L’annonce avait surpris: en marge de la Confrontation des 4 nations, qui avait remplacé en février le All-Star Game, la NHL annonçait sans détour le retour de sa Coupe du monde de hockey, dont la dernière édition remonte à 2016. La prochaine est désormais prévue pour 2028.
A ce moment, la puissante ligue nord-américaine précisait que la Confrontation des 4 Nations n’était qu’un avant-goût de ce qui allait suivre, affirmant clairement son intention d’instaurer un événement majeur au milieu de chaque olympiade.
Depuis, peu d’informations ont filtré sur cette Coupe du monde appelée à entrer en concurrence – tous les quatre ans – avec le traditionnel Championnat du monde.
Cependant, le journaliste de TSN, Darren Dreger, a récemment révélé une information de taille: la NHL ne compte pas collaborer avec la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) pour l’organisation de la compétition.
La ligue entend garder le contrôle total sur son tournoi et, plus largement, renforcer son influence sur le hockey international. Une stratégie qui n’est pas du goût de l’IIHF: son président, Luc Tardif, avait déjà critiqué au printemps la future tenue de la Coupe du monde en février, soit quelques mois seulement avant le rendez-vous majeur de la fédération internationale.
Cette volonté d’avancer en solo risque d’envenimer des relations que l’on croyait pourtant en voie d’apaisement entre les deux entités, surtout après l’annonce du retour des joueurs de NHL aux Jeux olympiques. Ces derniers seront présents à Milan-Cortina l’hiver prochain, une première depuis Sotchi.
En faisant fi de l’instance mondiale, la NHL se donne ici la possibilité de collaborer avec la Fédération russe de hockey sur glace (FHR), afin d’inviter la «Machine rouge», bannie des compétitions internationales, à son tournoi. Cela alors qu’il devient clair que huit nations seront présentes. Ce que le commissaire de la ligue, Gary Bettman, avait laissé entrevoir en février est aujourd’hui confirmé par David Pagnotta, rédacteur en chef de The Fourth Period.
Il ne fait aucun doute que les nations ayant participé à la Confrontation des 4 nations – les Etats-Unis, le Canada, la Suède et la Finlande – prendront part à la Coupe du monde. A cela pourraient s’ajouter la République tchèque, et donc la Russie, toutes deux en mesure d’aligner des équipes composées uniquement de joueurs de NHL.
Quid des autres formations? La NHL semble écarter l’idée de mettre en place une sélection nord-américaine de jeunes joueurs, ainsi qu’une équipe européenne, comme cela avait été le cas en 2016. A l'époque, les Suisses Roman Josi, Luca Sbisa, Mark Streit et Nino Niederreiter avaient défendu les couleurs de ce team, également composé de hockeyeurs allemands, slovaques ou encore danois.
Cette évolution pourrait donc bénéficier à l'équipe de Suisse, septième plus gros pourvoyeur de joueurs dans la ligue la plus prestigieuse la saison dernière, même si la Nati, avec sa dizaine d’éléments en Amérique, n’est pas en mesure d’aligner une équipe composée à 100% de joueurs de NHL. Il en va de même pour l'Allemagne ou la Slovaquie.
Qu’à cela ne tienne, la NHL semble prête à faire un compromis, en acceptant dans son tournoi des joueurs extérieurs à sa ligue. Une façon de séduire le marché européen qu’elle espère conquérir, en délocalisant notamment une partie de la phase de groupes en Europe, toujours selon David Pagnotta.