Les Russes se rebiffent contre le ski mondial
La position du Comité international olympique (CIO) est claire: pour les Jeux olympiques de Milan-Cortina, cet hiver, il revient aux Fédérations internationales (FI) de décider du sort des athlètes russes.
Résultat: le monde du sport se fracture.
Alors que la Fédération internationale de patinage (ISU) autorise, sous conditions, les athlètes russes à se qualifier sous bannière neutre, la Fédération internationale de ski (FIS), elle, a récemment voté contre, lors de son Conseil tenu en marge de l’ouverture de la Coupe du monde de ski alpin. Une décision motivée par le scandale de dopage d'Etat russe en 2014 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Le président de l'instance, Johan Eliasch, militait pourtant pour une réintégration. Après s’être dit favorable, en janvier dernier, à un retour des skieurs russes dans des conditions similaires à celles prévues pour les JO de Paris 2024, il a adressé, peu avant le vote du Conseil, une lettre à toutes les fédérations membres, dans laquelle il écrivait:
Cette position de la FIS, refusant la participation des athlètes russes aux qualifications olympiques, a suscité des réactions quasi instantanées en Russie.
Selon un communiqué du Tribunal arbitral du sport (TAS), publié jeudi dernier, la Fédération russe de ski (RSA), le Comité paralympique russe (RPC) ainsi que douze athlètes, dont la géantiste Ekaterina Tkachenko, 18e à Sölden en 2020, ont déposé un recours contre cette décision, dans l’espoir d’un dénouement similaire à celui obtenu par les lugeurs.
Fin octobre, le TAS a en effet annulé l’exclusion totale des athlètes russes prononcée par la Fédération internationale de luge (FIL). Cet évincement était justifié par des raisons de sécurité, notamment un «risque d’incidents causés par le public ou par d’autres athlètes».
Il pourrait donc y avoir des lugeurs russes sous bannière neutre en février prochain sur la nouvelle piste de Cortina d'Ampezzo, récemment homologuée temporairement. Et qui sait, des skieurs, aussi, de Val di Fiemme à Bormio, en passant par la célèbre Olimpia delle Tofane. A condition toutefois qu’ils remplissent les critères imposés par le CIO pour les athlètes neutres (AIN). Des exigences que le Tribunal arbitral du sport appliquera sans compromis.
En parallèle de sa décision concernant la Fédération internationale de luge, il a déjà rejeté les demandes de réintégration de certains lugeurs, ainsi que de la patineuse Daria Kachanova, exclue par l'ISU en raison de son affiliation au CSKA Moscou, un club proche du pouvoir.
Les athlètes russes devront donc à coup sûr montrer patte blanche pour participer aux JO.
