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Federer (40 ans) s'est rarement trompé dans ses choix extrasportifs et le prouve encore avec la marque «On Running».
Federer (40 ans) s'est rarement trompé dans ses choix extrasportifs et le prouve encore avec la marque «On Running».
Image: Keystone
Analyse

Roger Federer réussit un coup de maître avec son entrée en bourse

Le tennisman bâlois va accroître sa fortune grâce à l'arrivée à Wall Street de l'équipementier sportif «On Running», dont il est devenu co-entrepreneur en 2019. Une success story qu'éclaire un expert de la finance.
14.09.2021, 12:0515.09.2021, 08:26
Julien Caloz
Julien Caloz
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Quintuple vainqueur de l'US Open entre 2004 et 2008, Roger Federer a vécu beaucoup de succès à New York, et ce n'est peut-être pas fini. Car la start-up zurichoise «On Running», dont il est le co-entrepreneur depuis 2019, s'apprête à faire une entrée fracassante à Wall Street ce mercredi.

C'est quoi, «On Running»?

La marque suisse, connue pour ses chaussures de sport, a été créée en 2010. «Elle emploie 883 personnes à travers le monde, dont environ la moitié dans notre pays», relate 24 Heures. Présent dans 8000 magasins et plus de 60 pays, l'équipementier sportif a vu ses ventes augmenter de 66% entre 2018 et 2020. Son chiffre d'affaires en Suisse est de 52 millions de francs.
Federer avec la chaussure qui porte son nom: «The Roger».
Federer avec la chaussure qui porte son nom: «The Roger».
Image: On AG

L'introduction en bourse devrait permettre à la firme de porter sa valorisation totale à plus de six milliards, et à Roger Federer d'élargir sa fortune. «Il deviendra fatalement plus riche, parce que son investissement de base vaut beaucoup plus aujourd'hui que par le passé», souligne Thomas Veillet, fondateur du premier site de finance romand (investir.ch). «Il faudrait juste savoir le multiple par lequel on doit faire le calcul pour connaître le montant exact de son opération positive sur investissement.»

Le prix initial de l'action new-yorkaise devrait se situer entre 18 et 20 dollars. Or, si «RF» a posé 20 millions sur la table en 2019 pour un prix d'action à 9 francs (pures spéculations), il doublerait son capital en cas de vente.

Douce revanche sur Nike

Mais le Maître voit plus loin. Il envisage sa relation avec «On Running» dans la durée. Sa revanche sur Nike n'en aura que plus de saveur. Car Roger Federer n'a jamais oublié que la marque américaine lui a refusé un contrat à vie, estimant que la popularité du tennisman, aussi doué soit-il, ne survivrait pas à sa fin de carrière. Le Bâlois de 40 ans avait accueilli cette décision comme un affront, vexé dans son amour-propre et fâché de ne pas être reconnu comme un «global product» par le géant américain, au contraire de Michael Jordan par exemple.

Federer et Jordan lorsque les deux icônes roulaient pour Nike.
Federer et Jordan lorsque les deux icônes roulaient pour Nike.
Image: YouTube

Le voici dans le camp adverse et, surtout, dans le pays de la marque à la virgule. Un choix stratégique motivé par plusieurs raisons.

«Le processus d'entrée en bourse est moins long et moins compliqué à Wall Street qu'en Suisse. Et puis, la visibilité est beaucoup plus importante à New York, surtout pour «On Running», dont l'icône mondiale (Federer) permet de générer bien plus d'intérêt que le produit de base. Parce qu'il ne faut pas se leurrer: les gens qui veulent investir dans la start-up zurichoise ne le font pas parce que l'équipementier propose de très bonnes chaussures, mais plutôt parce qu'il y a Roger Federer derrière.»
Thomas Veillet

L'investissement est-il rentable? En d'autres termes: faut-il placer une partie de ses économies dans la marque? Notre expert préconise de temporiser. En tennis, on dirait qu'il faut faire jouer encore quelques coups supplémentaires à son adversaire.

«Lors des entrées en bourse, deux cas de figure se posent: soit vous avez pu acheter toutes les actions envisagées avant l'ouverture, ce qui n'est jamais une bonne nouvelle parce que ça veut dire que la demande est trop faible; soit il était impossible d'en acheter, ce qui signifie que la demande va exploser à l'ouverture. Le risque, avec une action aussi médiatisée, c'est qu'elle prenne 20, 30 ou 40% le premier jour, avant de cesser sa progression et de redescendre. C'est à ce moment seulement que l'on connaîtra sa véritable valorisation. Personnellement, je ne suis pas du genre à me précipiter à l'ouverture. Si l'on croit à la société, l'investissement sur le long terme vaut toujours la peine.»
Thomas Veillet
Thomas Veillet
Image: DR

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