Adelboden, et qu’Adelboden, qui avait vu un Japonais, Chiharu Igaya, remporter la toute première course bernoise il y a 70 ans, se souviendra un peu de lui aussi.
