Il ne faut pas s'y méprendre. Ce n'est pas parce que la Genevoise Justine Mettraux a été piégée par une zone de vent faible, la forçant sans cesse à repousser son heure d'arrivée, samedi à 50 milles du but, que les conditions actuelles le long des côtes françaises sont paisibles.
La tempête Herminia va frapper l'Hexagone dans les prochaines heures et elle a déjà obligé les organisateurs du Vendée Globe à activer vendredi la ligne d'arrivée «tempête», puis à fermer le village course, où se trouve le «skippers finishers club», que Justine Mettraux devait rejoindre samedi soir. France Bleu a fait état de vents mesurés à 110 km/h aux Sables-d'Olonne dans les heures qui ont suivi son débarquement.
Les conditions météorologiques devraient encore se dégrader, et vont compliquer la fin de Vendée Globe des deux prochains navigateurs en approche: Benjamin Dutreux et Clarisse Crémer, qui ont tous les deux dépassés le cap Finisterre, et qui sont attendus sur la ligne d'arrivée entre dimanche midi et dimanche soir.
Alors qu'ils progressent plus ou moins au même rythme que la tempête, pour l'heure située plus au Nord, les deux marins risquent de rencontrer au large des Sables-d'Olonne une mer très agitée, avec des creux de plusieurs mètres. Il n'est pas certain dans ce contexte qu'ils puissent remonter le chenal long de deux kilomètres de la cité vendéenne, dont l'accès serait jugé trop dangereux avec de telles conditions.
Les organisateurs seraient donc à la recherche d'une solution de repli, et pourraient dérouter les skippers vers le port de La Rochelle voire celui de Lorient dès la ligne d'arrivée «tempête» franchie. Benjamin Dutreux et Clarisse Crémer s'y abriteraient alors, avant de reprendre la mer plus tard en direction des Sables-d'Olonne, une fois le calme revenu. Boris Herrmann et Samantha Davies, pointés au large de Madère, sont eux aussi concernés. Or ils semblent lever le pied, afin d'éviter la dépression.
Malgré cette fin de course interminable – une arrivée en après-midi alors qu'elle était attendue la nuit précédente – et cette lassitude face aux conditions exprimée par Justine Mettraux et tous les skippeurs entourant sa position, la Genevoise a semble-t-il eu une pincée de chance au moment d'en terminer ce samedi. Surtout que la skippeuse de l'IMOCA TeamWork-Team Snef a pu directement pénétrer dans le chenal des Sables-d'Olonne, alors que son retard pouvait laisser craindre une attente en raison de la marée, puis une remontée de nuit, à partir de 23h.