Sport
Football

Barça-Lyon, le sommet du football féminin européen en finale

La finale de la Champions League féminine aura lieu ce samedi 23 mai 2026 et verra s'affronter Barcelone contre Lyon.
La finale de la Champions League féminine aura lieu ce samedi 23 mai 2026 et verra s'affronter le Barça d'Alexia Putellas et Lyon d'Ada Hegerberg, deux Ballons d'or.watson

«Cette finale sera incroyable!»: Barça-Lyon fait rêver les fans

La finale de la Ligue des champions féminine entre Barcelone et OL Lyonnes ce samedi 23 mai à 18h s'annonce très disputée. L'analyse de Marta Peiro Gimenez, directrice sportive du Servette FC Chênois avant ce choc au sommet.
23.05.2026, 12:0923.05.2026, 13:57

Entre l'équipe la plus titrée de la Ligue des champions féminine (Lyon) et celle qui détient le record de participation ininterrompue à la finale (FC Barcelone), le choc s'annonce grandiose ce samedi soir (18h00) à Oslo. Qui d'Ada Hegerberg ou d'Alexia Putellas marquera de son empreinte cette finale et ramènera le trophée? Marta Peiro Gimenez, directrice sportive du Servette FC Chênois, nous donne son avis sur le match et sur l'évolution du football féminin.

Marta Peiro Gimenez, vous êtes Espagnole, directrice technique de Servette Chênois, ancienne joueuse du club, et vous connaissez très bien le football féminin espagnol pour avoir joué à Valence. J'imagine que vous allez regarder cette finale avec attention?
Tout à fait, mais à la télévision cette fois. L'année dernière, j'étais à Lisbonne pour voir la finale entre Barcelone et Arsenal, mais cette année, je ne peux pas me déplacer en Norvège car nous préparons la double finale des play-offs avec Servette qui aura lieu lundi 25 mai et le vendredi 29 mai.

«De manière générale, c'est un match qui est hyper attirant pour les fans de football et pas seulement de football féminin»

Ceux qui aiment le foot comprendront que voir Lyon et Barcelone en finale de la Champions, c'est fantastique.

Lyon's German striker #29 Jule Brand (R) celebrates after scoring her team's first goal during the women's UEFA Champions League first-leg semi-final football match between Arsenal and  ...
Jule Brand, nouvelle recrue lyonnaise, célèbre son but en demi-finale de la Ligue des Champions face à Arsenal, détenteur du titre. Image: AFP

L'Olympique Lyonnais, devenu récemment l'OL Lyonnes, est le club le plus titré d'Europe avec à son actif huit Champions League et le Barça va disputer sa quatrième finale d'affilée après avoir tout remporté en Espagne. Peut-on dire que ce sont les deux meilleurs clubs d'Europe?
Je dirais que Lyon a marqué de son empreinte le football féminin pendant plus d'une décennie.

«Historiquement, l'OL Lyonnes figure dans le top 2 mondial»
Marta Peiro, directrice sportive de Servette Chênois
Marta Peiro, directrice sportive du Servette FC ChênoisServettefc.ch

Le club français a su développer non seulement l'aspect physique de ses joueuses, mais aussi la technique. Leur centre de formation est une référence en Europe, et il a marqué une époque, c'est indéniable. Du côté de Barcelone, on voit que le club maintient la ligne qu'il a depuis cinq ans, c'est-à-dire conserver l'essence de la Masia (centre de formation du club) qui est le jeu de possession tout en intégrant le côté physique. Les deux équipes se valent, mais on eu un développement différent ces dernières années, Barcelone se maintient au top niveau et Lyon est passé par une période de transition récemment, mais a su recruter intelligemment.

Cette finale sera-t-elle serrée, selon vous?
Cette finale sera incroyable. Elle aura beaucoup de qualité, car on verra l'évolution du football féminin et surtout ce qui se fait de mieux dans ce domaine. Concernant le résultat, je ne m'attends pas à une domination nette d'une seule équipe, je pense que c'est 50/50.

