Le combiné nordique pourrait avoir vécu ses dernières heures lors des JO 2026.Image: imago / montage watson
Ce Suisse milite pour sauver son sport aux JO
Le combiné nordique pourrait disparaître du programme des JO d'hiver dès 2030 après un siècle de présence. Un Lucernois milite toutefois pour sauver cette discipline.
Cette année, les responsables olympiques observent de près les épreuves de combiné nordique. Cette discipline, qui associe saut à ski et ski de fond, figure au programme depuis les premiers Jeux d’hiver en 1924 à Chamonix, mais les responsables du marketing olympique au CIO voient d'un mauvais œil le manque de diversité des nations et de densité.
Un champion au combat
En Suisse, la discipline est étroitement liée à un nom: Hippolyt Kempf. Le Lucernois de 60 ans a été champion olympique en 1988 à Calgary, et a décroché la même année l’argent olympique par équipes, puis le bronze par équipes en 1994. Voir son sport sur la sellette ne lui plaît évidemment pas. D’une part, parce qu’il en est toujours passionné:
«C'est un mélange passionnant: il faut être léger, tout en étant endurant et athlétique»
D’autre part, parce qu’en tant qu’ancien directeur du ski nordique et actuel économiste du sport à l’Office fédéral du sport, il connaît aussi les mécanismes sous-jacents. Selon lui:
«Si le sport disparaît du calendrier olympique, ce serait fatal»
Le ski nordique en danger?
En tant qu’ambassadeur de la discipline, Hippolyt Kempf s’est rendu la semaine dernière sur les sites de compétition de Predazzo (saut à ski) et Tesero (ski de fond). Il explique avoir présenté l’attrait et la complexité de ce sport aux représentants du Comité international olympique (CIO) et fait passer un message central:
«Si l’on supprime le combiné, on met en danger le ski nordique dans son ensemble»
Hippolyt Kempf aux JO 1992.Image: KEYSTONE
Son argumentaire: si la discipline est supprimée, les soutiens nationaux disparaîtraient, et, dans de nombreux pays, le sport s'éteindrait purement et simplement. Cela entraînerait une moindre utilisation des infrastructures, plus difficiles à justifier et à financer, notamment dans des pays comme l’Allemagne ou l’Autriche, où le combiné a une tradition, et c’est tout le ski nordique qui en souffrirait.
On pourrait bien sûr reprocher au Lucernois de défendre son intérêt personnel, puisque ses fils Noé et Finn évoluent chez les espoirs. Il balaie l’argument en riant:
«Je n’y peux rien si tous les deux n’ont pas pu se décider pour le ski de fond ou le saut à ski»
Pas de Suisses aux JO
Ces derniers mois, la discipline a retrouvé un peu de vie en Suisse. Jürg Capol, le responsable du ski nordique suisse, parle de cinq athlètes qui entrent dans les cadres nationaux.
Pascal Müller a récemment pris part à la Coupe du monde de façon régulière. Swiss-Ski l'aurait volontiers envoyé aux JO en compagnie de Finn Kempf, mais s'est heurté au refus de Swiss Olympic, faute d'avoir rempli les critères de sélection.
La décision du CIO sur les sports olympiques devrait tomber lors d’un congrès en juin. Pour 2030, le cyclo-cross et le cross-country (athlétisme) sont aussi en discussion. Des disciplines qui n’ont pas besoin d’hiver, mais qui ouvriraient de nouveaux marchés au CIO.