«Je suis confiant»: Hakan Yakin veut retrouver un banc
Hakan Yakin, vous êtes aujourd'hui responsable de la «Yakin Arena», votre salle de football indoor à Oberengstringen (ZH). Quand vous reverra-t-on comme entraîneur professionnel?
Je continue à observer, à me former et à progresser, avec pour objectif de revenir bientôt sur un banc et de reprendre une équipe en main. L’entraînement et le développement des joueurs sont ma passion, et le football fait partie intégrante de ma vie. Je suis attentif aux nouvelles opportunités et aux défis qui me permettraient de mettre à profit mon expérience et mes connaissances (...) Je suis confiant qu’une bonne opportunité se présentera prochainement.
Il y a trois semaines, vous étiez de retour dans un FCL-Stadion à guichets fermés. Qu’est-ce que cela vous a fait de rejouer face à Ronaldinho, Rivaldo, Giovanni et consorts?
Ils tenaient absolument à jouer avec moi! (rires) Plus sérieusement: cela faisait du bien de retrouver le pur plaisir du football, de jouer, tout simplement. Avec les Brésiliens, tout se fait naturellement, ça ne s’apprend pas: ils ont la maîtrise du ballon dans le sang. De notre côté, avec l’équipe suisse, on a aussi essayé de combiner, même si certains avaient l’impression d’avoir un manche à balai dans les jambes. On a quand même réussi deux ou trois beaux mouvements.
Vous disiez récemment dans une interview qu’en Super League, les seuls joueurs que vous preniez réellement plaisir à regarder étaient Xherdan Shaqiri (FCB) et Matteo Di Giusto (FCL).
Un troisième joueur est revenu après une longue blessure et me plaît aussi: Alvyn Sanches, des Young Boys (réd: il évoluait auparavant au Lausanne-Sport). Lui, Shaqiri et Di Giusto sont des footballeurs d’exception. C’est ce genre de joueurs que j’aime voir. A mon avis, ces dernières années, la formation a trop mis l’accent sur l’aspect physique, alors que les supporters veulent avant tout du football attrayant.
Shaqiri et Di Giusto dominent actuellement le classement des buteurs (13 réussites chacun). Ce sont des chiffres proches de ceux que vous atteigniez à l’époque au FCL. Qu’est-ce qui les distingue?
J’apprécie le style de jeu de Di Giusto, et ses statistiques parlent pour lui. Shaqiri, lui, est un joueur d’expérience qui n’a plus la même explosivité. Au final, ce qui compte, ce sont les buts et les passes décisives. En équipe nationale, il ne pourrait plus maintenir un tel rythme.
Pour moi, ce n’est pas un bon signe qu’un joueur dont la capacité de course n’est plus optimale figure encore parmi les meilleurs de la ligue. Mais d’un autre côté, je suis content que tout ne se résume pas à la vitesse et la puissance dans le football. Cela montre que la formation doit continuer à accorder de l’importance à la technique, et pas seulement à la force physique.
Matteo Di Giusto a-t-il le niveau pour l’équipe nationale, ou n'aura-t-il sa chance qu'une fois passé par Bâle ou YB?
Son malheur, c’est que l’axe du milieu en sélection est très bien fourni. Pour l’instant, je ne vois pas vraiment où il pourrait s’intégrer. Freuler, Xhaka, Rieder, Jashari, Zakaria, Aebischer: ce sont tous des joueurs costauds et physiquement forts. Sur les côtés, il y a deux joueurs de couloir qui avalent les kilomètres, et devant, Breel Embolo. Mais le sélectionneur est toujours capable de surprises, alors peut-être que Matteo Di Giusto recevra une invitation. Murat ne se soucie pas du club: que ce soit Lucerne, Bâle ou YB, c’est égal pour lui. Malgré tout, je pense que Di Giusto n’aura pas de convocation pour l’instant. Il doit faire preuve de patience.
