Voici les 10 personnes les plus puissantes du sport suisse
Dans le sport, le pouvoir ne se mesure pas seulement en médailles ou en popularité. Il appartient surtout à celles et ceux qui décident, distribuent, influencent, bloquent ou font avancer les choses.
Ce classement ne juge pas la cote de popularité, mais l’impact réel. Voici notre top 10 des personnalités les plus influentes du sport suisse.👇
Gianni Infantino
Président de la Fifa
Jamais un dirigeant sportif suisse n’a mis en scène son importance mondiale avec autant d’emphase. A côté de lui, son prédécesseur Sepp Blatter ferait presque figure de modèle de modestie et de droiture. Les apparitions de Gianni Infantino frôlent parfois le ridicule, et les cyniques diraient que plus le paon fait la roue, plus son arrière-train attire l’attention. Mais lorsqu’on est reçu par Donald Trump, accueilli au Vatican par le pape et membre du CIO, on détient forcément pouvoir et influence à l’échelle mondiale.
D’autant plus en 2026, année de Coupe du monde aux Etats-Unis. Et force est de constater que son talent pour l’autopromotion rapporte: les affaires de la Fifa n’ont jamais été aussi florissantes. Qu’il ait encore une influence directe sur le sport suisse importe peu. S’il le souhaite, Infantino peut peser. A moins qu’il ne redoute le plus grand défi de l’histoire du football: décrocher un permis de construire pour un stade de football à Zurich, siège de la Fifa.
Alisha Lehmann
Attaquante de la Nati et influenceuse
Sur le plan purement sportif, elle ne figurerait même pas dans le top 500 des personnalités les plus influentes du sport suisse. Mais en tant qu’influenceuse, elle rassemble des dizaines de millions d’abonnés sur Instagram et TikTok. Elle n’a plus besoin des médias traditionnels et gagne davantage grâce aux réseaux sociaux qu’avec le football. Alisha Lehmann incarne à elle seule le sport-business d’aujourd’hui, de demain, et peut-être d’après-demain.
Elle partage du contenu sur son mode de vie, ses entraînements, la mode ou son quotidien, et parle ouvertement de sa bisexualité. Son influence est largement positive: personne ne motive autant de jeunes filles à jouer au football. Mais on peut imaginer le séisme si elle appelait, via ses plateformes, au limogeage du sélectionneur Rafel Navarro, à la démission de Murat Yakin ou du ministre des Sports Martin Pfister, ou si elle affirmait que la sciure nuit à la fertilité des lutteurs suisses.
Urs Lehmann
CEO de la Fédération internationale de ski (FIS)
Champion du monde de descente en 1993, Urs Lehmann est l’un des dirigeants sportifs suisses les plus combatifs et les plus efficaces de l’Histoire. Il ne fuit ni les conflits ni les décisions impopulaires, toujours au nom de la cause. Entre 2008 et 2025, il a mené Swiss Ski vers l’or: durant sa présidence, les athlètes suisses ont décroché 18 titres mondiaux et 11 médailles d’or olympiques.
Son ascension à la présidence de la FIS a échoué, mais il occupe désormais une fonction encore plus puissante: premier CEO de la fédération mondiale, un poste créé spécialement pour lui. Il n’hésite pas à s’opposer au monde politique. Le ski est un bien culturel helvétique, et Urs Lehmann en est le porte-voix le plus influent. Il pèsera lourd dans l’attribution des grands événements et dans la répartition des droits TV et des revenus publicitaires.
Urs Wietlisbach
Entrepreneur et coprésident de l’Aide sportive suisse
Le magazine Forbes estime la fortune du cofondateur du fonds d’investissement Partners Group à 3,2 milliards de dollars. Si la Suisse veut avoir une chance d’accueillir les Jeux olympiques d’hiver 2038, ce sera probablement grâce à son influence et à son réseau.
Urs Wietlisbach ne se prive pas non plus d’intervenir dans les choix de personnel de ce projet du siècle. Il est l’éminence grise de tous les plans olympiques helvétiques. En tant que coprésident de l’Aide sportive, il orchestre aussi la distribution des fonds aux athlètes.
Murat Yakin
Sélectionneur de l’équipe nationale de football
En concluant une paix durable avec son leader Granit Xhaka, il mériterait presque un Nobel du football. Depuis, la Nati carbure. Et quoi qu’on en pense, c’est bien Murat Yakin – et non Xhaka – qui a le dernier mot sur les questions sportives.
En année de Coupe du monde, le sélectionneur bénéficie d’une visibilité énorme. Ses convocations, tout comme ses louanges ou ses critiques publiques, peuvent influencer directement des carrières.
Roger Federer
Légende du tennis à la retraite
Il est le Suisse le plus célèbre de la planète et rares sont les portes qu’il ne peut pas ouvrir. Copropriétaire de la marque de sport On, partenaire officiel de Swiss Olympic, il équipe les délégations olympiques suisses et soutient des athlètes.
De quoi en faire le numéro un incontesté de ce classement? Pas vraiment. Par choix, Roger Federer agit avec retenue et se garde bien d’intervenir dans la politique sportive nationale.
Ruth Metzler
Présidente de Swiss Olympic
Swiss Olympic est une organisation faîtière fédéraliste, donc hétérogène. Les fédérations sportives tiennent à leur autonomie, ce qui limite l’influence directe de la présidente sur chaque discipline.
Mais l’ancienne conseillère fédérale occupe un poste clé entre sport et politique. Les fonds publics qui transitent par Swiss Olympic sont considérables et souvent vitaux pour les petites fédérations.
Michael Hartweg
Entrepreneur et investisseur dans le biathlon
Après la vente de la fintech Leonteq, il a bouclé son parcours entrepreneurial. Initiateur et principal investisseur de l’arène de biathlon de Lenzerheide, il a rendu possible l’organisation des Championnats du monde de biathlon en Suisse en février 2025.
Dès janvier, il intégrera l’équipe de projet olympique pour représenter les investisseurs privés. Il fait partie du cercle restreint des «capitaines d’industrie» prêts à garantir un éventuel déficit pour les Jeux de 2038.
Tatjana Haenni
Directrice générale du RB Leipzig
Internationale suisse à 23 reprises, elle est la première femme à diriger un club de Bundesliga. En Allemagne, son influence est évidente. En Suisse aussi, même si elle agit surtout en coulisses. Après Gianni Infantino, elle est la Suissesse la plus influente du football.
Elle a travaillé pour l’UEFA, passé 18 ans à la Fifa et dirigé sportivement la ligue professionnelle féminine aux Etats-Unis. Sans elle, l’Euro féminin n’aurait probablement pas été attribué à la Suisse. Personne n’a autant de poids dans les coulisses du football féminin helvétique. Après avoir conquis ce terrain, elle s’impose désormais aussi dans le football masculin.
Christoph Seiler
Président de Swiss Athletics
Ancien coureur de fond et directeur financier des Chemins de fer de la Jungfrau, Christoph Seiler fuit les projecteurs. Homme d’action, il a repris la présidence de la fédération d'athlétisme en 2015 et joue un rôle central dans l’organisation, le développement, la relève et le financement de l’athlétisme suisse.
Sous sa direction, la discipline a acquis pour la première fois une reconnaissance mondiale. Il a été l’artisan de l’élection de Ruth Metzler à la tête de Swiss Olympic et l’un des moteurs du projet visant à organiser les European Championships 2030 en Suisse.
Adaptation en français: Yoann Graber
