Ces femmes bannies ont un plan pour participer aux JO d'hiver
Le combiné nordique est actuellement menacé. Présent aux Jeux depuis 1924, il pourrait ne plus figurer au programme olympique en 2030. Une décision à ce sujet sera prise après les Jeux de Milan-Cortina, prévus dans quelques semaines.
Sa place est remise en cause en raison de son image vieillissante et de son manque d’attractivité, tandis que des disciplines plus modernes et dynamiques cherchent à le remplacer.
L’élément déterminant se situe néanmoins ailleurs. Aux Jeux olympiques, le combiné nordique n’est pratiqué que par les hommes. Or le Comité international olympique (CIO) ne transige plus sur la parité. Celle-ci doit être atteinte dans les Alpes françaises en 2030.
C’est pourtant ce même CIO qui a décidé d’écarter le combiné nordique féminin du programme de Milan-Cortina, jugeant la discipline trop récente, trop peu répandue à l'international et limitée par le faible nombre d’athlètes de haut niveau.
Cette décision a été prise en 2022, soit deux ans après le lancement de la Coupe du monde féminine de combiné nordique. Or elle crée aujourd’hui des remous, le combiné féminin ayant depuis largement progressé. De nombreuses athlètes espéraient un revirement qui ne s’est finalement pas produit.
«C’est la plus grande erreur que le CIO ait jamais commise», a récemment déclaré la combinarde allemande Nathalie Armbruster à Sport1. Cette décision est «injustifiable» de nos jours, a-t-elle ajouté. Des propos également soutenus par l’Américaine Annika Malacinski.
Toutes les combinardes sont déterminées à se battre pour un jour disputer les Jeux olympiques dans leur discipline. En attendant, certaines ont choisi une autre voie, délaissant le ski de fond pour se concentrer sur le saut.
C’est le cas de la Norvégienne Gyda Westvold Hansen qui, pour ses débuts en Coupe du monde de saut à ski, fin novembre à Lillehammer, a signé une prometteuse 32e place. Depuis, la triple championne du monde de combiné nordique a déjà enregistré plusieurs Top 20, son meilleur résultat étant une 11e place lors du Two Nights Tour à Garmisch-Partenkirchen. Elle semble plus que jamais en mesure de réussir son pari.
En 2022, lorsque le CIO avait annoncé que le combiné nordique féminin ne serait pas au programme des Jeux de Milan-Cortina, Westvold Hansen avait attiré l’attention en s'alignant sur une course de pré-saison avec une barbe dessinée sur le visage. Elle jugeait alors cette décision «absurde».
L’Autrichienne Lisa Hirner a également choisi de se consacrer au saut à ski, tout en poursuivant sa carrière en combiné nordique. Ses débuts en Coupe du monde ont eu lieu à Falun et se sont récemment poursuivis à Villach. Bien qu’elle n’ait pas encore fait mieux que 30e, elle pourrait elle aussi se qualifier pour les JO, à la vue des blessures et des départs à la retraite au sein de l’équipe d'Autriche.
La situation ici est des plus cocasses: alors que le CIO reprochait au combiné nordique de manquer de profondeur dans ses effectifs de haut niveau, les meilleures mondiales sont contraintes de se tourner vers un autre sport, le saut à ski, pour poursuivre leur rêve olympique.
