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Euro 2024: Ruben Vargas parle de sa foi en Dieu

Le joueur de l'équipe de Suisse Ruben Vargas est très croyant.
Le joueur de l'équipe de Suisse Ruben Vargas est très croyant. image: keystone/shutterstock
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Cette pépite de la Nati a eu une révélation mystique

Ruben Vargas joue un rôle central dans l'équipe de Suisse à l'Euro. Le Lucernois (25 ans) se livre dans cette interview profonde où il évoque notamment sa foi en Dieu.
18.06.2024, 18:47
Etienne Wuillemin, cologne / ch media
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Il est vif, agile et aime dribbler. Ruben Vargas a le potentiel pour devenir le joueur offensif clé de la Nati pendant cet Euro. A plus long terme, le Lucernois de 25 ans peut rendre le départ prochain de Xherdan Shaqiri un peu plus supportable.

Rencontre avec le feu follet de l'équipe de Suisse, qui se livre en profondeur dans cette interview.

Cette première victoire contre la Hongrie, c'était comment de la vivre sur le terrain?
RUBEN VARGAS: L'ambiance était fantastique. J'avais la chair de poule lorsque nous sommes entrés sur le terrain. C'est important de bien commencer le tournoi. Mais ce n'était qu'une première étape.

Lors du dernier Euro, vous avez joué un rôle central dans la victoire contre la France, mais étiez aussi au centre de l'attention après la défaite face à l'Espagne. Lequel de ces souvenirs est le plus vif?
Je suis quelqu'un de positif, alors je dis clairement le triomphe contre la France. Mais c'est clair, j'ai vécu en très peu de temps un ascenseur émotionnel: je marque mon tir au but face aux Français et nous gagnons. Puis je rate contre l'Espagne et nous sommes éliminés.

Vos larmes et la manière dont l'Espagnol Thiago Alcantara et Xherdan Shaqiri ont tenté de vous consoler sont restées dans la mémoire collective.
Ma déception était tout simplement énorme. Mais surtout parce que nous avons été éliminés, pas à cause de mon tir au but manqué. Ça m'a fait incroyablement du bien de recevoir de très nombreux messages depuis la Suisse, qui me félicitaient d'avoir eu le courage de tirer.

Une image légendaire.
Une image légendaire. image: Freshfocus

Vous êtes désormais immortalisé dans un livre pour enfants de la Nati, en tant que modèle sur la manière de gérer une déception.
Exactement, c'est quelque chose de bien. Quelques parents m'ont posé des questions. Et oui, j'aime être un modèle pour les enfants (rires).

C'est justement déjà quand vous étiez enfant que vous avez appris à lutter: vous étiez parfois mis de côté au FC Lucerne à cause de votre petite taille.
Je me souviens très bien de ce sentiment, je n'ai jamais eu la vie facile. Je passais souvent en arrière-plan. Il y avait des soirs où je restais à la maison et où je pleurais parce que je ne pouvais pas aller à un tournoi. Je voulais simplement jouer au football. Quand l'entraîneur me disait: «Désolé, ça ne suffit pas», ça me faisait mal.

Vargas a fait ses débuts avec la première équipe du FC Lucerne lors de la saison 2017/18.
Vargas a fait ses débuts avec la première équipe du FC Lucerne lors de la saison 2017/18.image: keystone

Qu'avez-vous pu en tirer pour votre vie professionnelle?
Plusieurs choses. Cette période m'a marqué. J'ai toujours dû me battre, je n'ai jamais reçu de cadeau. J'ai su très tôt ce que c'était que de ne pas réussir. Mais aussi que cela valait la peine de s'accrocher et de ne jamais abandonner.

A propos de ne pas abandonner: après l'école, vous avez suivi et terminé un apprentissage de peintre.
Exactement. C'était une leçon de vie pour moi. Le métier lui-même m'a plu. Mais je mentirais si je disais que c'est un pur bonheur d'être sur le chantier tous les matins à 7h30. En dernière année d'apprentissage, j'étais déjà footballeur professionnel, je suis fier de l'avoir achevé. Avec le recul, je trouve que c'est enrichissant d'avoir aussi connu ce monde-là.

Portrait du héros de la Nati contre la Hongrie👇

Elle ressemblait à quoi, votre enfance?
Je la qualifierais de tout à fait normale. J'ai grandi à Adligenswil (Lucerne), j'ai un frère, Manuel, qui a trois ans de moins que moi. J'ai des liens très étroits avec lui. Mon père est originaire de la République dominicaine, ma mère est Suissesse. Ils sont désormais séparés.

Quel âge aviez-vous au moment de leur séparation?
Neuf ans. Mais je voyais encore mon père très souvent. Même quand ma mère a rencontré mon beau-père. Ce qui m'a beaucoup marqué et aussi réjoui, c'est que tous avaient et ont toujours de très bonnes relations entre eux. Nous étions toujours ensemble.

