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Grâce aux souris, on sait s'il faut faire du sport le matin ou le soir

epa09517975 Gym members wear face masks as they take part in a circuit class at Fernwood Fitness Annadale gym, following 108 days of lockdown in Sydney, New South Wales, Australia, 11 October 2021. Ha ...
Image: EPA AAP

Grâce aux souris, on sait s'il faut faire du sport le matin ou le soir

Les organes ne réagissent pas de la même façon selon le moment de la journée où l'on s'active.
23.01.2022, 11:2923.01.2022, 20:18
Peggy Sastre / slate
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Que l'activité physique soit bonne pour la santé – comme à peu près tout, avec modération – ne fait aujourd'hui plus aucun doute. On sait même que ses effets ne sont pas les mêmes selon le moment de la journée où l'on s'active. En faisant du sport le matin, on aura plutôt tendance à jouer sur le métabolisme immédiat des sucres et des graisses, grâce à des gènes s'exprimant dans les cellules musculaires. À l'inverse, se bouger le soir se traduira plutôt par une augmentation de la dépense énergétique dans tout le corps et dans la durée.

Mais s'ils commencent à maîtriser le comment, les scientifiques butent encore sur le pourquoi différents effets d'une même activité physique se produisent à différents moments de la journée. Raison pour laquelle une équipe internationale vient de mener l'étude à ce jour la plus exhaustive sur le sujet.

Constituant un véritable atlas du métabolisme de l'activité physique, les résultats de ces travaux, publiés le 13 janvier, dans la revue Cell Metabolism, montrent comment, après le sport, le corps produit différentes molécules de signalisation bénéfiques pour la santé en fonction de l'heure de la journée, et ce, de manière spécifique à chaque organe. Ces signaux constituent une gamme aussi large que diverse et influent sur le sommeil, la mémoire, les performances à l'effort ou encore la régulation (homéostasie) du métabolisme.

Maximiser les bénéfices du sport

Dirigés au départ par Paolo Sassone-Corsi, spécialiste de l'épigénétique et des rythmes circadiens, affilié notamment à l'Inserm puis, après sa mort survenue en 2020, par Juleen R. Zierath, biologiste du diabète et enseignant à l'Université de Copenhague, les scientifiques ont mené leurs expériences sur des souris qu'ils ont fait s'activer, en équivalent humain, à 6 h du matin ou à 22 h le soir.

Ensuite, ils leur ont prélevé du sang et des échantillons dans différents organes et tissus – cerveau, cœur, muscles, foie et graisse. De leurs analyses, les chercheurs ont pu détecter des centaines de métabolites et de molécules de signalisation hormonale dans chaque tissu, et pister comment elles se modifiaient suivant le moment de l'activité physique.

En particulier, l'étude permet de mieux comprendre comment les tissus communiquent entre eux, et comment faire du sport est à même de «reparamétrer» des rythmes circadiens défectueux dans certains organes – un détraquage qui, l'on sait, augmentent les risques d'obésité et de diabète de type 2.

En outre, l'équipe a su identifier de nouvelles molécules de signalisation induites par l'exercice dans de nombreux tissus. Autant de pistes à explorer afin de saisir comment, individuellement ou collectivement, elles jouent sur la santé et de faire en sorte de maximiser les bénéfices du sport chez les individus ayant le plus de risques de souffrir de troubles métaboliques.

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