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La nouvelle combinaison Sunrise des skieurs helvétiques.
La nouvelle combinaison Sunrise des skieurs helvétiques.

Les combis du ski suisse, un mythe indémodable

Les skieurs ont étrenné leur nouvelle combinaison aux couleurs du «lever du soleil». C'est un événement: la plupart de ces tenues sont entrées au patrimoine affectif du sport suisse.
06.07.2022, 16:5807.07.2022, 11:33

Habilleurs, coiffeurs, projecteurs. C'était fashion-week à Schlieren, mardi soir, où Swiss-Ski a présenté sa collection hiver 2022/2023. Résultat? La nouvelle combinaison tant attendue arbore différentes déclinaisons de rouge et d'orange. Elle répond au nom de «Levada», qui signifie «lever du soleil» en romanche (et sunrise en anglais). A hauteur des chevilles, un dégradé de blanc (pour la neige). Les designers sont des poètes.

Défilé Swiss-Ski à Schlieren, où le nouveau sponsor principal Sunrise a affiché la couleur.
Défilé Swiss-Ski à Schlieren, où le nouveau sponsor principal Sunrise a affiché la couleur.

L'impatience était grande mais ce n'était pas que pure coquetterie. Comme nous le rappelle notre jeune collègue à watson Sven Papaux, ancien skieur du centre national, «la matière, la couleur et l'orientation des coutures ont une influence énorme sur la performance. Une combi peut faire gagner ou perdre de précieux centièmes». Or le président de Swiss Ski, lui-même ancien champion du monde de descente, est très confiant: «C'est la combinaison la plus rapide du monde», plastronne Urs Lehmann.

Que pensez-vous de la nouvelle combinaison?

Des pyjamas en coton (dixit Bernhard Russi) aux plastiques high tech, les combinaisons ont évolué vers des textures toujours plus sophistiquées et, a contrario, vers des tons toujours plus unis et neutres. Certaines tenues de l'époque étaient bien plus extravagantes et en sont devenues mythiques. Nous les avons ressorties du placard.

La vintage

St Moritz 1928: pull, bonnet, gants, et départ!

La pionnière

Toni Bürgler aux Jeux de Lake Placid en 1980.
Toni Bürgler aux Jeux de Lake Placid en 1980.

Dès le milieu des années 70, des chercheurs lancent la mode des combinaisons moulantes. Ils agrègent des matières plastifiées et font «disparaitre» les coutures afin d'améliorer la pénétration dans l'air. Les règlements de la FIS tardent à réagir. Des petits génies en profitent pour créer diverses sortes de pièces étranges, souvent multicolores.

En décembre 1977, Annemarie Moser-Pröll perd sa victoire au géant de Val d’Isère parce que sa combinaison ne respecte pas les normes d’étanchéité. En 1980, aux Jeux de Lake Placid, ces normes sont clairement établies et les tenues moulantes en deviennent une autre.

La pink panther

Michela Figini aux Jeux de Sarajevo 1984.
Michela Figini aux Jeux de Sarajevo 1984.

Tant qu'à innover, la Suisse lance la combi rose et noire. Quel rapport avec la fondue? La question est restée en suspens quelques années.

La fromage

En 1992, l’Union suisse des fromagers réussit un grand coup marketing en équipant les skieurs aux couleurs de l'Emmenthal, non sans une certaine ironie (les trous d'air, des champions sapés comme des mascottes, le jaune poussin). Certains s'extasient, d'autres s'offusquent. Plusieurs vedettes auraient menacé (plus ou moins sérieusement) de courir pour le Lichtenstein. Des parlementaires ont déposé une interpellation. Trente ans plus tard, cette combi continue de marquer les esprits.

La winneuse

Elle a fait Calgary et Crans-Montana. En gros, elle a tout gagné. Absolument tout raflé. Dans les musées et les troquets de montagne, c'est celle que l'on voit le plus. Elle reste invariablement associée à la gloire du ski suisse.

La maudite

Elle est née à l'initiative de Swissair, dont le sponsoring devait s'étaler entrer 1998 et 2002 à raison de 5,5 millions de francs par an. Mais la vénérable compagnie a définitivement périclité en 2001.

Elle était noire, référence funeste à une heure sombre de l'économie helvétique. Pis: elle était poreuse. Skieurs et dirigeants lui ont attribué la responsabilité de leurs contre-performances répétées (notamment les légendaires «pertes de temps sur la partie de glisse»). Dans les usines du confectionneur Descente, des plombs ont sauté:

«Lorsqu'un athlète perd 3 secondes sur une descente, il est difficile d'imaginer qu'une combinaison puisse être la seule responsable. Aucune autre nation, même au fond du gouffre, ne s'est jamais réfugiée derrière cette excuse»
Le patron de la marque Descente dans Le Temps

La grande Torino

Didier Cuche aux Jeux de Turin 2006.
Didier Cuche aux Jeux de Turin 2006.

Tout feu, tout flamme. Pour les puristes (et pour Sven Papaux, si vous cherchez un cadeau d'anniversaire à lui offrir), c'est «THE »pièce de collection, incontournable et quasiment introuvable.

Les Swisscom

La première version en bleu (ici Didier Cuche)...
La première version en bleu (ici Didier Cuche)...
... puis des déclinaisons de blanc-bleu-rouge (ici Lara Gut).
... puis des déclinaisons de blanc-bleu-rouge (ici Lara Gut).

Swisscom aura traversé l'ère du développement publicitaire et de la recherche scientifique. Le site de la RTS nous apprend par son consultant Patrice Morisod que «faites sur mesure, ces combinaisons ont une durée de vie très limitée. Pour maximiser les chances de victoire, elles n’ont droit qu’à une seule sortie en descente et en super-G: chaque athlète utilise une combinaison par course.» Coût moyen: 600 francs pièce.

A compter d'aujourd'hui, Sunrise remplace son concurrent Swisscom sur les combinaisons. Question d'argent. Mais la transition ne s'est pas déroulée sans heurts (les dessous de l'affaire, un article qui évoquera des souvenirs à ceux qui, eux aussi, ont changé d'opérateur 👇)

Maintenant que nous avons fait défiler les plus belles combinaisons du ski suisse, à vous de voter!

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