Le coach de Gottéron: «Aucun gardien n'est bon tout seul»
Vous voulez aller de l'avant avec Gottéron, mais revenons tout de même rapidement sur le titre. Les célébrations vous avaient vraiment impressionné...
Oui, c'était incroyable. Ça m'a fait pleurer plusieurs fois quand j'ai vu à quel point c'était important pour les gens d'ici, et ça me motive encore plus que l'année dernière. Je me sens de plus en plus intégré au canton, à la ville, ainsi qu'aux supporters et à la population. Je me sens donc partie prenante, et j'éprouve encore davantage de responsabilités qu'auparavant pour réaliser de grandes choses pour le club.
Est-ce difficile de ne pas trop s'emballer quand on est champion?
Non! Pourquoi ça le serait? Parce que gagner le titre une seule fois en 89 ans d'existence devrait suffire à te rendre heureux? C'est comme si tu mangeais un jour à ta faim et que tu ne devais forcément plus avoir faim le lendemain. On veut lutter avec les meilleurs, on veut gagner chaque année. C'est donc une nouvelle saison qui commence: nous avons d'abord un beau challenge avec la Champions Hockey League (réd: qui débute jeudi), puis viendra le championnat. Allons-y!
Retrouver de la motivation n'a donc constitué un problème pour personne au début de la préparation?
Non. Je pense que la motivation, il faut la trouver soi-même. Trouver un sens plus profond aux choses.
Nous voulons créer un environnement où chaque jour compte, et où nous faisons ce qu'il faut au quotidien. Nous avons discuté de la manière de trouver un sens plus profond à notre présence ici et de nous dépasser chaque jour pour passer de «bon» à «excellent», car il y a beaucoup de choses que nous voulons améliorer au sein du club. Ce n'est pas seulement une question de résultats. Je sais que c'est ce que tout le monde voit de l'extérieur. Mais de l'intérieur, nous avons beaucoup à faire pour mettre en place de meilleures structures.
La pause a été très courte. La reprise de la préparation physique a tout de même dû être plus difficile que l'année dernière...
Non, c'était pareil de ce côté-là. Même si on a gagné le titre, je pense que beaucoup de joueurs veulent faire mieux, car tout n'était pas parfait la saison dernière: nous avons notamment connu beaucoup de blessures. Beaucoup de nos joueurs veulent jouer un rôle plus important au sein de l'équipe et souhaitent continuer à progresser. Ils puisent donc leur motivation au plus profond d'eux-mêmes.
Avez-vous tout de même été étonné qu'aucun joueur n'ait eu besoin d'être poussé au début de la préparation?
Non! Nous avons de bons joueurs avec de belles valeurs. Ils jouent vraiment, vraiment dans l'intérêt supérieur du club. J'ai beaucoup de joueurs expérimentés qui considèrent que leur plus grande responsabilité est d'écrire ce nouveau chapitre pour Gottéron, que c'est une façon de faire partie d'une équipe de gagnants. C'est une manière totalement différente d'instaurer une culture, qui nous permettra de rester dans la course au titre à l'avenir.
Vous avez perdu des piliers de l'équipe comme le capitaine Julien Sprunger, désormais retraité, et le gardien Reto Berra, qui a rejoint Kloten. Peut-on remplacer de telles personnalités?
Non, on ne peut pas remplacer Reto et Julien, qui ont tant compté pour ce club. Mais d'un autre côté, nous entamons désormais un nouveau chapitre et j'apprécie vraiment la composition actuelle de l'équipe. Avec le groupe des capitaines en place, et notamment Andrea (Glauser), le nouveau capitaine, qui sera à sa manière un excellent meneur. Il ne faut surtout pas le comparer à Julien. Ce sont des joueurs et des personnalités totalement différents. Laissons-lui tracer son propre chemin. Laissons aussi Ludovic Waeber tracer le sien en tant que gardien, sans le comparer à Reto.
Mais la pression doit être grande sur les épaules de Ludovic Waeber, plus que pour tout autre joueur...
La pression est un privilège, cela fait partie intégrante du sport professionnel. Et j'adore la pression, car c'est ce qui nous rend meilleurs. Ludo trouvera sa propre voie ici: c'est un garçon sûr de lui. Bien sûr, il doit s'intégrer à notre façon de jouer en défense et apprendre comment les défenseurs évoluent devant lui.
Quel est l'objectif pour cette saison? Confirmer ce titre?
Non. L'objectif reste bien sûr toujours d'enchaîner les victoires. On ne peut pas commencer une saison sans être profondément convaincu qu'on peut l'emporter au final. Mais au-delà de cela, nous voulons passer de «bons» à «excellents» dans notre façon de nous entraîner et dans la manière dont nous créons une ambiance au sein du vestiaire.
Durant la conférence de presse du club, vous avez déclaré ne plus avoir envie de voir la Coupe du champion de Suisse...
Il y a eu beaucoup de célébrations dans le canton, durant tout l'été. Cela a été incroyable de voir à quel point les gens étaient heureux. Mais nous, en tant qu'équipe, joueurs et entraîneurs, nous voulons remporter à nouveau cette Coupe. Nous ne voulons pas la revoir maintenant. Nous ne pouvons pas rester dans le passé et continuer à fêter ça alors que la nouvelle saison a déjà commencé.
