Cette statistique rend l'exploit de Thoune encore plus fou
A neuf journées de la fin du championnat, le FC Thoune compte 14 points d'avance sur son dauphin, Saint-Gall. Autrement dit: dans l'Oberland bernois, on peut déjà mettre le champagne au frais. La plus grande surprise de l’histoire du football suisse est en passe de devenir réalité.
Le classement de Super League
Les Thounois pourraient même déjà fêter ce sacre le week-end de Pâques, début avril, en fonction de leurs propres résultats d'ici là et de ceux des Saint-Gallois. Les «rouge et blanc» deviendraient le deuxième néo-promu à devenir champion, après GC en 1952.
Promu dans l'élite cet été, après cinq années passées en Challenge League, le FC Thoune disposait en début de saison d'un effectif estimé à 7,3 millions de francs, selon le site Transfermarkt. A titre de comparaison: celui du rival cantonal, Young Boys, valait plus de dix fois plus. Or, après 29 journées de Super League, YB n'est que 6e du classement, à 26 points des Thounois.
Désormais, après sa folle saison, le contingent des Bernois de l’Oberland est actuellement évalué à 14,3 millions. Cela représente certes une hausse de valeur de 96 %. Mais, hormis la lanterne rouge Winterthour, Thoune n’a dépassé aucune autre équipe cette saison dans le classement des valeurs marchandes des effectifs.
Une autre statistique permet également de se rendre compte de l'exploit du FC Thoune: le club possède de loin la plus faible expérience en Super League parmi les douze équipes. On obtient ce constat en cumulant les minutes disputées dans l'élite, en carrière, de tous les joueurs du contingent. La formation la plus expérimentée? Le FC Winterthour, bon dernier!
La Champions League se jouerait à Thoune
La Stockhorn Arena, l'antre du FC Thoune, est certes un bloc de béton sans grand charme, mais elle offre, depuis les bonnes places, une vue magnifique sur les Préalpes bernoises. De quoi réjouir les fans visiteurs qui viendraient dans la ville de l'Oberland bernois pour la Champions League. Car oui, c'est bien dans leur stade que les Thounois disputeraient la reine des compétitions européennes s'ils se qualifient. Les 8 500 places de l'arène remplissent tout juste les exigences minimales de l’UEFA.
Les dirigeants du FC Thoune préfèrent renoncer aux recettes supplémentaires qu’offrirait un plus grand stade de substitution plutôt qu’à l’avantage du terrain. Une manière de rendre quelque chose aux habitants de la région.
Mais le chemin pour entendre le fameux hymne de la Champions League dans la Stockhorn Arena est encore long: l'équipe qui sera sacrée championne de Suisse ce printemps obtiendra une place pour le deuxième tour des qualifications. Autrement dit, si l'on ajoute le play-off (barrage), notre champion national devra franchir trois tours avant d’atteindre la lucrative phase de ligue (tous les participants y reçoivent au minimum 20 millions de francs).
Autant à l'aise sur gazon que sur synthétique
Aucune équipe ne prend plus de points chez elle que le FC Thoune. On peut penser que les hommes de Mauro Lustrinelli profitent de l'avantage de leur synthétique, car seules deux autres équipes ont aussi une pelouse artificielle (Lausanne et Young Boys).
Mais aucune équipe n'engrange plus d'unités à l'extérieur que les Thounois. Dans cette catégorie, l’avance sur leur dauphin est même trois fois plus grande que celle au classement à domicile. Et dimanche à Berne, ce n'était que la première victoire à l'extérieur de Thoune sur un gazon synthétique.
Autrement dit: le revêtement artificiel n'explique de loin pas à lui seul les prouesses des Bernois. Mauro Lustrinelli et ses joueurs gèrent tout simplement beaucoup mieux que leurs concurrents le passage d’un type de surface à l’autre. Encore une qualité, qui permet aux Thounois de filer vers le plus improbable titre de champion de l'histoire du football suisse.
Adaptation en français: Yoann Graber
