Ce concept déroutant ne va pas plaire aux traileurs
Nike n’a pas lésiné sur les moyens pour lancer sa ACG Ultrafly Trail SP, l’équivalent trail de la Pegasus 42.
Du 11 au 13 février, le célèbre équipementier américain s’est installé à Milan, alors en pleine effervescence olympique, pour organiser «Exhibition of S.P.E.E.D.», en collaboration avec Mental Athletic, un collectif qui prône l’esthétique du mouvement.
Le concept de l’événement: faire courir une trentaine d’athlètes sponsorisés par la marque à la virgule sur des distances de 15 km (700 m de D+), 50 km (2 300 m de D+) ou 100 km (4 000 m de D+), le tout sur une boucle en salle de 150 mètres. Au programme, donc: 100, 333 ou 666 tours dans une galerie d’art, le Spazio Maiocchi, transformée pour l’occasion en terrain rocailleux et terreux.
«Exhibition of S.P.E.E.D.» ⬇️
A mi-chemin entre coup marketing, création originale et projection artistique, «Exhibition of S.P.E.E.D.», considéré comme «le plus petit ultra du monde», n’a pas pour ambition de se développer. Sportivement, l’expérience visait seulement à mettre à l’épreuve la force mentale des coureurs, leur endurance psychologique. Nike testait le rythme, plutôt que la technique et la maîtrise du terrain.
Cependant, ce concept interroge au sein de la communauté du trail, le site Outside se demandant même s’il ne pourrait pas inspirer de nouveaux types de courses ou de centres d’entraînement.
Le média redoute que des «trail rooms», installées «entre deux studios de cycling et un concept store matcha», se multiplient à l’avenir, comblant les besoins des citadins mais dénaturant l’esprit du trail. Outside prend ainsi l’exemple de l’escalade indoor, qui a conquis les villes ces dernières années. A l’heure où les salles de crossfit affichent complet et où l’hyrox explose, on peut enfin imaginer que les portions course à pied de ces disciplines se dérouleront demain dans des espaces intérieurs dotés de talus artificiels.
(roc)
