Fabio Celestini, votre nette victoire 8-0 contre le FC Subingen en Coupe de Suisse a presque été éclipsée par la signature de Xherdan Shaqiri au FC Bâle. Son esprit semble déjà là.
Non, pas du tout. Nous étions concentrés sur notre tâche. J'attendais une excellente performance de mon équipe après nos deux premiers succès en championnat. Je voulais qu'elle se montre sérieuse et professionnelle, quel que soit l'adversaire. J'ai vu ce que j'espérais et c'est un signal important. Nous sommes bien sûr heureux de la venue de Shaqiri, mais il n'était pas avec nous en Coupe.
Qu'allez-vous gagner avec Xherdan Shaqiri?
Je crois qu'il n'y a pas à expliquer ce qu'il peut nous apporter. Mais puisque vous me le demandez: de la qualité technique. Sa patte gauche est redoutable, que ce soit pour délivrer une passe décisive, frapper un coup de pied arrêté ou tirer au but. Il apporte également de la confiance. Quand vous avez un tel joueur sur le terrain, votre équipe est rassurée et elle sait qu'elle est capable de réaliser de grandes choses. Sa signature montre que nous sommes sur la bonne voie.
C'est également un garçon résolument positif.
Je ne peux pas en dire beaucoup à ce sujet, car je ne l'ai rencontré qu'une fois. Je ne le connais pas encore suffisamment. Nous avons discuté au Parc Saint-Jacques et nous commençons désormais à travailler ensemble. Nous voulons construire une équipe performante, car il faut garder à l'esprit qu'un groupe est constitué de plusieurs éléments, et non pas d'un seul homme. Mais bien sûr, Xherdan Shaqiri est un véritable cadeau: je me réjouis de son arrivée.
Quand avez-vous rencontré Shaqiri au Joggeli?
C'était en juillet, après le Championnat d'Europe des nations.
Et vous n'aviez pas évoqué un éventuel retour?
Non. Ce n'était sans doute pas le bon moment pour cela. C'était en juillet, nous sommes désormais en août.
Cela signifie que vous n’avez pas reparlé à Shaqiri, même juste avant sa signature?
Non. Je me suis concentré sur la Coupe de Suisse.
Avez-vous été impliqué dans son recrutement? Après tout, un tel joueur peut aussi perturber une équipe.
Oui, nous faisons les choses ensemble. J'entraîne l'équipe, mais j'ai aussi des discussions avec Daniel Stucki et David Degen (réd: le directeur sportif et le président du FC Bâle). Et lorsque nous avons la possibilité de recruter Xherdan Shaqiri et que le joueur a envie de nous rejoindre, il faut tenter le coup. Daniel et David ont fait du très bon travail après une saison difficile. On sent que les choses évoluent.
Que savez-vous de la forme de Shaqiri? Il n'a pas beaucoup joué, ni à l'Euro ni après.
Nous allons mettre en place des tests pour savoir où il en est. Il ne sera probablement pas à 100%.
Une question nous taraude l'esprit: quelle sera sa position sur le terrain?
Vous n'avez pas à y réfléchir: c'est mon travail! (Rires). Il y a toujours de la place pour un bon joueur. Ce n'est pas un problème.
Allez-vous procéder à des ajustements par rapport à votre système?
Si vous n'avez qu'un seul attaquant, il peut y avoir un problème devant. Mais à trois, la situation est différente. Quel était son poste à l'Euro? Il jouait comme un faux neuf et sur le côté droit. Nous devons réfléchir à la manière dont il donnera le meilleur de lui-même. C'est à moi de trouver un plan de jeu et la solution idéale pour l'équipe. C'est ce qui me plaît dans le métier d'entraîneur.
Taulant Xhaka parle d'un recrutement précieux, car il manque au FC Bâle des joueurs d'expérience.
Il y a Hitz, Frei et Xhaka, mais c'est vrai que nous avons une équipe jeune. J'espère que les anciens, notamment Xherdan, sauront transmettre leur expérience et leur mentalité de vainqueur. Ils doivent performer sur le terrain et être des modèles, montrer la voie aux plus jeunes.
On parle de Shaqiri, mais Thierno Barry est également au coeur de l'actualité. Il a réalisé un coup du chapeau à Subingen. Sera-t-il encore dans l'équipe au prochain match?
Nous devons nous préparer à toute éventualité. Thierno était en tout cas concentré en Coupe à Subingen. Quand je lui ai dit à la mi-temps que je comptais le remplacer, il n'était pas satisfait.
Vous êtes donc préparés à perdre Thierno Barry.
J'entends les rumeurs. On ne sait pas s'il nous quittera. Je pourrais vous dire qu'il reste. Mais il pourrait aussi y avoir une offre alléchante sur la table dans moins d'une heure, offre que nous ne pourrions pas refuser. C'est le football. Nous devons rester calme et continuer à travailler.
Que retirez-vous de cette euphorie?
Je me suis promené en ville vendredi. On sentait qu'il venait de se passer quelque chose. Même le 6-0 obtenu à Genève a provoqué une certaine euphorie. Nous devons simplement garder les pieds sur terre. Mais les supporters veulent aussi s'enflammer après une année difficile et un début de saison compliqué. Le retour de Xherdan Shaqiri donne du baume au coeur.