Les Bleus avantagés par le passé colonial? Une étude suisse le montre
La période coloniale continue d’influencer les chances de succès dans le football international, selon une nouvelle étude publiée par l’Université de Zurich. Les anciennes puissances coloniales disposeraient d’un vivier de talents plus important. A l’inverse, les anciennes colonies en feraient les frais, faute de pouvoir offrir les mêmes perspectives de carrière et de revenus.
Pour leur étude, des chercheurs de l’Université de Zurich et de l’Université de Constance ont simulé près de 1500 fois la Coupe du monde 2026 à l’aide du jeu vidéo Football Manager 2026, et ont analysé 49 internationaux ayant des racines dans d’anciennes colonies, mais représentant aujourd’hui les sélections de la France, de l’Angleterre, du Portugal, de l’Espagne, de la Belgique ou des Pays-Bas.
Trois scénarios ont été comparés: les joueurs restent dans leurs sélections actuelles, ils sont écartés des effectifs ou ils représentent les pays d’origine de leur famille. Les chercheurs ont ensuite évalué les conséquences de ces choix sur le déroulement du tournoi.
Selon les résultats, plusieurs anciennes colonies obtiendraient de bien meilleurs résultats si ces joueurs défendaient les couleurs de leur pays d’origine. Le Nigeria remporterait ainsi la Coupe du monde dans environ 4% des simulations. Le Suriname verrait également ses chances de succès fortement augmenter.
La France est la principale bénéficiaire
Dans le même temps, les perspectives de plusieurs grandes nations européennes reculeraient. L’effet est particulièrement marqué pour la France. Dans le scénario actuel, les Bleus remportent 34,5% des Coupes du monde simulées. Si les joueurs ayant des racines familiales dans d’anciennes colonies représentaient plutôt les pays d’origine de leurs familles, cette probabilité serait presque divisée par deux.
Il convient de noter que cette étude a été publiée sous forme de prépublication sur la plateforme Open Science Framework et n’a pas encore été évaluée par les pairs en vue d'une publication dans une revue scientifique.
(car/sda/roc)
