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Le Danemark réalise des exploits durant cet Euro 2020.

Euro 2021

Le Danemark est prêt pour un nouvel exploit

Les footballeurs scandinaves affrontent l'Angleterre à Wembley mercredi soir (21h00) en demi-finale de l'Euro. Soudés comme jamais, ils ne cessent de surprendre dans ce tournoi.



Vu de l'extérieur, tous les ingrédients semblent réunis pour que le Danemark crée une immense surprise lors de cet Euro. Comme lors de son sacre venu de nulle part dans l'édition de 1992, pour laquelle les Scandinaves n'étaient, il faut le rappeler, même pas qualifiés...

Il y a tout d'abord eu l'arrêt cardiaque de la star de l'équipe Christian Eriksen pendant le premier match face à la Finlande. Ensuite, la qualification en huitièmes de finale in extremis lors du dernier duel de poule contre la Russie (4-1). Et puis deux solides victoires contre le Pays de Galles (4-0) et la République tchèque en quart (2-0). Tout ça pour affronter les Anglais dans leur temple de Wembley donc, mercredi soir (21h00) dans le dernier carré.

Peu après le traumatisme de l'accident d'Eriksen, sauvé et aujourd'hui convalescent, la journaliste de la RTS Elodie Crausaz avait lâché des mots quasi prophétiques sur le plateau:

«On souhaite à cette équipe danoise d'aller très loin dans ce tournoi»

Elodie Crausaz, journaliste à la RTS

Même pour les plus optimistes, ils sonnaient creux à ce moment-là. Le Danemark venait – logiquement, étant donné les circonstances – de perdre son duel contre la modeste Finlande (1-0), et on ne savait pas s'il allait pouvoir se relever après pareille claque émotionnelle.

Fresque Eriksen Euro 2020

Une fresque en l'honneur de Christian Eriksen à Copenhague. image: keystone

Un sélectionneur au top

Il y est parvenu grâce, notamment, à son sélectionneur Kasper Hjulmand. Avec ses joueurs, le natif d'Aalborg a fait preuve d'une grande psychologie, une matière qu'il a d'ailleurs étudiée à l'université.

« Il a été absolument fantastique. Cela m'a beaucoup impressionné de voir comment il a géré tout ça. Il nous a permis de rester concentrés sur le foot. Mais il nous a aussi laissé de la place pour que nous nous exprimions, que nous voyions nos proches»

Simon Kjær, capitaine du Danemark, à propos de Kasper Hjulmand

En plus d'exceller dans le management humain, le sélectionneur prône – et fait appliquer – un football attrayant, porté vers l'attaque. «A la détermination toute viking, Hjulmand a associé un jeu léché et offensif, appuie Nicolas Chartrain, expert du foot scandinave. La fédération et les fans étaient frustrés de voir leur sélection évoluer dans un registre stéréotypé et si défensif, malgré le fort potentiel des joueurs. Les dirigeants ont voulu changer ça. Ils ont eu une prise de conscience lors du terne 0-0 face à la France pendant la Coupe du monde 2018.»

Bild

Kasper Hjulmand a communié avec les fans danois à Copenhague après le match contre la Belgique, celui qui a suivi l'accident d'Eriksen.

Ils sont donc allés chercher en août dernier Kasper Hjulmand, grand admirateur de Johann Cruyff et de son football total. Dans l'optique d'appliquer la même philosophie offensive à tous les échelons, ils ont placé un technicien espagnol, Alberto Capellas Herms, à la tête des M21. Avec un certain succès: les espoirs danois ont atteint en mars les quarts du dernier Euro, éliminés aux tirs au but par l'Allemagne.

Cet attrait des Vikings pour l'attaque n'est pas nouveau. «La fédération a une stratégie depuis très longtemps, qui s’appelle le «fil rouge», expliquait le journaliste danois Frédéric Hjorth à Eurosport. Le concept est que toutes les équipes de jeunes doivent jouer de la même façon, jouer un football attractif, plutôt en 4-3-3, avec beaucoup de possession. Morten Olsen (sélectionneur de 2000 à 2015) a instauré ça au Danemark. Après, il y a eu une petite coupure avec le prédécesseur de Hjulmand.»

Equipe bout de bois

Il s'appelle Age Hareide et il a entraîné le Danemark entre 2015 et 2020. Si cet Euro n'avait pas été décalé d'une année, le Norvégien aurait été sur le banc durant le tournoi. Mais le technicien n'a pas souhaité prolonger son mandat et s'est engagé avec Rosenborg en septembre dernier. Hareide avait emmené les «Rouges et Blancs» en 1/8e de finale de la Coupe du monde 2018 (défaite aux tirs au but contre la Croatie). Deux mois plus tard, il s'était montré solidaire avec ses joueurs dans un épisode qui restera parmi les plus cocasses de l'histoire de ce sport.

Age Heraide était le sélectionneur du Danemark.

Avec le sélectionneur Age Hareide (2015-2020), les Danois pratiquaient un football moins offensif qu'aujourd'hui. Image: keystone

La fédération venait de changer son règlement et n'autorisait plus les sélectionnés à afficher la marque de leur sponsor individuel sur leurs chaussures. En réaction, Eriksen et ses coéquipiers avaient décidé de boycotter un match amical face à la Slovaquie, début septembre. Conséquence: les dirigeants danois avaient été contraints de bricoler une équipe composée uniquement de footballeurs de troisième et quatrième divisions nationales, ainsi que de joueurs de... futsal. Le tout avec un entraîneur intérimaire.

Après la défaite 3-0 en terre slovaque, un compromis avait été trouvé entre la «fédé» et les titulaires habituels. Ils signaient leur retour quatre jours plus tard avec une victoire contre le Pays de Galles, dans la toute nouvelle Ligue des nations.

Union sacrée

Depuis, la sérénité est pleinement revenue au pays de la petite sirène. Les brouilles de 2018 ont fait place à l'union sacrée entre dirigeants, joueurs et fans. Une solidarité présente dans l'ADN danois. «Le collectif a toujours été la marque de fabrique du football au Danemark», analyse Nicolas Chartrain. Avec des amis passionnés comme lui par le football scandinave, ce jeune Français a créé le site web «Nordisk Football», dévolu à ce sport dans les pays nordiques. En amoureux du Danemark, il s'est enthousiasmé devant «l'effervescence du public lors des matchs de poule à domicile disputés à Copenhague», capitale d'une nation où le football est le sport numéro un, devant le handball.

Jannik Vestergaard fête avec les fans danois lors de l'Euro 2020 à Amsterdam.

Le défenseur Jannik Vestergaard célèbre avec les nombreux fans danois, venus soutenir leur équipe à Amsterdam en 1/8e de finale contre le Pays de Galles. image: keystone

Mercredi soir à Wembley, face à l'Angleterre, les Danois ne pourront cette fois-ci pas compter sur leur formidable public. En cause: les restrictions de voyage dues au Covid-19. Mais les hommes de Kasper Hjulmand ont montré ces quatre dernières semaines qu'ils avaient les ressources pour réaliser des exploits. Et qui sait, peut-être broder une deuxième étoile sur leur maillot après celle de 1992?

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