Arbitre suisse voyeuriste: elles sont furax contre la sanction
Ce lundi, un ancien arbitre suisse de Super League, également ex-dirigeant du club d'Altach en Autriche, a été condamné par un tribunal autrichien.
A Altach, dans l'ouest de l'Autriche, près de la frontière suisse, il a filmé ces footballeuses à leur insu dans les vestiaires et les douches, à l’aide de caméras dissimulées. L'Helvète a écopé de sept mois de prison avec sursis, d’une amende de 1 100 francs suisses et il devra aussi verser 600 francs à chaque joueuse à titre de réparation pour tort moral.
Des joueuses s’expriment désormais sur Instagram au sujet de ces faits. Eleni Rittmann et Ana Maria Markovic ont chacune publié une vidéo sur les réseaux sociaux. Rittmann explique qu’elle a longuement hésité à s’exprimer publiquement. Elle a finalement décidé de le faire, estimant que le jugement rendu contre son ancien dirigeant était injuste, raison pour laquelle elle souhaite utiliser sa portée sur les réseaux sociaux.
Rittmann évoluait au SCR Altach lors de la saison 2023/24. Elle ne sait pas si elle apparaît sur les vidéos volées, mais elle part du principe que oui. Elle n’a pas assisté au procès. Dans sa vidéo, elle pose la question rhétorique: «Est-ce que cette sanction est suffisante?» Elle y répond elle-même:
La vidéo d'Eleni Rittmann
La joueuse de 25 ans évolue désormais au Thonon Evian Grand Genève FC et compte 203 000 abonnés sur Instagram. Quand elle a eu vent de ce qu'il s'est passé à Altach, la Saint-Galloise a eu ce réflexe dans son nouveau club français:
La défenseure précise que le vestiaire est pour elle un lieu de rencontre entre coéquipières. C’est là que sont abordés des sujets privés, car les joueuses grandissent ensemble comme une petite famille.
Elle affirme que de telles situations se produisent trop souvent dans le football féminin et qu’elles sont parfois étouffées.
En conclusion, elle se dit «sans voix» devant cette affaire et se demande ce qu’il faut faire pour protéger les joueuses et les femmes contre de telles expériences.
Ana Maria Markovic, qui joue au Brooklyn FC aux Etats-Unis, s’est également exprimée au sujet de l’affaire. Contrairement à Rittmann, elle n’a jamais évolué à Altach, où les faits se sont produits. Mais la Croate, qui a grandi en Suisse, a souhaité s'exprimer sur le sujet et emploie des termes similaires à ceux d'Eleni Rittmann.
Elle déclare, dans sa vidéo, que le vestiaire est un lieu où les footballeuses se sentent à l’aise, tout en étant vulnérables.
La vidéo d'Ana Maria Markovic
Car un vestiaire, c'est à la fois leur quotidien, leur lieu de travail et une seconde maison. L'ex-attaquante de GC souligne également que de tels incidents se produisent trop souvent dans le football féminin. Elle aussi affirme que cette affaire a été un choc et qu’elle juge la sentence inappropriée.
Des traces psychologiques
L’annonce de l’existence des caméras dissimulées aurait laissé des traces chez les joueuses d'Altach. Elles auraient inspecté leurs vestiaires actuels à la recherche de caméras et se sentiraient en insécurité dans les salles de sport publiques.
(nib/yog)
