«On veut combler un vide»: ces Romands lancent un podcast sur le foot suisse
L'info va réjouir les fans de football suisse: un nouveau podcast spécialisé a vu le jour en mars. Son nom? Hors-Jeu. Il est disponible sur les principales plateformes de streaming, comme Youtube et Spotify.
Le premier épisode a été mis en ligne le 10 mars, avec une nouvelle cuvée chaque semaine. On en est déjà à quatre. Ce podcast est l'œuvre de deux journalistes sportifs romands bien connus par les amateurs de ballon rond de ce côté-ci de la Sarine: Valentin Schnorhk (ex-20 Minutes et Le Matin) et Laurent Antonioli (ex-Teleclub, notamment). Steve Guillod, habitué du plateau de blue Sport et ex-joueur de Super League, intervient comme consultant.
Hors-Jeu, c'est un podcast au choix éditorial fort, qui se concentre sur le foot suisse (un marché de niche). C'est aussi une initiative courageuse, dans un milieu médiatique romand qui souffre économiquement. Valentin Schnorhk nous présente son bébé.
Cette idée de podcast sur le foot suisse, elle vient d'où?
VALENTIN SCHNORHK: En fin d'année passée, quand j'allais quitter 20 Minutes, Laurent Antonioli m'a contacté pour me proposer l'idée. Et ça tombait bien: je pensais justement à créer un podcast sur le foot suisse depuis plusieurs années.
J'observe que beaucoup de médias ont une couverture de moins en moins large du foot suisse, et du foot romand en particulier. Alors je suis convaincu qu'il y a la place pour une nouvelle manière de traiter cette matière, différente de celle des médias traditionnels.
Le traitement du foot suisse en particulier, c'est donc un choix éditorial fort.
Oui, j'y accorde beaucoup d'importance. Car je n'ai pas l'impression que le public attend des médias romands qu'ils couvrent l'actualité du foot international. Il y a suffisamment de médias francophones axés sur le foot international. Parler du foot suisse, et des clubs romands en particulier, permet d'avoir un regard différent sur ces clubs qui n'est ni celui des fans, ni celui des journalistes hyper locaux. Notre avantage, avec ce podcast, c'est de pouvoir parler du foot suisse dans sa globalité, ce que peu de médias font.
Vous financez votre podcast comment?
Avec notre propre argent. On a la chance d'avoir un coup de main généreux de Mykistudio, à Lancy (GE), où on tourne nos épisodes.
Nos frais, c'est l'hébergement web du podcast, qui nous coûte une dizaine de francs par mois et qui diffuse ensuite notre contenu sur les plateformes. Tout le reste du travail, c'est nous qui le faisons. Parfois de manière artisanale, mais comme on travaille professionnellement, le rendu est beau.
Et justement, niveau technique, ça se passe comment?
Au studio, tout est mis en place pour qu'on n'ait plus qu'à appuyer sur «rec» quand on commence l'enregistrement. Personne ne supervise le déroulement. Ensuite, je m'occupe entièrement du montage, grâce à mes connaissances acquises durant mes études. C'est donc pas mal d'autodidacte, et je complète avec des logiciels, qui permettent aujourd'hui de produire facilement un podcast. On bricole un petit peu, mais je crois que ce n'est pas trop mal!
Oui, et le rendu est soigné, avec un jingle ou encore des encarts avec le logo du podcast et les thèmes abordés.
Si on lançait un podcast, il fallait que ce soit le plus pro possible. Je suis journaliste depuis plusieurs années, on a une petite réputation avec Laurent, on ne voulait pas faire ça en dilettante. Il fallait que ce soit travaillé. C'est important pour notre crédibilité. Même si le fond reste l'essentiel, la forme compte aussi, surtout à l'ère des réseaux sociaux.
C'est quoi le but derrière votre podcast, au-delà de vous faire plaisir? Vous voulez en vivre à long terme?
Déjà, il faut tâter le terrain, pour voir si le public est réceptif. Pour l'instant, on a au maximum 200 vues par épisode. Si on arrive au point où le podcast s'autofinance, ce sera déjà bien. Après, la prochaine étape, ce sera peut-être de faire du démarchage auprès de donateurs ou de sponsors, mais on n'en est pas encore là.
Ça vous prend combien d'heures par semaine?
J'essaie de regarder quasiment tous les matchs de Super League et je suis assidûment l'actualité du foot suisse. Mais ça, je ne le compte pas. Concrètement, l'enregistrement de l'épisode dure entre une et deux heures. Le montage, c'est trois à cinq heures. Donc par semaine, ça équivaut à une bonne journée de travail.
Et pour préparer l'émission et définir les sujets abordés, vous faites des briefings avec Laurent Antonioli?
On échange sur WhatsApp, tout simplement. On s'est fixé de parler des trois principaux clubs romands, ceux de Super League, à chaque journée de championnat: Servette, Sion et Lausanne.
Du coup, on s'impose dix à vingt minutes par épisode sur chacun de ces trois clubs. Le reste du programme, on le détermine selon l'actualité générale du foot suisse.
Vous avez des idées pour faire évoluer le format du podcast?
Oui, on pourrait inclure des interviews avec des invités, par exemple. On voit plein de choses, beaucoup de formats possibles. On regarde aussi attentivement ce qui se fait à l'étranger. L'avantage d'un podcast, c'est que ça donne beaucoup de liberté en termes de durée d'épisode, de ton et de contenu. Ça nous ouvre donc pas mal de portes.