«Il y a plusieurs années, nous voyions des finales remportées 5-0 à cause de la différence de niveau des clubs, mais ces dernières années, ce n'est plus le cas»

Après le 1-0 d'Arsenal contre Barcelone l'année passée, je pense qu'on aura encore un résultat serré entre Barcelone et Lyon.

Quelles joueuses faudra-t-il garder à l'œil durant cette finale de Champions league?
Alors ça! Regardez les deux effectifs, c'est incroyable. Du côté de Lyon, l'attaquante Marie Antoinette Katoto peut faire la différence et Melche Dumornay, qui est la meilleure joueuse de l'Arkema Première Ligue. Vous avez aussi Lily Yohannes, Engen et Becho. D'autres joueuses comme Wendy Renard seront la clef au niveau défensif.

Lyonnes' French forward Marie-Antoinette Katoto (C) fights for the ball with Paris-Saint-Germain's Dutch midfielder Jackie Groenen (L) and Paris-Saint-Germain's French defender Tara Eli ...
Marie-Antoinette Katoto dans ses oeuvres face au PSGImage: AFP

Wendy Renard joue à Lyon depuis 20 ans et elle a 35 ans, c'est encore une joueuse clef selon vous?
Sans aucun doute. Wendy Renard est une grande joueuse, de part sa taille, son sens de la coordination, du point de vue tactique et c'est la leader du groupe. Elle reste encore très déterminante dans un match.

Et du côté de Barcelone, qui faudra-t-il observer attentivement durant cette finale?
Tout le monde (rires). De la défenseuse Ona Batlle, au milieu Patri Guijaro, Alexia Putellas bien entendu et Aitana Bonmati, pour finir en attaque avec Ewa Pajor et Claudia Pina. Ce ne sont pas seulement les individualités, mais un groupe très solide.

«Je pense que dans cette finale, on remarquera la qualité de jeu global des deux équipes et non les individualités»

Vous avez dit que les résultats devenaient de plus en plus serrés, ce qui reflète des différences de niveaux moins marquées. De quelle manière ont évolué les grandes équipes féminines des dernières années?
Les équipes se sont professionnalisées à tous les niveaux. Médiatiquement, la couverture est meilleure, l'intérêt du public a augmenté et les joueuses sont devenues professionnelles. Les clubs se donnent les moyens et leur donnent des moyens pour être professionnelles. Je vois que les conditions de travail se sont améliorées et le produit, car le foot, c'est aussi un produit, se vend mieux aujourd'hui.

«A l'échelle de la Champions League féminine, on ne se pose plus la question de remplir les stades ou de diffuser les matchs»

Ce sont des événements attendus.

Est-ce qu'on doit encore trouver des arguments pour regarder une finale de Champions League de foot féminin aujourd'hui?
Je ne pense pas. Une telle finale peut intéresser tout amateur de football, comme je vous l'ai dit, je ne fais pas de distinction entre le foot masculin et féminin. Les personnes qui aiment ce sport ne devraient pas faire de différence.

«Aujourd'hui, c'est plus difficile de trouver un fan de football qui ne connaît pas Alexia Putellas que l'inverse»

Le football féminin est devenu un produit médiatisé, je ne cherche pas à convaincre le public de regarder cette finale, car une affiche pareille suffit à elle-même, surtout pour celles et ceux qui aiment ce sport.

Quels ont été les moments charnières du football féminin ces dernières années, selon vous?
Je pense qu'il y deux moments importants pour le football féminin qui ont marqué ces dix dernières années. Tout d'abord, la professionnalisation de l'équipe féminine de Barcelone. On se souvient que tout le monde est tombé amoureux du Barça de Guardiola, du fameux football de possession, du football collectif et l'équipe féminine de Barcelone a su reproduire ce style de jeu et créé ce beau football que le public adore. Ensuite, sans aucun doute, l'Euro qui a été organisé en Angleterre en 2022. On a vu des équipes nationales de haut niveau qui étaient préparées pour l'événement et qui ont proposé des matchs à enjeu de très bonne qualité. Le public était aussi au rendez-vous, son engouement était exceptionnel, sans parler de l'intérêt médiatique. Je pense que ce sont les deux moments clefs du foot féminin en Europe.

