Comment Verstappen a réussi son improbable retour et rêve de titre
Y aura-t-il pour Max Verstappen, à Doha (ce dimanche dès 17h00) et à Abu Dhabi (7 décembre), un conte digne des Mille et une Nuits? Pendant longtemps, tout indiquait que les deux pilotes McLaren, Lando Norris et Oscar Piastri, se disputeraient seuls le titre mondial. Mais un autre s’est alors, lentement mais sûrement, réinvité dans la lutte: Max Verstappen.
Après la disqualification des deux monoplaces McLaren à Las Vegas – en raison d’une usure excessive des plaques de fond – le Néerlandais se retrouve désormais à trois points de Piastri (2e) et à seulement 25 unités du leader, Norris. Lors de la course sprint à Doha samedi, Piastri s'est imposé, Norris a pris la 3e place et Verstappen la 4e.
Le classement actuel
Pour les deux derniers week-ends de course au Qatar et à Abu Dhabi, un maximum de 58 points reste à attribuer. Pour le pilote Red Bull Verstappen, la situation de départ redevient soudain prometteuse – surtout parce que la pression repose désormais clairement sur les deux pilotes McLaren.
Des améliorations sur la voiture
La première moitié de saison ne s’est pas déroulée comme prévu pour le champion en titre. Des problèmes techniques, tels que la surchauffe des pneus et une fenêtre de réglages extrêmement étroite sur la RB21 – qui rendait la monoplace difficilement contrôlable – l’ont régulièrement ralenti. Le point bas a été atteint lors du Grand Prix d’Autriche, le 29 juin, où il a été percuté peu après le départ par la Racing Bull de son ancien coéquipier Liam Lawson et a dû abandonner sans faute de sa part. Mais Verstappen et son équipe ont poursuivi leur travail d’amélioration de la voiture.
Après la pause estivale, les fruits de ce travail sont devenus évidents: depuis lors, le quadruple champion du monde a gagné quatre des huit courses disputées et comptabilise au total six succès cette saison. A titre de comparaison: sa saison la plus dominante a été 2023, avec 19 victoires en 21 Grands Prix.
Ses succès à Monza, Bakou, Austin et Las Vegas ont été particulièrement marquants, de même qu’une impressionnante remontée depuis la voie des stands jusqu’à la troisième place au Brésil. Parallèlement, il a publiquement minimisé ses ambitions pour le titre, allant jusqu’à évoquer le numéro qu’il choisirait pour la saison prochaine, puisque son numéro actuel, le 1, est réservé au champion du monde en titre.
Malgré le retour impressionnant de Max Verstappen, Lando Norris reste, mathématiquement, dans la position la plus confortable. S’il marque dimanche, lors de la course au Qatar, un seul point de plus que ses deux poursuivants, il sera champion du monde. Un scénario réaliste pour le Britannique, d’autant que, contrairement à son coéquipier Oscar Piastri, il a tenu la pression en seconde moitié de saison et est demeuré relativement constant.
Un «fléau» chez Red Bull
Le regain de forme de Verstappen soulève des questions: qu’a trouvé Red Bull qui conduit de nouveau à des victoires? Et pourquoi ces améliorations ne sont-elles visibles que chez le pilote néerlandais? Un constat frappe: l’écart demeure très important avec son coéquipier. Tandis que Verstappen joue le titre mondial, Yuki Tsunoda reste largement derrière le Néerlandais – un schéma qui se répète depuis des années et que les fans appellent en ligne le «Second Seat Curse» (en français: «fléau du deuxième baquet»).
L’origine de ce «fléau» remonte à 2019, lorsque Pierre Gasly a repris le siège de Daniel Ricciardo pour à peine douze courses. Il a ensuite été remplacé par Alexander Albon, qui n'est pas parvenu, non plus, à se hisser au niveau de Verstappen.
Pourtant, Gasly et Albon n’étaient pas de mauvais pilotes: tous deux se sont durablement établis en Formule 1 et ont prolongé leurs contrats avec Alpine, respectivement avec Williams, sur plusieurs années.
Pour Yuki Tsunoda, le contrat prend fin après cette saison et, selon les rumeurs, il ne sera pas prolongé au sein de l’équipe actuelle. On affirme plutôt que le rookie Isack Hadjar serait déjà prêt à saisir sa chance pour lever ce «fléau».
Tensions internes et grand talent
Le début de saison poussif de Max Verstappen pourrait aussi s’expliquer par des tensions internes avec l’ex-directeur d’équipe Christian Horner. Celui-ci avait déjà fait les gros titres négatifs la saison dernière. Son ancienne assistante lui reprochait un «comportement transgressif» et l’accusait de harcèlement sexuel
Pendant longtemps, Horner s’en est sorti à bon compte – les accusations ont été officiellement rejetées et l’assistante a quitté l’entreprise. En juillet, le mari de 52 ans de la Spice Girl Geri Halliwell a néanmoins été suspendu avec effet immédiat. Son poste a été repris par Laurent Mekies, le patron de l’équipe sœur Racing Bulls – et Verstappen s’est remis à gagner.
Une monoplace Red Bull améliorée et une atmosphère redevenue positive au sein de l’écurie constituent un premier élément. Mais les experts s’accordent à dire que, grâce à son talent, Verstappen est promis aux plus grands.
Il l’a aussi démontré en dehors de la Formule 1, lorsqu’il a passé à l’automne l’examen pour courir en endurance – et a d’emblée devancé tout le monde lors de sa première course. Il a soudain la possibilité de faire de même dans la course au titre en Formule 1.
Adaptation en français: Yoann Graber
