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La France est l'adversaire idéal pour la Suisse

Si elle avait été mieux classée que 3e du groupe A, la Nati aurait perdu sans gloire contre le Danemark ou l'Autriche en 8e de finale. Au lieu de cela, elle a une chance de battre les champions du monde. C'est beau, non?
24.06.2021, 08:2324.06.2021, 15:23
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Et dire qu'il y a quelques jours encore, on trouvait scandaleux que Vladimir Petkovic rappelle Xherdan Shaqiri en cours de match face aux Gallois, et qu'Haris Seferovic n'en fasse pas une de bonne contre les Italiens. Alors que tout était prévu, savamment planifié, judicieusement anticipé! 😇

Vladimir Petkovic savait qu'en sortant sa vedette pour laisser le Pays de Galles égaliser (1-1), puis en acceptant sans broncher la domination italienne quatre jours plus tard (0-3), son équipe se qualifierait ensuite pour les 8es de finale contre la très faible Turquie (3-1) en tant que meilleur troisième. Une position qui permettait à la Suisse d'éviter un adversaire à sa portée, ce qui ne lui a jamais convenu ces quinze dernières années dans les matches décisifs:

  • défaite en 8e de finale du Mondial 2006 contre l'Ukraine (0-0; 0-3 aux tab).
  • amère élimination lors du dernier match de groupe en 2010 face au Honduras (0-0).
  • échec en 8e de finale de l'Euro 2016 contre la Pologne (1-1; 4-5 tab).
  • revers inattendu en 8e de finale du Mondial 2018 face à la Suède (0-1).

Petkovic et ses joueurs ont donc habilement laissé l'Autriche aux Italiens, et le Danemark aux Gallois, en 8e de finale, pour avoir la chance de se mesurer à un leader de groupe, une formation redoutable, ce qu'on appelle un gros poisson. Le voici, fraîchement pêché la veille: la France.

Les Bleus naviguent certes dans des profondeurs inconnues de la Suisse. Ils sont champions du monde en titre, possèdent des joueurs qui font des merveilles dans les plus grands clubs du monde. Mais il n'y a que des avantages, pour les Helvètes, à affronter un adversaire aussi prestigieux.

Pas de pression 🍺

Championne des attentes déçues, la Suisse ne peut que surprendre face aux Bleus. Une défaite serait considérée comme logique, une victoire comme fantastique, le rapport de forces étant largement à l'avantage de son adversaire. C'est bien simple: aucun footballeur suisse n'aurait sa place dans le onze tricolore, articulé en 4-3-3, en 4-4-2 en losange ou en 4-2-3-1.

L'armada française 🤯

Image: L'Equipe

Ce n'est pas la première fois que la Nati rencontre un géant en 8e de finale, et ce ne serait pas la première fois qu'elle le regarderait dans les yeux: lors du Mondial 2014 au Brésil, elle avait défié du regard l'Argentine de Messi jusqu'à la 118e minute et l'unique réussite du match signée Di Maria. La presse avait trouvé nos joueurs «rigoureux tactiquement, intelligents, culottés, solidaires et généreux». Ils sont cinq (Schär, Rodriguez, Xhaka, Shaqiri et Seferovic) à être sur la pelouse sept ans plus tard et à n'avoir rien oublié de cette soirée héroïque.

Pas de crainte

La Suisse, historiquement, résiste bien aux grandes nations en phase finale. Ces vingt dernières années, elle a renversé le Portugal (2-0 en 2008) et le futur champion du monde espagnol (1-0 en 2010). Elle a aussi pris un point contre la Croatie (0-0 en 2004) et le Brésil (1-1 en 2018), et même deux contre la France (0-0 en 2006 et 2016).

Zidane et ses coéquipiers n'avaient pu se défaire de la Suisse de Senderos en 2006.
Zidane et ses coéquipiers n'avaient pu se défaire de la Suisse de Senderos en 2006.Image: Keystone

Les Tricolores ne manqueront pas d'atouts lundi, mais de quelques certitudes, oui.

  • Hugo Lloris n'a plus arrêté le moindre penalty en sélection depuis 9 ans (Espagne-France 1-1 en 2012)
  • La France a terminé sans latéral gauche, après la sortie de Lucas Hernandez (pour son avertissement ou sur blessure?) et de Lucas Digne (blessé). Adrien Rabiot a dépanné.
  • Didier Deschamps hésite toujours entre plusieurs schémas tactiques. Il avait débuté sa préparation en 4-4-2 en losange, avant de privilégier un 4-3-3, puis de revenir dans un 4-2-3-1 face au Portugal.

Pas de fatigue

Quand les Helvètes entreront sur la pelouse de Bucarest, lundi prochain, ils auront le teint frais, des jambes de feu et des poumons gros comme des pastèques. Ils auront eu sept jours pour soigner les organismes et peaufiner les automatismes. C'est trois de plus que les Français, opposés mercredi soir au Portugal (2-2).

La Suisse, bien sûr, a beaucoup voyagé entre Bakou et Rome durant la phase de groupes. Elle est même la sélection avec le plus de kilomètres au compteur (10 012), loin devant la France et ses 6 344 bornes. Mais les Bleus ont beaucoup souffert physiquement, parce que ses adversaires (Allemagne, Hongrie et Portugal) lui ont mené la vie dure, et parce qu'il a fait très chaud à Budapest, où la France vient de disputer ses deux derniers matches.

«Marcher dans les rues de Budapest est éprouvant. La température y est caniculaire. Il fait plus de 30 degrés au coup d'envoi de France-Portugal»
Un envoyé spécial de la RTS dans la capitale hongroise mercredi
Arrosage automatique en Hongrie.
Arrosage automatique en Hongrie.Image: Pool AP

Pas de quartier 💪

Les grands matches subliment, transcendent. Les Suisses y ont déjà souvent goûté par le passé, en club et en sélection, mais beaucoup moins cette saison. Yann Sommer a été le plus mauvais gardien de Bundesliga, Granit Xhaka s'est fait insulter par ses propres supporters, Xherdan Shaqiri a chauffé le banc de Liverpool et Haris Seferovic n'a pas disputé la Ligue des champions avec Benfica.

Ces quatre tauliers ont une revanche à prendre, et quelle plus belle opportunité de le faire qu'un soir d'été, en prime-time, dans un magnifique stade et face à une grande nation?

Pop-corn time 🍿🤩

La National Arena de Bucarest.
La National Arena de Bucarest.

➡️ Tous les 8es de finale

  • Samedi 26 juin à 18h (Amsterdam): Pays de Galles-Danemark
  • Samedi 26 juin à 21h (Londres): Italie-Autriche
  • Dimanche 27 juin à 18h (Budapest): Pays-Bas-République tchèque
  • Dimanche 27 juin à 21h (Séville): Belgique-Portugal
  • Lundi 28 juin à 18h (Copenhague): Croatie-Espagne
  • Lundi 28 juin à 21h (Bucarest): France-Suisse
  • Mardi 29 juin à 18h (Londres): Angleterre-Allemagne
  • Mardi 29 juin à 21h (Glasgow): Suède-Ukraine
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