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Les footballeurs de Leeds avaient des maillots d'échauffement hostiles au projet de Super Ligue européenne lundi.
Les footballeurs de Leeds avaient des maillots d'échauffement hostiles au projet de Super Ligue européenne lundi.Image: keystone

10 occases où les sportifs ont porté leur cause, au propre et au figuré

Maillots, t-shirts, bracelets, chaussettes, banderoles: nombreux sont les athlètes professionnels à utiliser le textile pour faire passer un message politique. Florilège.
22.04.2021, 13:3922.04.2021, 15:28
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Le projet de création de Super Ligue par douze clubs de football européens prestigieux a été un fiasco total cette semaine. Supporters, entraîneurs et joueurs des équipes concernées sont montés aux barricades pour exprimer leur désaccord avec cette initiative. Tout comme certains adversaires. Lundi soir, avant de recevoir Liverpool (l'un des douze sécessionnistes), les joueurs de Leeds ont porté des t-shirts durant l'échauffement avec des messages à l'intention des Reds: «Le football est pour les supporters» et «La Ligue des Champions: méritez-la».

Les t-shirts d'échauffement des joueurs de Leeds avec le message à l'intention de leurs adversaires de Liverpool.
Les t-shirts d'échauffement des joueurs de Leeds avec le message à l'intention de leurs adversaires de Liverpool. image: keystone

Cadix a fait de même face au Real Madrid, lui aussi dissident, mercredi soir. L'occasion de revenir sur dix cas où des sportifs professionnels ont utilisé le textile pour faire passer leur message.

La Norvège et l'Allemagne dénoncent les chantiers qataris

Le mois dernier, les footballeurs norvégiens et allemands ont dénoncé les conditions de travail déplorables sur les chantiers du Mondial 2022 au Qatar. Avant leurs matchs de qualifications pour cette Coupe du monde, les joueurs ont arboré sur le terrain des t-shirts en faveur du respect des droits de l'Homme. On pouvait y lire leur traduction anglaise «Human rights». Une enquête du quotidien britannique The Guardian a révélé que 6500 ouvriers sont morts depuis 2010 en construisant les sites du Mondial qatari.

Vague verte sur l'Iran

En juin 2009, le peuple iranien gronde dans la rue. Nombreux sont ceux qui portent du vert, symbole de contestation. Ils soutiennent le candidat malheureux à l'élection présidentielle, Mir Hossein Moussavi, opposant du président sortant Mahmoud Ahmadinejad. La réélection de ce dernier est en effet entachée de fraudes présumées.

Le 17 juin à Séoul, six footballeurs de la sélection iranienne se démarquent. Lors d'un match de qualification au Mondial 2010 contre la Corée du Sud, ils portent des brassards et des bracelets verts, pour manifester eux aussi leur fibre anti-Ahmadinejad. Quatre d'entre eux avaient ensuite été menacés par la fédération iranienne de ne jamais rejouer en équipe nationale après cet épisode, dont la star et ex-joueur du Bayern Munich, Ali Karimi...

Des soutiens au mouvement LGBT

Plusieurs championnats européens de football organisent des actions en faveur des droits LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). C'est le cas par exemple en Angleterre, où les clubs de Premier League changent temporairement les couleurs traditionnelles de leur logo en les remplaçant par celles de l'arc-en-ciel, symbole des minorités sexuelles. Les capitaines d'équipe portent aussi des brassards avec ces couleurs symboliques.

En 2015, le Rayo Vallecano, club espagnol qui évolue alors en première division, joue toute une saison avec un deuxième maillot arborant une large bande arc-en-ciel. Le club de la banlieue madrilène est réputé pour son positionnement très progressiste et ses valeurs de gauche. C'est le cas aussi du FC Sankt-Pauli, en Allemagne. La formation hambourgeoise a aussi évolué plusieurs fois avec un chandail arc-en-ciel

Les basketteurs des Los Angeles Clippers s'opposent à leur proprio raciste

En 2014, le propriétaire de l'équipe de National Basketball Association (NBA) des Los Angeles Clippers, Donald Sterling, crée un scandale. Des enregistrements sont diffusés, dans lesquels on entend le richissime octogénaire demander à sa petite amie de ne pas inviter de personnes noires dans les tribunes, ni de s'afficher publiquement avec. Par le passé, Sterling avait été condamné à deux reprises pour avoir refusé de louer des appartements à des Noirs ou à des Latinos.

L'action coup de poing des joueurs des Clippers

Un comportement bien évidemment condamnable et paradoxal pour un homme dont l'équipe est composée en majorité de basketteurs Afro-Américains. Les joueurs californiens ont osé manifester directement contre leur boss lors d'un match de playoffs 2014. Avant leur duel contre les Golden State Warriors, les basketteurs des Clippers ont jeté au sol leurs habits d'échauffement sur lesquels était inscrit le nom du club. Ils se sont échauffés avec des t-shirts rouges sans la moindre inscription. Durant la partie, ils ont porté des bracelets et des chaussettes noirs.

