Voici pourquoi Gottéron peut croire très fort au titre
«En Suisse alémanique, tout le monde est certain que Davos va remporter le titre.» D'une phrase, notre expert du hockey sur glace Klaus Zaugg a résumé la confiance qui habite une bonne partie du pays avant la finale de National League entre le HCD et Fribourg-Gottéron.
Bien sûr, Davos a de sérieux atouts. D'abord, il a l'habitude de remporter des titres nationaux (31 au total) alors que les Dragons ont perdu les quatre finales qu'ils ont disputées jusqu'ici. «Le spectre des finales perdues (deux face à Berne en 1992 et 2013, deux face à Kloten en 1993 et 1994) rôde toujours du côté de St-Léonard. Surtout celui de la finale de 2013, abordée avec l'avantage de la glace», résumait cette semaine une dépêche de l'ATS.
En plus, les Grisons ont impressionné tant au cours de la saison régulière, bouclée avec 17 points d'avance sur Gottéron, que lors des play-off, dans lesquels ils n'ont perdu que deux matches (un face à Zoug, un autre face au double tenant du titre Zurich). Pour ne rien arranger, ils auront l'avantage de la glace dans cette série finale alors qu'ils ont été redoutables à domicile cette saison: 29 victoires et 3 défaites. Le dernier échec du HCD dans sa «cathédrale» remonte au 28 février face à Kloten.
Fribourg-Gottéron dispose toutefois de solides arguments pour remporter enfin le premier titre de son histoire. «On a les armes pour les bousculer», assure Julien Sprunger. Si on laisse de côté la défaite en Coupe Spengler, qui est une autre compétition, Gottéron affiche un bilan de deux victoires pour deux défaites face aux Grisons dans le championnat régulier. Egalité parfaite, donc.
Et puis, Fribourg n'a pas la pression du favori, celle qui peut paralyser même les meilleurs joueurs. «On n'a vraiment rien à perdre, on va essayer de tout donner», rappelle à juste titre Julien Sprunger, pour qui la pression est légèrement retombée après le quart de finale de tous les dangers face à Rappi (victoire lors des prolongations du 7e match). «J'étais beaucoup plus calme dans la série face à Genève», glisse le futur retraité.
Les Dragons seront aussi galvanisés par leur formidable public. Mercredi soir, certains fans n'ont pas hésité à prendre congé pour camper devant la patinoire afin d'obtenir un billet pour la finale.
Les supporters fribourgeois peuvent porter très loin leurs joueurs. Ils sont parmi les plus fidèles du hockey mondial: lundi pour l'acte II de la série finale, la BCF affichera complet pour la...100e fois consécutive!
Fribourg-Gottéron possède également un entraîneur qui sait comment remporter des titres. «Si Davos a un coach très très fort en la personne de Josh Holden, Fribourg en a un très, très, très fort», a fait remarquer l'ancien entraîneur grison Arno Del Curto dans La Liberté vendredi. Roger Rönnberg a remporté quatre Ligue des champions et deux titres nationaux en Suède. «C'est une référence en Europe», rappelle Del Curto, admiratif.
Enfin, si Davos et Gottéron ont pour point commun de pouvoir s'appuyer sur un effectif particulièrement homogène, la force collective des Dragons est l'une des clés du succès fribourgeois, comme en convient Roger Rönnberg:
Les seconds couteaux (Jeremi Gerber, Jamiro Reber, Maximilian Streule ou Simon Seiler) ont su élever le curseur en l'absence de cadors comme Andrea Glauser, Sandro Schmid (dont la saison est terminée), Attilio Biasca ou Marcus Sörensen (désormais de retour).
Fribourg a donc plusieurs cartes en mains pour faire douter Davos dès samedi. «Quand tu te qualifies pour une finale, je crois que tu n'as qu'une envie, c'est d'aller au bout et de gagner, insiste Julien Sprunger. Avec la saison qu'on a eue, avec les play-off qu'on a réussis jusqu'à maintenant, on sent qu'on a un potentiel. On a cette ambition d'aller au bout. Donc on ne pense qu'à la victoire.»
(jcz/ats)
