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Tennis: Rebecca Sramkova (WTA 49) ne voit que d'un œil

Slovakia's Slovakia's Rebecca Sramkova competes against Great Britain's Katie Boulter during a Billie Jean King Cup semi-final match at Martin Carpena Sports Hall in Malaga, southern Sp ...
En 2024, Rebecca Sramkova a fait son entrée dans le top 100 pour la première fois. Image: keystone

Elle brille en tennis malgré un handicap très embêtant pour ce sport

Rebecca Sramkova est actuellement 49e mondiale, mais c'est «un miracle», comme elle le dit, qu'elle ait percé à si haut niveau avec pareille infirmité. Sans parler d'un épisode chaotique avec son père.
07.01.2025, 18:52

Il faut énormément de mérite et de courage pour devenir joueuse de tennis professionnelle. C'est encore plus vrai dans le cas de Rebecca Sramkova.

Et pour cause: la Slovaque (28 ans) est née avec un handicap «qui rendrait extrêmement difficile, voire presque impossible, pour quiconque de poursuivre une carrière» dans ce sport, applaudit le média Tennis World USA.

L'actuelle 49e joueuse mondiale est presque totalement aveugle de l'œil gauche.

En tennis, activité qui nécessite une très bonne coordination oeil-main, c'est forcément un désavantage. Surtout côté revers pour la droitière qu'est Sramkova. «Si un défaut de vision est avéré mais non corrigé, les informations reçues sont traitées plus lentement en raison du flou, ce qui peut avoir un impact négatif sur la réactivité du sportif ou de la sportive», détaille l'opticien Dynoptic sur son site web. L'orientation dans l'espace et la perception de celui-ci, également cruciaux en tennis, sont aussi altérés.

epa11729231 Rebecca Sramkova of Slovakia during her Billie Jean King Cup World Group match against Katie Boulter of the UK, in Malaga, Spain, 19 November 2024. EPA/JORGE ZAPATA
Rebecca Sramkova a remporté un titre sur le circuit WTA.Image: keystone

Malgré tout, Rebecca Sramkova a donc réussi à s'installer parmi le top 50 mondial.

Fait cocasse: c'est même à cause (ou plutôt grâce, dans ce cas) à son handicap qu'elle a tapé ses premières balles, à six ans.

«Elle espérait qu'un sport qui exige une perception de la profondeur et une coordination œil-main élevées améliorerait sa vision», fait savoir la WTA, l'instance qui gère le circuit féminin.

Mais la vue de la Slovaque ne s'est pas améliorée. «J'ai essayé de porter des lentilles de contact, mais ce n'était pas beaucoup mieux et c'était terriblement inconfortable», précise-t-elle dans des propos repris par Tennis Actu.

Eclosion en 2024

Alors Sramkova a fait avec ce handicap, jusqu'à atteindre les portes du top 100 (111e) en 2017, à 20 ans. Mais plusieurs grosses blessures successives (dos, épaules, abdos et jambe fracturée) ont méchamment freiné sa progression. Elle n'est réapparue sur les radars du grand public qu'en 2022, à Roland-Garros, en participant à son premier tournoi du Grand Chelem (élimination au 1er tour).

En 2023 à Varsovie, la native de Bratislava a disputé son premier quart de finale sur le circuit principal, mais c'est en 2024 qu'elle a véritablement éclos. Le déclic a eu lieu au prestigieux tournoi de Rome, en mai. Elle y a atteint les 8e de finale, avec une défaite au bout du suspense (6-7 au troisième set) contre Jelena Ostapenko, lauréate de Roland-Garros 2017. Son parcours romain lui a offert pour la première fois une place dans le top 100, qu'elle n'a plus quitté.

Avec désormais la certitude qu'elle peut se frotter aux toutes meilleures et la confiance qui va avec, Rebecca Sramkova a réalisé une fin de saison en fanfare: deux finales, à Monastir et Jiujiang (défaite face à la Suissesse Viktorija Golubic), et surtout un premier titre WTA, à Hua Hin en Thaïlande, sur dur.

C'est elle aussi, en novembre, qui a mené la Slovaquie en finale de la Billie Jean King Cup (perdue contre l'Italie), une première pour ce pays depuis 2002.

Peinture, rupture familiale et assiettes de riz

Cette percée au plus haut niveau, Rebecca Sramkova l'a doit à son talent, bien sûr, mais surtout à un mental d'acier. Il y a, derrière celui-ci, un besoin de s'affirmer. «Je veux être quelqu'un», clamait la 49e mondiale.

«C'est pour cela que nous pratiquons ce sport: pour être quelqu'un. Vous voyez toutes les autres filles autour de vous se battre pour devenir quelqu'un, et vous le voulez aussi. C'est ce qui me pousse à continuer.»

Derrière cet état d'esprit, on peut imaginer aussi les effets d'une résilience hors norme liée au fait qu'elle soit aveugle d'un œil. D'ailleurs, ce n'est peut-être pas un hasard si elle a choisi, comme autre hobby principal, l'activité la plus visuelle possible: la peinture.

A côté du tennis, Rebecca Sramkova aime peindre.
A côté du tennis, Rebecca Sramkova aime peindre.image: instagram

Son père, Jozef, est lui aussi peintre. Et il n'est pas non plus étranger au parcours tennistique de sa fille: il l'a d'abord entraînée, mais il a surtout attisé chez elle cette rage de réussir. Et ceci involontairement.

Il faut remonter aux 18 ans de Rebecca Sramkova pour comprendre cette dynamique.

A cette époque, la tenniswoman sortait avec un homme de 12 ans son aîné. Une relation qui ne plaisait pas du tout à son paternel, qui l'a alors tout simplement virée de la maison.

Elle a raconté ce passage aussi douloureux que lunaire au média slovaque Sportnet:

«J'ai dû me débrouiller seule, sans le moindre sou. J'ai mangé du riz pendant trois mois parce que je n'avais pas les moyens de me payer de la nourriture ou un entraîneur. C'est un miracle que j'y sois parvenue. Mon père (réd: avec lequel elle ne parle plus, encore aujourd'hui) pariait que je n'y arriverais pas, que je reviendrais et que je le supplierais. C'est à ce moment-là que je me suis convaincu que j'aimais le tennis et que je continuerais même si je devais mourir de faim.»
Pour percer dans le tennis, Rebecca Sramkova a dû faire preuve de résilience.
Pour percer dans le tennis, Rebecca Sramkova a dû faire preuve de résilience. image: instagram

Aujourd'hui, grâce à ses près de 500'000 dollars de gains en 2024, Rebecca Sramkova a autre chose que du riz dans son assiette. Elle a surtout un appétit qui lui permettra peut-être de croquer d'autres stars du tennis dès le début de l'année 2025, avec l'Open d'Australie (12 au 26 janvier) en point de mire.

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