La NBA défend les droits des Afro-Américains

Le 25 mai, c'est l'effroi aux Etats-Unis. Puis dans le monde entier, qui découvre le meurtre sauvage de l'Afro-Américain George Floyd durant un simple contrôle de police. Cet homme de 46 ans est décédé asphyxié sous le genou d'un policier, à Minneapolis dans le Minnesota. Le monde du sport va abondamment dénoncer cette bavure policière et les violences racistes dans leur ensemble. Nombreux sont les sportifs professionnels qui s'agenouillent symboliquement, de la même manière que Floyd a été assassiné, avant les matchs.

La National Basketball Association (NBA), célèbre ligue de basketball américaine, a été particulièrement active dans ce mouvement de dénonciation. Dès sa reprise post-confinement en juillet 2020, elle a autorisé les joueurs à remplacer leur nom sur le maillot par des slogans en faveur du «Black Lives Matter». Nombreux sont les basketteurs américains à avoir opté pour cette option. C'est notamment le cas du joueur des Los Angeles Lakers Alex Caruso (photo ci-dessus).

Les masques de Naomi Osaka

Naomi Osaka avec un masque au nom de Philando Castile, un Afro-Américain abattu par la police dans le Minnesota en 2016.
Naomi Osaka avec un masque au nom de Philando Castile, un Afro-Américain abattu par la police dans le Minnesota en 2016. Image: keystone

Toujours dans la lignée du mouvement «Black Lives Matter», Naomi Osaka a profité de la pandémie de coronavirus pour faire passer un message. Dans l'obligation – comme tous les autres participants – de porter un masque anti-Covid-19 lors de l'US Open 2020, la tenniswoman japonaise est apparue sur le court avec un tissu différent pour chaque match. Sept masques au total durant le tournoi – qu'elle a remporté – avec, à chaque fois, le nom d'une victime noire de la police ou de violences racistes présumées aux États-Unis.

Un maillot républicain de la Roja

La monarchie espagnole reste contestée à l'intérieur du pays. Une frange de la population aimerait un retour à la République et ses valeurs de gauche, balayée par le général Franco lors de la guerre civile (1936-1939). Juan Manuel Olmo et Eduardo Garrido font partie des républicains nostalgiques, hostiles à la royauté. En 2010, les deux hommes, alors trentenaires, ont une idée: reproduire le maillot de la sélection espagnole, championne du monde, avec la couleur symbolique de la République espagnole, soit le violet. Ils mettent à exécution leur plan et vendent leurs premiers chandails de la Roja en 2011, sur lesquels le rouge traditionnel et les armoiries de la monarchie ont disparu.

Les messages pro-démocratie de Sócrates et des Corinthians

S'il faut associer un sportif à la contestation politique, il s'agit certainement de Sócrates. L'élégant milieu de terrain brésilien et médecin de profession s'est toujours battu, avec son club des Corinthians, pour la démocratie. Et ce en pleine dictature militaire au Brésil (1964-1985). Sócrates et ses coéquipiers ont associé les actes à la parole. Sous leur impulsion, les Corinthians sont devenus un modèle d'autogestion, où les décisions étaient prises démocratiquement par vote et les revenus répartis équitablement. Tout le contraire de ce qui se déroulait dans le pays au même moment. Comme actions coup de poing des footballeurs de São Paulo, on peut mentionner leur port de maillots avec les slogans «démocratie» ou «Dia 15, vote».

Ce message encourageait les citoyens à voter pour la première élection au suffrage universel du gouverneur de São Paulo en 1982. Une année plus tard, Sócrates et les autres joueurs des Corinthians déroulent une banderole explicite lors d'un derby contre le São Paulo FC: «Gagner ou perdre, mais toujours avec démocratie».

Une Suisse pas si neutre

On ne reverrait certainement plus cette scène aujourd'hui, où le football professionnel, et surtout international, a été lissé au possible niveau communication et dans lequel les messages politiques ne sont pas du tout appréciés. Le 6 septembre 1995, ce sont les footballeurs de la si habituellement neutre Suisse qui sortent de leur réserve. Avant leur match de qualifs pour l'Euro 96 contre la Suède à Göteborg, ils déploient au moment de l'hymne national une banderole «Stop it Chirac». Elle incite le président français Jacques Chirac, qui vient de débarquer à l'Elysée, à arrêter les essais nucléaires dans le Pacifique. Les images font le tour du monde. Au sein de l'équipe, l'action menée par le fougueux Alain Sutter ne fait pas l'unanimité. Le capitaine Alain Geiger, qui y est défavorable, regrettera après le match de n'avoir pas été consulté dans la décision.

Combat pour la Corée

Son Ki-Jeong a remporté haut la main le marathon des Jeux olympiques de 1936 à Berlin. Il représente officiellement le Japon – sous le nom de Son Kitei – mais il est Coréen. Son pays est occupé depuis 1910 par l'empire japonais et l'administration nippone y pratique une véritable démolition de la culture locale. Alors, sur le podium, au moment de célébrer son sacre, il cache avec un petit chêne le drapeau japonais sur ses habits. Tout en baissant les yeux pendant l’hymne nippon, comme son compatriote Nam Sung-yong, troisième, lui aussi forcé de courir pour le Japon. Son Ki-Jeong est devenu une figure de la résistance coréenne à l'occupation japonaise.

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source: keystone / gabriel monnet
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