Le duel des gardiens décidera de la finale Davos-Gottéron
Vous vous souvenez de Dino Stecher? Il a été l’un des meilleurs gardiens de son époque, sans toutefois parvenir à s’imposer comme numéro un en équipe nationale. Il a aussi été désigné comme responsable des trois défaites de Gottéron en finale au début des années 90 (1992, 1993 et 1994). Stecher était jugé trop fragile mentalement.
Sandro Aeschlimann est également l’un des meilleurs gardiens de son époque, la nôtre, et il n’a jusqu'ici jamais été numéro un en équipe nationale. Il a certes joué un rôle déterminant dans la renaissance du HC Davos. Mais il n’a pas encore l’envergure d’un champion.
Lors des phases décisives contre Zoug et les ZSC Lions aux tours précédents, il a bien évidemment réussi à plusieurs reprises le test du champion. Mais le véritable examen débute désormais, et il l’a mal entamé. A-t-il concédé un but évitable, ce samedi lors du premier acte de la finale? Non. Mais Reto Berra n’aurait probablement pas encaissé deux des trois réalisations qu'il a concédées.
A propos de Gottéron, maintenant. Cette victoire permet aux Dragons de réaliser un départ historique (le mot n’est pas trop fort). Pour sa cinquième finale, Fribourg a remporté pour la toute première fois le premier match de l'ultime série, qui plus est à l'extérieur. Cette fois, les voiles ont été hissées dès le coup d’envoi. Le vent de la confiance les gonfle désormais, au moins jusqu’à la deuxième rencontre, lundi.
Gottéron a pleinement su saisir sa chance. C’est généralement lors du premier match qu’un outsider a le plus de chances de décrocher une victoire à l’extérieur, absolument indispensable. Il ne manque plus que trois succès à domicile pour conquérir le premier titre de l'histoire du club. La tension est à son comble.
Il faut dès lors faire fi des paroles des experts et de leurs statistiques. Cette finale se jouera avant tout dans la tête. La confiance et le doute sont des facteurs qui n’apparaissent dans aucune statistique, mais ce sont eux qui s'apprêtent à faire la différence. Car aucune des deux équipes ne peut faire pencher la balance par des moyens purement techniques ou tactiques.
Gottéron saura-t-il maîtriser ses nerfs sur sa propre glace? Jamais auparavant les attentes n’avaient été aussi grandes, jamais le niveau d’émotion n’avait été aussi élevé qu’aujourd’hui, à l’aube de ce premier match à domicile. Si l’effervescence autour de l’équipe devient trop forte, si les joueurs ne parviennent pas à se replier et à atteindre une concentration totale, alors ce qui devait être un avantage de jouer à domicile se transformera en désavantage.
Nous arrivons au point qui décidera très certainement de l’issue de ce drame. Au bout de toutes les analyses, c’est toujours le gardien qui fait la différence. Cela a toujours été ainsi, cela l’est encore aujourd’hui et le restera pour l’éternité. Les Fribourgeois sont en mission et, pour la première fois en finale, ils sont soutenus par le meilleur gardien de la ligue. Reto Berra n’a jamais été aussi bon que maintenant. Il a tout pour lui: expérience, talent, confiance et combativité. Il mesure 194 centimètres et pèse près de 100 kilos. Il ferait également bonne figure en défense.
Aucun autre gardien n’est aussi dominant ni ne parvient à s’imposer autant devant ses cages. En ce sens, Davos devra désormais tenter, grâce à un forechecking acharné et tenace, de couper rapidement le jeu de Gottéron, afin de se procurer des occasions nettes que Berra ne pourra pas toutes repousser. C'est la seule façon pour le HCD de vaincre Gottéron.
Si, en revanche, le match se transforme en une partie d’échecs, Gottéron l’emportera. Le langage corporel de Reto Berra lors du premier acte était celui d’un vainqueur, tandis que celui de Sandro Aeschlimann traduisait le doute. Le HC Davos reste bien sûr favori. Mais Berra peut faire en sorte que ce favori soit détrôné. Tout dépend de lui. C’est aussi simple que cela.
