Red Bull provoque ses adversaires en F1 avec une blague malicieuse
Lorsque les émotions s’échauffent quelque part en Formule 1, Max Verstappen n’est généralement pas loin. Le pilote néerlandais fulmine contre le règlement ou contre ses adversaires – et presque toujours avec répartie.
De toute évidence, cette attitude plaît aussi à son écurie: avant le Grand Prix du Qatar (ce dimanche dès 17h00) – potentiellement décisif pour le titre de champion du monde (lire l'encadré plus bas), les employés de Red Bull se sont permis une mauvaise plaisanterie.
Avant la première séance d’essais jeudi, un papier a soudain été collé sur la voiture de Verstappen. On pouvait y lire ce message en anglais:
Traduction en français: «C'est la même que la semaine dernière». Plus tard, ils ont fixé le même message sur une boîte à outils à côté du bolide, comme l’a rapporté un journaliste de Bild présent sur place.
Le papier collé sur le bolide de Verstappen
‘It's the same as last week’
— RBR Daily (@RBR_Daily) November 27, 2025
team 😭💀 pic.twitter.com/bhQFVKWjzM
Le message est sans équivoque: les photographes – dont certaines équipes se servent comme éclaireurs officieux – n’ont même pas besoin de chercher des nouveautés. La voiture de Verstappen serait identique à celle utilisée à Las Vegas et qui avait valu au Néerlandais des points importants dans la lutte pour le titre face aux deux pilotes McLaren, Lando Norris et Oscar Piastri.
Pour la concurrence, c’est précisément là un point essentiel. Chaque détail, chaque éraflure, chaque modification de l’aérodynamique est capté par les photographes spécialisés.
Norris est actuellement leader, avec 22 points d'avance sur Piastri et 25 sur Verstappen. S'il remporte le Grand Prix du Qatar ce dimanche, le Britannique sera assuré d'être sacré champion du monde (pour la première fois).
Méfiance et soupçons de triche
«Je pense que toutes les équipes ont des photographes-espions», a déclaré Adrian Newey, ingénieur chez Aston Martin, dans le podcast du journaliste F1 renommé James Allen. Et il a ajouté que les écuries savent assez précisément qui sont ces professionnels. L’effort pour dissimuler les pièces sensibles des voitures est donc considérable – souvent en vain.
Les équipes d’analyse décortiquent ensuite les photos au pixel près et tentent d’en tirer des conclusions techniques. Il n’est pas rare que cela concerne le soupçon que la concurrence évolue dans les zones grises du règlement.
Les ingénieurs travaillent de toute façon en permanence sur les réglages, à la recherche de failles et de possibles avantages. Et d’autres équipes s’efforcent, à leur tour, de déceler précisément ces astuces – et de les signaler à la fédération internationale (FIA) comme violations du règlement. Des débats publics éclatent régulièrement en conséquence.
Piastri a accusé Red Bull de violer le règlement
L’automne 2024 en a fourni un exemple marquant. «D’après tout ce que j’ai entendu, ce genre de chose n’a rien à voir avec “pousser à la limite”, c’est une violation claire du règlement», avait alors tonné le pilote McLaren Oscar Piastri lors de la conférence de presse à Austin.
L’accusation visait un composant de la voiture Red Bull qui aurait permis d’effectuer illicitement des ajustements aérodynamiques entre les qualifications et la course.
Red Bull n’a pas nié utiliser la pièce en question sur la voiture, mais a souligné qu’elle ne pouvait pas être employée de manière non conforme au règlement. La FIA a également précisé dans un communiqué qu’il n’existait aucun indice laissant penser que Red Bull avait enfreint les règles.
Reste à savoir si McLaren se vengera de l'écurie autrichienne sur les circuits: ses deux pilotes, Lando Norris et Oscar Piastri, peuvent empêcher Max Verstappen de remporter une cinquième couronne consécutive de champion du monde.
Adaptation en français: Yoann Graber