En tant que directrice sportive de Servette Chenois, que pouvez-vous dire du développement du football féminin en Suisse?
Ici il y a une barrière culturelle très importante concernant le football en général, qu'il soit masculin ou féminin. Je pense que le football attire beaucoup moins de public et de pratiquants en Suisse qu'en Espagne, en France, en Italie ou en Angleterre. La réalité, c'est que si je prends l'Espagne d'où je viens, le foot est partout, qu'il soit pratiqué par les hommes ou les femmes, c'est un sport social, on aime jouer ensemble, être en famille, aller voir les matchs, ce qui est peu le cas en Suisse. De plus, si on pense à l'investissement financier, il y a encore beaucoup à faire en Suisse, dans le football féminin, bien entendu, mais aussi masculin. Il faut aussi penser au foot comme un produit dans lequel on investit et dont le potentiel est important, mais avec cette barrière culturelle, cela peut prendre du temps à développer.

Pensez-vous qu'une équipe féminine suisse ou l'équipe nationale doit gagner un titre majeur pour que le football féminin se développe?
Je ne pense pas que cela soit la seule réponse. En Espagne ou en Angleterre, par exemple, nous avons la culture du football, des grands clubs, de l'histoire de ce sport. Il y a des touristes qui viennent visiter des stades et ce n'est pas le cas en Suisse.

«Je pense que le boom du foot féminin en Europe s'est développé sur la culture déjà ancrée des équipes masculines»

Dès qu'on a vu des équipes féminines avoir de bons résultats et qu'on a remarqué le potentiel financier et médiatique de ce sport, elles ont pu se développer sur le même schéma que les équipes masculines qui étaient déjà en place. En Suisse, il faut développer la culture du foot en général, investir, attirer le public, etc. Dans l'idéal, il faudrait que les Suisse s'achètent un maillot de joueur ou joueuse suisse au lieu de porter celui du Barça ou d'Arsenal. C'est seulement à ce moment que l'on pourra parler de développement du football féminin. Mais je ne veux pas peindre un tableau trop négatif, je peux vous dire qu'il y a une amélioration.

De par votre statut, devez-vous encore convaincre les gens de s'intéresser au football féminin?
Oui, toujours. Il y a une barrière culturelle si on parle de ceux qui n'ont pas l'habitude de regarder ou de pratiquer le football, mais aussi une question de sexisme, car ce sport est encore constamment perçu comme un sport d'hommes.

«Il faut avoir de l'énergie et donner beaucoup d'explications sur le foot féminin pour attirer l'attention»

Est-ce que vos joueuses vont regarder la finale de la Champions League ce samedi?
Oui, la plupart bien entendu, mais depuis chez elles. Il y a quelques semaines, certaines joueuses de Servette ont même fait le déplacement à Lyon pour la demi-finale de la Champions. C'est une évidence.

Et dans votre effectif, y a-t-il une préférence pour le match de samedi?
On a des joueuses espagnoles qui soutiennent le Barça mais aussi françaises qui aiment Lyon, franchement, c'est 50/50. Aussi partagé que le pronostic pour cette finale!

