C’est au stade olympique de Berlin, une enceinte chargée d’histoire, que la Roja et les Three Lions ont croisé le fer dimanche dans l’espoir de succéder à l’Italie, championne d’Europe il y a trois ans. Beaucoup avant le début de cette finale souhaitaient voir l’Espagne remporter l’Euro et devenir ainsi la nation la plus titrée dans cette compétition, devant l’Allemagne. Il faut dire qu’elle a affiché le jeu le plus séduisant parmi les 24 équipes participantes, et qu’à l’inverse, l’Angleterre a multiplié les purges.
Une victoire britannique pouvait néanmoins nous permettre de dire que la Suisse a été éliminée par le champion. Et surtout, «It’s Coming Home, Football's Coming Home» allait peut-être enfin cesser de résonner dans nos têtes. Les paroles - tirées du titre Three Lions de Baddiel, Skinner et The Lightning Seeds - accompagnent depuis 1996 les tournois de l’Angleterre. La chanson, entrainante, met en avant les échecs successifs des Three Lions dans la pure tradition de l’humour anglais.
Comme attendu, l’Espagne a mis le pied sur le ballon dès les premières minutes du match. Les offensives sont passées par le flanc gauche, celui de l’intenable Nico Williams, particulièrement incisif en début de partie. L’Angleterre s’est réveillée au quart d’heure de jeu et a inquiété l’Espagne, grâce notamment aux percées de Saka côté droit.
Cette finale restait néanmoins fermée comme l'on pouvait s’y attendre. La Roja a néanmoins poursuivi sur sa lancée et aurait pu obtenir un pénalty. Laporte a en effet été ceinturé par les deux bras de Declan Rice sur corner (35e). Les Espagnols n'ont finalement eu aucune occasion franche et ce sont bien les Anglais qui auraient pu ouvrir la marque dans le temps additionnel.
La deuxième mi-temps a démarré sur les chapeaux de roue puisque l’inévitable Nico Williams a inscrit à la 47e minute son 4e but en 20 sélections avec l'Espagne. Dani Olmo n’était pas loin de doubler la mise dans la foulée. Sa frappe frôlait le poteau gauche de Pickford. L’Espagne a poussé et un tir surpuissant à ras de terre de Nico Williams, encore lui, approchait l’autre montant.
Menés au score, les Three Lions ont cherché à égaliser en s’appuyant sur le talent de Jude Bellingham. Il se procurait lui même une action, mais sa frappe à l’extérieur de la surface fuyait le cadre (64e). La Roja poursuivait ses assauts et Yamal demandait à Pickford de se détendre. Un meilleur contrôle aurait sans doute amené un nouveau but. Nous étions décidément plus proche du 2-0 que de l’égalisation.
Alors que Yamal aurait pu regretter ce qui s'apparentait à une balle de match, Mikel Oyarzabal a redonné l’avantage à l’Espagne à la 86e minute. Il a trompé à bout portant Pickford après avoir reçu un centre de Cucurella. Les hommes de Southgate ont eu une dernière possibilité avant que ne débute le temps additionnel. Rice par deux fois puis Guéhi ont manqué de réussite sur leurs têtes. La défense ibérique n'était pas loin de céder.
La Roja bat donc l’Angleterre 2-1 et remporte son quatrième Euro après ceux de 1964, 2008 et 2012. Personne n’avait réussi cette performance auparavant. L’Allemagne se contente de trois titres européens, alors que la France et l’Italie n’en ont que deux. Nacho, Carvajal et Joselu ont également marqué l’histoire ce dimanche à Berlin. Ils font désormais partie des rares joueurs à avoir gagné la même année l’Euro et la Ligue des champions avec un club de leur pays, en l’occurence le Real Madrid. Seuls cinq hommes y étaient arrivés par le passé: Koeman, van Breukelen, Vanenburg, van Aerle et Kift, tous en 1988 avec les Pays-Bas et le PSV Eindhoven. Les Espagnols peuvent célébrer un succès amplement mérité. Les Anglais, eux, devront encore patienter. 58 ans qu'ils rêvent d'un nouveau trophée.
(roc)
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