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Saut à ski

Saut à ski: les parents de Sina Arnet avaient peur pour leur fille

Ruth et Effi ont suivi pour la première fois un saut de Coupe du monde de leur fille en direct du tremplin d'Engelberg vendredi.
Ruth et Effi ont suivi pour la première fois un saut de Coupe du monde de leur fille en direct du tremplin d'Engelberg vendredi.Image: Lukas Kuonen/Swiss-Ski

«On avait peur pour notre fille»

Les parents Arnet racontent comment ils vivent les compétitions de Sina (18 ans), la meilleure sauteuse à ski suisse, engagée ce week-end à Engelberg.
17.12.2023, 18:5417.12.2023, 18:54
Rainer Sommerhalder

Les parents de Sina Arnet s'étaient certes rendus aux Championnats du monde de Planica au printemps dernier, mais ils n'avaient encore jamais assisté en direct à une épreuve de Coupe du monde de leur fille. Leur attente a pris fin vendredi lorsque la meilleure sauteuse à ski du pays s'est élancée sous leurs yeux depuis le tremplin d'Engelberg, qui accueillait pour la première fois une compétition féminine. L'occasion était belle pour Effi et Ruth d'accompagner leur championne de fille puisque la famille Arnet vient justement d'Engelberg.

Sina (18 ans) n'a toutefois pas réussi à se qualifier pour la finale rassemblant les 30 meilleures athlètes, se classant 35e avec un essai à 108m (et 33e samedi avec un bond à 107m). «Ce n'était pas un saut extraordinaire sur le plan technique», a-t-elle sobrement déclaré vendredi devant ses parents, qui hésitaient entre plaisir et nervosité. Car même si l'accès au saut à ski, sport hautement complexe, s'est révélé à eux grâce à leur fille, il reste difficile à appréhender.

«Tu crois comprendre les mécanismes d'un saut, alors qu'au fond, tu n'y connais rien»
Effi Arnet, le papa
Sina Arnet dans le ciel obwaldien.
Sina Arnet dans le ciel obwaldien. Keystone

L'ex-champion du monde Andreas Küttel disait déjà que seul un tout petit cercle de personnes sait ce qu'on ressent quand on est dans les airs avec des skis aux pieds. Une pratique qui n'est pas sans danger et qui, jusqu'à il y a une vingtaine d'années, n'était pas accessible aux femmes. Les parents Arnet craignent-ils justement pour leur fille? «Autrefois, j'avais toujours peur lorsque Sina sautait pour la première fois sur un nouveau tremplin, concède Effi. Mais cette crainte a aujourd'hui disparu.»

Les Arnet ont une bonne connaissance du sport professionnel. Effi (59 ans) a lui-même été un sportif de haut niveau en natation et enseigne le sport à l'IOS Engelberg. Sa femme Ruth participe à des compétitions d'endurance et la sœur de Sina, Chiara, fait partie du cadre C des biathlètes suisses.

Ce qui a rassuré les parents, c'est aussi la maturité et la volonté de Sina dans son sport. La jeune femme a su très tôt où son parcours sportif devait la mener.

«A trois ans, elle a dit pour la première fois qu'elle voulait devenir sauteuse à ski. Je ne l'ai pas crue, jusqu'à ce que nous l'accompagnions pour la première fois à une compétition à l'âge de huit ans.»
Effi Arnet
C'est aussi Simon Ammann qui a donné envie à Sina de faire du saut.
C'est aussi Simon Ammann qui a donné envie à Sina de faire du saut. Keystone

La passion se lit encore aujourd'hui dans les yeux de la sauteuse à ski et de ses fans. Ses autographes étaient très demandés vendredi au tremplin du Titlis, au point que son passage devant les tribunes s'est transformé en marche triomphale pour l'idole locale.

La seule Suissesse régulièrement convoquée en Coupe du monde n'a pas laissé son mauvais résultat gâcher sa journée de vendredi forcément particulière. Face aux questions de la télévision, elle a ri devant la caméra comme si le grand objectif de sa carrière, remporter une médaille d'or olympique, venait de devenir réalité. «Sauter ici à Engelberg était magnifique. C'est un rêve qui s'est réalisé. J'étais quand même assez nerveuse en haut du tremplin», a reconnu cette athlète de 18 ans dont on n'a pas fini d'entendre parler.

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