Sur quelle chaîne voir le match?
Pour ceux qui se demandent sur quelle chaîne sera diffusée la finale Barcelone OL Lyonnes, vous la retrouverez sur le site de la RTS et sur Disney+ qui est le diffuseur officiel.
Plus d'articles sur le sport
Un mythe de l'Histoire suisse a été président du Stade Lausanne Ouchy
Un mythe de l'Histoire suisse a été président du Stade Lausanne Ouchy
de Yoann Graber
Ces fans du Stade Lausanne Ouchy vivront une finale très particulière
Ces fans du Stade Lausanne Ouchy vivront une finale très particulière
de Yoann Graber
Un autre talent suisse explose en toute discrétion à Fribourg
Un autre talent suisse explose en toute discrétion à Fribourg
de Romuald Cachod
Le speaker du SLO va vivre une situation cocasse en finale de Coupe
Le speaker du SLO va vivre une situation cocasse en finale de Coupe
de Yoann Graber
La non-sélection d’Alvyn Sanches expose la Nati à un risque
La non-sélection d’Alvyn Sanches expose la Nati à un risque
de Céline Feller
Pourquoi le prince William est un grand fan d'Aston Villa
Pourquoi le prince William est un grand fan d'Aston Villa
de Yoann Graber
La finale 2025 avait eu un effet inattendu sur le FC Bienne
La finale 2025 avait eu un effet inattendu sur le FC Bienne
de Julien Caloz
Tout le monde s’arrache le joyau romand de la Nati
Tout le monde s’arrache le joyau romand de la Nati
de Claudia Carvalho
Un voisin a changé la vie de cet arbitre suisse
Un voisin a changé la vie de cet arbitre suisse
de Julien Caloz
Pourquoi les gamers se ruent sur le FC Vaduz
Pourquoi les gamers se ruent sur le FC Vaduz
de Romuald Cachod
Ce politicien suisse n'aurait pas dû parier sur les JO
Ce politicien suisse n'aurait pas dû parier sur les JO
de Rainer Sommerhalder
Yakin raconte comment il a raté un Mondial à cause d'un coiffeur
Yakin raconte comment il a raté un Mondial à cause d'un coiffeur
de François Schmid-Bechtel, Sebastian Wendel
La fillette «oubliée» au tournoi de Rome tient sa revanche
La fillette «oubliée» au tournoi de Rome tient sa revanche
Neymar craque à cause d'un malentendu lunaire
Neymar craque à cause d'un malentendu lunaire
La Fifa augmente ses primes, mais l’injustice persiste pour la Nati
La Fifa augmente ses primes, mais l’injustice persiste pour la Nati
de Sebastian Wendel
Grasshopper est au cœur d'un immense scandale sportif
Grasshopper est au cœur d'un immense scandale sportif
de Sebastian Wendel
Mondial 2026: trois stars romandes écartées par Murat Yakin
Mondial 2026: trois stars romandes écartées par Murat Yakin
Cette légende du foot a reçu l'honneur suprême de la part des rivaux
Cette légende du foot a reçu l'honneur suprême de la part des rivaux
de Yoann Graber
La Nati a une faiblesse par rapport au dernier Mondial
La Nati a une faiblesse par rapport au dernier Mondial
de Klaus Zaugg
Pourquoi les attentes autour de la Nati peuvent devenir dangereuses
Pourquoi les attentes autour de la Nati peuvent devenir dangereuses
de Etienne Wuillemin
Une scène surréaliste s'est produite au tournoi de Rome
Une scène surréaliste s'est produite au tournoi de Rome
de Julien Caloz
«Winti», tu vas nous manquer
«Winti», tu vas nous manquer
de Timo Rizzi
Manuel Akanji n'est pas un joueur comme les autres
Manuel Akanji n'est pas un joueur comme les autres
de Julien Caloz
Ces produits dangereux piègent les jeunes sportifs suisses
Ces produits dangereux piègent les jeunes sportifs suisses
de Simon haring
La Nati de hockey doit régler la question des primes
La Nati de hockey doit régler la question des primes
de Klaus Zaugg
25 sosies repérés dans le public des matchs de hockey
1 / 27
25 sosies repérés dans le public des matchs de hockey
source: reddit
partager sur Facebookpartager sur X
Le nouveau tram lausannois a vécu sa «première fois»
Video: extern / rest
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
Le tennisman le plus fantasque a encore frappé à Genève
Alexander Bublik a été l'acteur d'une scène aussi drôle que rafraîchissante, jeudi soir au Geneva Open.
Il se passe toujours quelque chose d'insolite dans les matchs d'Alexander Bublik, certainement le tennisman le plus fantasque du circuit. Le Kazakh de 28 ans tente des coups improbables, a des interactions lunaires avec les arbitres ou des spectateurs, ou passe de la colère au fou rire en un claquement doigt.
L’article