«Lorsque nous partions en vacances, mon père nous accompagnait toujours, même après la séparation. Nous n'avons jamais eu l'impression que quelqu'un était exclu»

Mon père est toujours resté impliqué dans la vie de famille. Cela a rendu les choses beaucoup plus faciles pour mon frère et moi.

Il n'y a jamais eu de dispute?
Jamais. C'est encore le cas aujourd'hui. Par exemple, ma mère, mon beau-père et mon père vont tous ensemble aux matchs de l'Euro. C'est bien sûr très agréable pour moi.

Comme Ruben Vargas, beaucoup de fans de la Nati doivent prier pour que leur équipe cartonne à l'Euro.
Comme Ruben Vargas, beaucoup de fans de la Nati doivent prier pour que leur équipe cartonne à l'Euro.image: instagram

Votre père vous a beaucoup influencé sur le plan sportif.
Oui, c'est vrai. Avant, il jouait au baseball. Puis il est devenu professeur de golf. Avant de faire du foot, j'ai joué au baseball et au golf.

Déjà enfant?
Oui. Je me souviens que beaucoup d'enfants de mon entourage recevaient des cadeaux liés au football, mais moi, on m'a d'abord offert des clubs de golf en plastique et des battes de baseball (rires). Le sport est dans nos gènes. Ma mère faisait aussi du trampoline.

Le golf est une passion partagée au sein de la Nati. Vous êtes le meilleur joueur?
En tout cas, on me complimente toujours sur le fait que j'ai la plus belle technique. J'ai appris les gestes depuis mon plus jeune âge. Mais je n'ai pas encore de handicap, seulement l'autorisation de parcours. Après ma carrière, je consacrerai volontiers un peu plus de temps au golf.

La foi en Dieu est très importante pour vous. Comment l'avez-vous trouvée?
J'ai grandi en tant que chrétien, toute ma famille est croyante. Quand j'étais enfant, j'entendais parler de la foi, mais je ne comprenais pas grand-chose.

«Je ne l'ai vraiment découverte qu'en Allemagne, grâce à un coéquipier d'Augsbourg, Felix Uduokhai. Il m'a demandé ce que je savais»

Et vous avez répondu quoi?
Pas encore beaucoup de choses (rires). J'ai toujours su que Dieu était là. Mais grâce à Félix, j'en ai appris beaucoup plus. Il m'a aussi encouragé à rejoindre une communauté chrétienne.

Et depuis ce moment, vous allez plus souvent à l'église?
Oui, même si c'est plus compliqué avec les messes du dimanche à cause des matchs fixés ce jour-là. Mais je vais à l'église une à deux fois par semaine. Et il y a aussi la possibilité de suivre les messes en ligne. Je participe aussi aux activités dans la communauté. Nous lisons la Bible ou chantons des chants de louange. J'ai ainsi renforcé ma foi et trouvé de la force pour ma vie.

Ruben Vargas remercie Dieu quand il marque.
Ruben Vargas remercie Dieu quand il marque. image: instagram

Nous vivons à une époque où les guerres et les attaques terroristes sont fréquentes. Qu'est-ce que cela fait à une personne croyante?
C'est évidemment tragique. Il y a beaucoup de mauvais côtés dans ce monde. Mais je crois fermement que Dieu n'est pas synonyme de conflits.

Revenons au foot. Lorsqu'on vous regarde jouer avec la Nati, on a l'impression que porter ce maillot déclenche quelque chose en vous.
Je suis toujours très fier lorsque je peux jouer pour la Suisse, pour mon pays. Ce qui caractérise mon style? Peut-être le fait que j'essaie de temps en temps de faire quelque chose d'extraordinaire, de tenter un dribble. J'étais déjà comme ça quand j'étais petit et que je jouais au foot dans la rue. Je pense que cela plaît aussi aux fans. Des choses que l'on voit peut-être moins aujourd'hui dans ce football si organisé.

Focus sur l'attaquant Kwadwo Duah👇

Quelle est la part de responsabilité du sélectionneur, Murat Yakin, dans votre situation actuelle confortable?
Je lui dois beaucoup. Sous sa direction, je suis devenu titulaire en équipe nationale. Je lui en suis très reconnaissant. Nous avons une très bonne relation.

Au sein de la Nati, vous avez un lien particulièrement étroit avec Noah Okafor, qui est aussi à l'Euro.
Cela a commencé il y a cinq ans. Nous avons été convoqués pour la première fois en même temps en équipe nationale A, pour le tournoi final de la Ligue des Nations au Portugal. Nous avons le même âge, nous nous sommes tout de suite très bien entendus et avons passé tout notre temps ensemble, dans la chambre ou à l'entraînement-

Vargas et Okafor ont une relation forte.
Vargas et Okafor ont une relation forte. image: instagram

Vous partez aussi en vacances ensemble?
Oui, de temps en temps. Pour cet été, nous n'avons pas encore de plan, mais nous ne voulons pas penser aux vacances maintenant!

Adaptation en français: Yoann Graber

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