Un match du PSG en Suisse? «Ce n’était pas une option»
D’après les rumeurs des dernières heures, les informations du Daily Mail et la billetterie officielle, le club frontalier de Côme, qui disputera cette saison la Ligue des champions pour la première fois de son histoire, jouera finalement ses rencontres de C1 à domicile dans son antre historique de Giuseppe Sinigaglia.
Cela signifie que les supporters du Paris Saint-Germain, de Manchester United, du RB Leipzig et de l’AEK Athènes auront le privilège de découvrir l’une des enceintes les plus emblématiques du continent européen, en raison de son style rétro et méditerranéen, de sa chaude ambiance et de son ouverture sur le majestueux lac de Côme.
Rien n’était pourtant gagné au printemps dernier, le Stadio Giuseppe Sinigaglia n’étant pas aux normes pour la Ligue des champions. C’est au prix d’un important effort, incluant notamment la construction d’une tribune latérale aux fondations solides, en lieu et place de gradins temporaires, l’agrandissement du terrain, la rénovation des vestiaires et le réaménagement des espaces dédiés aux médias, que Como 1907 a obtenu le feu vert de l’UEFA.
Face à l’ampleur des travaux, qui obligent actuellement Côme à disputer ses trois premiers matchs de Serie A à l’extérieur, le club s’était mis cet été à la recherche d’un stade de repli, pour assurer ses arrières. Les dirigeants lombards s’étaient ainsi tournés vers le Mapei Stadium, où évoluent l'US Sassuolo et l'AC Reggiana. L'arène se situe à Reggio Emilia, soit à près de trois heures de route.
Plusieurs suiveurs se demandaient pourquoi Como 1907 ne se tournait pas plutôt vers la ville frontalière de Lugano qui, depuis le début de la saison, possède avec l’AIL Arena une enceinte flambant neuve et surtout aux normes pour la plus prestigieuse des compétitions de clubs.
Certes, le nouveau stade de Lugano ne compte que 8793 places. Mais Giuseppe Sinigaglia, avec ses 12 000 sièges, n’est guère plus imposant. L’écart est d’autant plus minime que l’enceinte tessinoise compense sa petite taille par la proximité des tribunes avec le terrain. Cela crée une atmosphère de petite arène bouillante.
Les deux stades ne sont par ailleurs distants que de 35 kilomètres, celui de Côme se trouvant même à seulement quatre kilomètres de la frontière. En optant pour Lugano, les dirigeants lombards auraient non seulement offert un court déplacement à leurs supporters, mais ils les auraient aussi amenés dans l’enceinte d’un club avec lequel il n’existe pas de rivalité, puisque les deux équipes n’évoluent pas dans le même championnat.
Il n’y avait pas non plus de problème apparent de calendrier, Lugano jouant ses rencontres de Conference League le jeudi soir, et non le mardi ou le mercredi, comme c’est le cas pour les matchs de Champions League.
Malgré cela, aucune discussion entre les deux clubs n’a eu lieu, comme l’explique à watson Martin Blaser, CEO du FC Lugano. Pour la simple et bonne raison que le règlement interdit une telle mise à disposition. «D’après le règlement des compétitions européennes de clubs, une équipe ne peut jouer ses matchs à domicile que dans un stade situé dans son propre pays.»
Les seules exceptions concernent les rencontres prévues sur des territoires en proie à des conflits armés. Dans ce cas, la délocalisation à l'étranger est obligatoire. C’est ainsi que le club ukrainien du Shakhtar Donetsk disputera cette saison ses rencontres de Ligue des champions à domicile dans l’enceinte londonienne de Chelsea. Ou encore que Lugano et Sion se sont récemment déplacés en Géorgie et en Azerbaïdjan pour affronter les Israéliens du Maccabi Tel Aviv et les Biélorusses du BATE Borisov en phase de qualification de la Conference League.
S’il n’y a pas eu de collaboration entre le FC Lugano et Como sur ce dossier, leur proximité géographique en permet-elle sur d’autres fronts, notamment en ce qui concerne les passerelles entre les jeunes joueurs? «Non», assure catégoriquement Martin Blaser. «Il n’y a actuellement aucune collaboration, et nous n’envisageons pas non plus d’en mettre une en place.» Les seuls liens se limitent à l’organisation de quelques rencontres amicales, la dernière ayant eu lieu en 2023.
Si proches, si éloignés, donc? Et bien, pas tant que ça. Le FCL et Como connaissent une trajectoire similaire. Même développement, même travail, même dynamique sportive.
Les Tessinois sont passés sous bannière américaine en 2021, quand les Lombards ont été rachetés par deux milliardaires indonésiens en 2019. Depuis, les deux clubs affichent de bons résultats et ne cessent de monter en puissance.
Lugano a terminé sur le podium de Super League lors de trois des quatre derniers exercices et dispose donc désormais d’un tout nouveau stade. La «Fiat Panda» est devenue la «Porsche du football suisse», osait ainsi Blue Sport il y a quelques semaines pour décrire les Italophones comme les favoris au titre cette saison. Invaincus après quatre matchs, ils occupent déjà la première place du classement.
En face, les Comasques ont enchaîné les promotions, passant de la Serie D en 2019 à la Serie A cinq ans plus tard. Avec Cesc Fàbregas sur le banc et Nico Paz au milieu, ils se sont ensuite qualifiés pour la Ligue des champions dès leur deuxième saison dans l’élite. Como porte aussi un projet d’agrandissement et de modernisation qui fera de son stade un écrin élégant de 15 000 places dans quelques années. En attendant, le club lombard pourrait bien embêter plus d’une formation européenne dans son enceinte à l’ancienne, à commencer par le RB Leipzig la semaine prochaine. Avant le PSG, en janvier prochain.
