PostFinance est l'un des principaux partenaires de notre hockey depuis plus de 20 ans. Outre le cultissime PostFinance top scorer et un engagement ancré auprès de la Fédération suisse de hockey sur glace, l'organisme financier s'est emparé du naming du temple du CP Berne, la PostFinance Arena, et parraine plusieurs clubs de National League: Ambri-Piotta, Kloten, Langnau et Berne.
Pour preuve, elle a donné son nom il y a un an à la plus haute ligue féminine du pays, devenue la PostFinance Women's League. Or ce championnat n'a pas le vent en poupe. Sur les 14 clubs de National League, seuls six ont une équipe engagée dans l'élite du hockey féminin: les ZSC Lions, le CP Berne, Fribourg-Gottéron, le HC Davos, Ambri et Zoug. Les deux autres formations composant cette division à huit sont domiciliées à Langenthal et Neuchâtel.
Il est donc temps d'agir et d'aller encore plus loin dans le soutien au hockey féminin. Et pour cela, il n'y a rien de mieux que l'argent. Interrogé, Rinaldo Tibolla, porte-parole de l'entreprise, confirme une nouvelle action à venir: «Comme PostFinance sponsorise la National League et est aussi le partenaire titre de la ligue féminine, il y aura un nouveau critère concernant notre engagement en faveur des clubs de National League à partir de la saison 2025/2026, à savoir, la façon dont ils s'engagent pour la Women's League».
Cette initiative est louable. Or il y a un hic. On ne peut pas accéder à la ligue la plus haute du jour au lendemain. Même Zoug, avec son équipe féminine la plus chère de notre hockey, a débuté son aventure en deuxième division. C'est ainsi que le sport fonctionne, du moins en Europe. Nous l'avons fait savoir à Rinaldo Tibolla et avons voulu voir s'il supposait par là que les mauvais élèves devaient engager une équipe féminine la saison prochaine, peu importe la ligue. Sa réponse? Il s'agit de donner un signal fort en faveur de l'égalité. Une jolie pirouette.
Les SCL Tigers – directement concernés – se sont penchés sur la question. PostFinance leur verse 100'000 francs par saison pour apparaître dans le dos du chandail. Le directeur général du club, Dieter Aeschimann, dit s'être entretenu avec son directeur sportif, Pascal Müller. Ce qu'il ne précise pas directement, c'est qu'il a aussi échangé avec Marc Lüthi du CP Berne concernant le coût de fonctionnement d'une section féminine.
Et les explications bernoises incitent à la réflexion.
C'est pourquoi Langnau ne veut pas se lancer dans l'aventure. «Nous venons d’agrandir notre infrastructure et nous ne sommes pas en mesure de créer un département féminin», explique Dieter Aeschimann. Langnau sera donc privé des apports de PostFinance la saison prochaine. «Nous en sommes conscients. Nous allons simplement renoncer à cet argent», rétorque le dirigeant. Un immense manque à gagner.
Tant que la section féminine coûte davantage que les investissements de PostFinance, il est logique de voir les clubs renoncer au hockey féminin. Tout cela pour dire que dans un univers aussi macho que le hockey sur glace, la promotion du sport chez ces dames est un défi encore plus grand que l'introduction du droit de vote des citoyennes dans le Canton d'Appenzell Rhodes-Intérieures.