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Xherdan Shaqiri vient de signer un contrat de 3 ans à Chicago, mais le contexte n'est pas de nature à rassurer tous ceux qui espèrent voir enfin le garçon s'épanouir durablement dans un club.
Xherdan Shaqiri vient de signer un contrat de 3 ans à Chicago, mais le contexte n'est pas de nature à rassurer tous ceux qui espèrent voir enfin le garçon s'épanouir durablement dans un club.Image: Chicagofire
Analyse

Xherdan Shaqiri à Chicago, ce n'est peut-être pas l'idée du siècle 🤔

Le Suisse a besoin de jouer durablement dans l'axe pour être bon, ce qu'il n'a pas pu faire à Lyon. En aura-t-il la possibilité à Chicago? Pas sûr. Le club de MLS possède un meneur de jeu talentueux et prometteur. En un mot: une pépite.
09.02.2022, 19:0010.02.2022, 06:09
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Le journaliste Arnaud Salas suit le championnat nord-américain depuis quinze ans et connaît très bien Chicago Fire, la nouvelle équipe de Xherdan Shaqiri. Quand on lui demande si la star de l'équipe de Suisse pourra enfin s'exprimer dans l'axe, ce qu'on lui avait promis (puis refusé) à Lyon, il hésite: «C’est la jeune pépite Brian Gutierrez qui devait occuper le poste de numéro 10. Mais l’arrivée de Shaqiri va peut-être l’envoyer sur le banc si le Suisse joue à ce poste».

Brian Gutierrez à l'entraînement.
Brian Gutierrez à l'entraînement.Image: Chicagofire

Le pari est risqué pour «Shaq»: à dix mois du Mondial au Qatar et après deux expériences malheureuses à Liverpool puis à Lyon, le lutin aux cuisses d'airain se retrouve dans un club qui possède une pépite de 18 ans en soutien des attaquants, et avec lequel il sera forcément en concurrence toute l'année.

Car même s'il est encore jeune et peu expérimenté, Brian Gutierrez possède suffisamment de talent pour revendiquer un autre statut que celui de joker. «Il semble être un passeur de grand talent et possède déjà le sang-froid nécessaire pour s'extirper des situations les plus compliquées en dribblant», relevait il y a trois semaines seulement le site 90min, dans un article consacré aux dix meilleurs jeunes de la MLS à suivre en 2022 (ça promet!).

Shaqiri aux States, vous validez?

Gutierrez y apparaissait en bonne place surtout que, selon l'auteur de l'article, le jeune américain devait bénéficier de responsabilités dès le début de la saison (fin février). «Sous la houlette du nouvel entraîneur Ezra Hendrickson, Chicago semble prêt à donner encore plus de temps de jeu à ses jeunes pousses, alors ne manquez pas de suivre les progrès de Gutierrez!» Voilà qui devrait plaire à Xherdan Shaqiri.

C'est donc le coach Ezra Hendrickson qui devra départager les deux hommes. Il s'agit d'un «jeune» entraîneur de 50 ans qui n'a encore jamais dirigé d'équipe pro. Privilégiera-t-il l'aspect sportif, en titularisant le plus méritant des deux? C'est probable, mais pas certain. Quand un club possède un jeune talent dont il veut augmenter la valeur, il doit le faire jouer. On dit alors, ce n'est glorieux pour aucune des deux parties, qu'il le «met en vitrine».

Xherdan Shaqiri vient de signer un contrat de trois ans à Chicago, mais le contexte n'est pas de nature à rassurer tous ceux qui espèrent voir enfin le garçon s'épanouir durablement dans un club. Or, on sait que l'international suisse (26 buts en 100 sélections) a besoin de beaucoup d'affection pour être performant. Que fera-t-il si la confiance de ses dirigeants lui échappent à nouveau? L'adolescent joufflu, promis au plus brillant avenir à son départ de Bâle, aura 31 ans cette année. Il ne peut plus se permettre de perdre du temps.

Le défi est à la fois inquiétant et excitant. Car son aventure en Amérique peut aussi marquer «la fin heureuse d'une errance et signifier un nouveau départ pour lui», anticipe le journaliste Stephan Ramming dans la NZZ. Surtout que Shaqiri n'arrive pas aux Etats-Unis sans repère: il y retrouvera celui qu'il a connu comme coordinateur sportif au FC Bâle par le passé. Georg Heitz est aujourd'hui le directeur sportif de Chicago et «sans ce lien entre les deux hommes, Shaqiri n'aurait jamais eu l'idée de partir en MLS», assure Ramming.

Cette précision n'est pas anodine. Elle vise à écarter une autre hypothèse, prêtant à «XS» des intérêts peu footballistiques. Le meneur de jeu a toujours su négocier de juteux contrats et ce sera encore le cas en Amérique, puisqu'il devrait être mieux payé qu'à Lyon, où il percevait 4,3 millions de francs par an. En optant pour Chicago, a-t-il sacrifié une partie de ses ambitions sportives pour ne pas perdre en autonomie financière?

Ses anciennes adresses n'ont jamais laissé supposer un appétit marqué pour le gain, parce qu'elles lui ont toujours permis d'évoluer dans des championnats ultra compétitifs. La MLS demeure une division bien plus faible que toutes celles qu'il a connues ces 10 dernières années et la question mérite d'être posée. «Le niveau de la Ligue américaine se situe entre le milieu de tableau de la Ligue 1 française et celui de la Ligue 2», évalue le journaliste Arnaud Salas.

Ce n'est pas vraiment ce qu'on appelle un tremplin, surtout pour un joueur de 30 ans.

Dans ce pays qui a séduit beaucoup de footballeurs européens pour sa qualité de vie (ce qu'on appelle «l'expérience américaine») et ses salaires confortables, Xherdan Shaqiri pourra-t-il progresser, devenir un meilleur joueur, améliorer son palmarès (un club américain peut remporter jusqu'à quatre trophées par saison) et emmener l'équipe de Suisse très loin au Qatar?

C'est tout l'enjeu de ce drôle de transfert, dont on saura très vite à quels motifs il répond.

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